Je suis devenue lesbienne, pas bisexuelle : 12 signes de l'hétérosexualité compulsive

C'est la deuxième fois aujourd'hui que je me demande si je suis bisexuelle ou lesbienne. J'ai déjà réfléchi par le passé, sur mon coming out lesbien, puis sur le fait d'être ensuite "tombée amoureuse" d'un homme. Aujourd'hui, je me demande si cet amour était vrai, ou s'il relevait simplement de ce que j'ai envie d'appeler l'hétérosexualité compulsive.
Il y a quelques mois, je suis entrée pour la première fois de ma vie dans une relation sérieuse avec une femme. Et tout a changé. Je ne savais pas qu'il était possible d'être aussi attirée par quelqu'un, d'être aussi profondément heureuse dans une relation. À partir de là, j'ai commencé à remettre en question mes attirances passées pour les hommes. Sur le moment, elles me semblaient réelles, mais c'était peut-être simplement parce que je n'avais connu que cela.
💡 Ce qu'il faut retenir
- Beaucoup de lesbiennes traversent des relations avec des hommes avant de comprendre leur orientation
- L'hétérosexualité compulsive (comphet) pousse à mimer des attirances qui ne sont pas vécues comme authentiques
- 12 situations concrètes aident à distinguer une attirance choisie d'une attirance réelle
- Se reconnaître lesbienne n'efface pas le passé, mais permet de relire son histoire avec justesse

Sommaire
- Comment savoir si je suis lesbienne ou bisexuelle ?
- Qu'est-ce que l'hétérosexualité compulsive (comphet) ?
- Signe 1 : choisir consciemment des hommes à aimer
- Signe 2 : être attirée uniquement par des hommes inaccessibles
- Signe 3 : se croire incapable d'aimer durablement
- Signe 4 : avoir un petit ami pour prouver quelque chose
- Signe 5 : souhaiter que son copain s'intéresse moins au sexe
- Signe 6 : se remettre d'une rupture beaucoup trop rapidement
- Signe 7 : se sentir "cassée" avant de comprendre qu'on est lesbienne
- Signe 8 : être fascinée par les lesbiennes dès l'enfance
- Signe 9 : croire que toutes les femmes ressentent de l'attirance entre elles
- Signe 10 : être alliée LGBTQ+ très investie avant son propre coming out
- Signe 11 : confondre anxiété sociale et papillons dans le ventre
- Signe 12 : tout change quand on tombe amoureuse d'une femme
- Les 12 signes en résumé : lesbienne ou bisexuelle ?
- Lesbienne ou bisexuelle : quelle est la vraie différence ?
- Comprendre que je suis lesbienne et pas bisexuelle
- Et après ? Du questionnement à l'acceptation
- Ressources pour les femmes en questionnement
- Questions fréquentes : lesbienne ou bisexuelle, comment savoir ?
- Peut-on devenir lesbienne après avoir eu des relations avec des hommes ?
- Comment faire la différence entre lesbienne et bisexuelle ?
- Qu'est-ce que l'hétérosexualité compulsive ?
- Faut-il faire son coming out quand on découvre qu'on est lesbienne ?
- Est-il normal de douter après avoir aimé un homme ?
- Est-ce que je me reconnais dans ces signes parce que je suis vraiment lesbienne, ou parce que j'ai de l'anxiété ?
- Combien de ces 12 signes faut-il reconnaître pour être lesbienne ?
Comment savoir si je suis lesbienne ou bisexuelle ?
Il y a environ trois ans, durant ma dernière année d'université, je me questionnais depuis plusieurs mois quand je suis tombée sur un post intitulé "Expériences communes des lesbiennes qui ne savent pas encore qu'elles sont lesbiennes". J'avais aussi tapé sur Google "suis-je lesbienne". La moitié des tests se contentaient de poser la question frontalement.
Quand j'ai terminé la lecture de ce post, j'étais en larmes. Jamais de ma vie je n'avais lu quelque chose qui résonnait à ce point avec mon vécu. Il n'y avait plus de doute possible. J'étais lesbienne.
J'ai alors décidé de reprendre certains points évoqués et de les confronter à mon expérience personnelle. Si je pouvais me reconnaître dans autant d'éléments, c'est que quelque chose devait être vrai. Et si une femme en questionnement tombait sur ce texte, peut-être que cela pourrait l'aider à comprendre qui elle est réellement.
Si vous cherchez une approche plus structurée, notre guide "Suis-je lesbienne ?" avec 10 signes et questions clés propose un questionnement introspectif complémentaire.
Qu'est-ce que l'hétérosexualité compulsive (comphet) ?
Avant d'entrer dans les 12 signes, il est essentiel de comprendre le concept d'hétérosexualité compulsive, ou comphet. Ce terme, popularisé par la poète et essayiste Adrienne Rich dans son essai "Compulsory Heterosexuality and Lesbian Existence" (1980), désigne la pression sociale qui pousse les femmes à considérer l'hétérosexualité comme la seule option possible.
⚠️ Comphet : ce que c'est et ce que ce n'est pas
| ✅ Ce que c'est | ❌ Ce que ce n'est pas |
| Une pression sociale intériorisée à se conformer à l'hétérosexualité | Un choix conscient de mentir sur son orientation |
| Un mécanisme qui pousse à mimer des attirances pour des hommes | Une preuve que la bisexualité n'existe pas |
| Un concept qui aide à relire son passé avec plus de justesse | Un diagnostic ou une étiquette imposée de l'extérieur |
| Un phénomène documenté qui touche de nombreuses lesbiennes | Une excuse pour invalider l'expérience des femmes bisexuelles |
Pour en savoir plus sur ce terme et le vocabulaire lesbien, consultez notre dictionnaire du slang lesbien qui détaille le comphet et d'autres concepts essentiels.
Signe 1 : choisir consciemment des hommes à aimer
Beaucoup de lesbiennes qui ne se savent pas encore lesbiennes choisissent un homme, non pas pour le fréquenter, mais pour décider d'en être attirées, selon une liste de critères idéaux.
En repensant à mon adolescence, je n'arrive pas à croire que je n'aie pas compris plus tôt que j'étais gay. À l'école primaire, la plupart des filles de ma classe avaient un "crush" sur un garçon. Mes amies me demandaient qui j'aimais. Quand je répondais que je n'avais pas de crush, elles étaient horrifiées. Comme j'avais du mal à me faire des amies, je savais que je devais en avoir un pour être acceptée. J'ai donc choisi un garçon nommé Douglas - uniquement parce que son nom de famille était juste à côté du mien dans l'ordre alphabétique.
En grandissant, j'entrais chaque année scolaire avec une liste de qualités idéales pour un petit ami. Je choisissais un garçon en fonction du nombre de critères qu'il cochait. Aucun homme ne m'a jamais attirée sans un effort conscient de ma part.
🔍 Le signal d'alerte
Si vous avez besoin de vous convaincre que vous êtes attirée par quelqu'un, cette attirance n'est probablement pas authentique. L'attirance réelle ne demande aucun effort de persuasion.
Signe 2 : être attirée uniquement par des hommes inaccessibles
Lorsque je travaillais au supermarché pendant mes études, j'ai eu un "crush" pour un assistant manager marié. Appelons-le Philippe. Nous nous entendions bien sur le plan amical. Quand il m'a demandé un soir si j'avais un petit ami, mon coeur s'est arrêté une seconde. J'ai commencé à fantasmer sur lui - tout en sachant que si quelque chose avait réellement pu se produire et qu'il était devenu célibataire, tout intérêt aurait disparu instantanément.
J'ai même rêvé qu'il divorçait et me poursuivait. Je me réveillais en sueur. Finalement, Philippe a quitté son poste. J'étais soulagée de ne plus avoir à gérer ces sentiments confus. Une fois dissipés, je me suis sentie plus lesbienne que jamais.
💜 Pourquoi les hommes inaccessibles ?
Pour une lesbienne en plein déni, un homme inaccessible (marié, patron, célébrité, personnage fictif) est "sûr" : il permet de mimer l'attirance hétéro sans jamais avoir à la concrétiser. Le fantasme reste un écran protecteur.
Signe 3 : se croire incapable d'aimer durablement
Avant d'envisager sérieusement le lesbianisme, j'avais eu deux relations longues avec des hommes. Dans les deux cas, après environ un an et demi, je commençais à m'ennuyer profondément. Je devenais irritable, tout ce qu'ils faisaient m'agaçait.
Je pensais que j'étais incapable de rester en couple longtemps, que j'avais peur de l'engagement. Même si les ruptures étaient mutuelles, c'est toujours moi qui les initiais. Parce que quelque chose ne tournait plus rond - mais ce "quelque chose", je ne savais pas encore le nommer.
Signe 4 : avoir un petit ami pour prouver quelque chose
Tout au long du collège et du lycée, j'étais ce genre de fille qui devait toujours être en couple avec un garçon. Ou, au minimum, avoir un crush. Si je n'avais pas de petit ami, je travaillais activement à en obtenir un.
À l'époque, je pensais que c'était lié à mon manque de confiance en moi. J'avais besoin que les autres voient qu'un homme pouvait être attiré par moi. Je voulais prouver quelque chose. Je ne savais simplement pas quoi.
Signe 5 : souhaiter que son copain s'intéresse moins au sexe
Mon petit ami du lycée, appelons-le Roger, avait une libido très élevée. Nous avions dix-sept ans, ce qui était parfaitement normal. Pourtant, de mon côté, l'intérêt diminuait rapidement après la phase de lune de miel.
La plupart du temps, nous avions des rapports sexuels, puis nous jouions à des jeux vidéo ou regardions un film. Ce n'est pas que le sexe était mauvais, mais je voulais surtout que cela se termine pour que nous puissions simplement passer du temps ensemble. Comme des amis.
Signe 6 : se remettre d'une rupture beaucoup trop rapidement
Après ma rupture avec Roger, lorsque je suis rentrée chez moi après mon premier semestre, il m'a suppliée de se remettre ensemble, allant jusqu'à pleurer. La vérité, c'est que dès le lendemain de notre rupture, j'étais déjà passée à autre chose. Je tenais encore à lui, mais pas de manière romantique ou sexuelle.
Quand mes amis me posaient des questions, je faisais semblant d'être plus affectée que je ne l'étais réellement. Je ne voulais pas passer pour quelqu'un d'insensible.
Signe 7 : se sentir "cassée" avant de comprendre qu'on est lesbienne
Il fut un temps où je pensais que Roger était l'amour de ma vie. Quand cela ne s'est pas produit, j'ai cru que si je ne pouvais pas aimer un homme de cette manière, alors je ne pourrais aimer personne.
Je pensais qu'il y avait quelque chose de profondément défectueux chez moi. J'ai même envisagé d'être asexuelle ou aromantique, tant mes désirs romantiques et sexuels semblaient inexistants. Après notre rupture, j'ai traversé une période dépressive. Non pas parce que j'étais triste de ne plus être avec lui, mais parce que je pensais être brisée.
| 😔 Ce que je croyais | 💡 Ce que c'était vraiment |
|---|---|
| Je suis incapable d'aimer | Je n'aimais pas les hommes romantiquement |
| Je suis asexuelle | Mon désir existait, mais pas pour les hommes |
| J'ai peur de l'engagement | Je m'engageais avec les mauvaises personnes |
| Je suis brisée / cassée | Je vivais en décalage avec ma vraie nature |
| Le sexe ne m'intéresse pas | Le sexe avec des hommes ne m'intéressait pas |
Signe 8 : être fascinée par les lesbiennes dès l'enfance
La soeur de mon père est lesbienne. Quand mes parents me l'ont annoncé, vers l'âge de onze ans, j'ai été totalement fascinée. À cause de la honte catholique entourant l'homosexualité, j'avais peur de lui poser des questions. À la place, j'observais sa relation avec sa compagne et m'interrogeais sur leur quotidien. Comment faisaient-elles l'amour ? Comment choisissaient-elles à qui faire leur coming out ?
Mais surtout, c'était la première fois que je comprenais que je n'étais peut-être pas obligée de sortir avec un homme pour être heureuse.
Signe 9 : croire que toutes les femmes ressentent de l'attirance entre elles
Lorsque j'ai commencé à accepter mon attirance pour les femmes, je pensais que tout le monde était un peu gay ou bisexuel. Je croyais que toutes les femmes ressentaient une légère attirance pour leurs amies.
Jusqu'au jour où une amie hétéro m'a dit qu'elle n'avait jamais ressenti la moindre attirance pour une femme. C'est à ce moment-là que j'ai compris que ma queerness était bien réelle.
Signe 10 : être alliée LGBTQ+ très investie avant son propre coming out
À l'adolescence, pour lutter contre l'homophobie de mon éducation catholique stricte, je suis devenue une alliée LGBTQ+ extrêmement engagée. Je débattais sans relâche avec mes camarades, défendais les droits queer avec ferveur, persuadée d'être totalement hétérosexuelle. J'étais simplement une alliée très investie.
📊 Un schéma récurrent
De nombreuses lesbiennes rapportent avoir été des alliées particulièrement engagées avant leur propre coming out. Cette implication intense peut être un moyen inconscient de rester proche de la communauté queer tout en se disant hétéro. Si vous vous reconnaissez dans ce schéma, cela ne prouve rien - mais cela vaut la peine d'y réfléchir.
Signe 11 : confondre anxiété sociale et papillons dans le ventre
Avec Philippe, mon collègue marié, j'avais confondu l'angoisse que j'avais ressentie lors de notre conversation avec les "papillons" censés accompagner le fait de tomber amoureuse. En réalité, cette sensation dans le ventre n'était pas du désir. C'était du stress.
Beaucoup de lesbiennes en questionnement confondent l'anxiété liée à une situation sociale avec un homme (la pression de plaire, la peur de décevoir, le malaise face à une avance) avec ce que les films et les romans décrivent comme une attirance romantique.
Signe 12 : tout change quand on tombe amoureuse d'une femme
La preuve la plus évidente est venue quand j'ai enfin vécu ce que j'aurais dû ressentir depuis le début. Ma première relation avec une femme m'a fait comprendre la différence entre une attirance construite et une attirance réelle.
Avec elle, je n'avais pas besoin de me convaincre. Le désir était là, immédiat, évident, puissant. C'est en vivant cette première expérience lesbienne que j'ai pu relire mon passé avec lucidité.
Les 12 signes en résumé : lesbienne ou bisexuelle ?
| # | Signe | Ce que cela révèle |
|---|---|---|
| 1 | Choisir consciemment des hommes à aimer | L'attirance hétéro est fabriquée, pas ressentie |
| 2 | Être attirée par des hommes inaccessibles | Désir sécurisé qui n'aura jamais à être concrétisé |
| 3 | Se croire incapable d'aimer durablement | Lassitude récurrente dans les relations hétéro |
| 4 | Avoir un copain pour prouver quelque chose | Performance sociale, pas attirance authentique |
| 5 | Vouloir que le sexe se termine vite | Désintérêt pour l'intimité hétéro |
| 6 | Se remettre d'une rupture trop rapidement | Absence de lien émotionnel profond |
| 7 | Se sentir "cassée" ou défectueuse | Décalage entre norme imposée et réalité intérieure |
| 8 | Fascination pour les lesbiennes dès l'enfance | Curiosité identitaire précoce, pas juste de l'ouverture d'esprit |
| 9 | Croire que toutes les femmes sont un peu attirées entre elles | Projection de son propre vécu sur les autres |
| 10 | Être alliée LGBTQ+ très investie | Proximité inconsciente avec la communauté queer |
| 11 | Confondre anxiété et papillons | Le stress face aux hommes pris pour du désir |
| 12 | Tout change avec une femme | La comparaison lève le voile sur le passé |
Lesbienne ou bisexuelle : quelle est la vraie différence ?
Se reconnaître dans ces signes ne signifie pas automatiquement que vous êtes lesbienne. La bisexualité est une orientation valide et distincte. La différence fondamentale tient à la nature de l'attirance, pas à l'historique amoureux.
| 💜 Attirance bisexuelle | 🧡 Attirance liée au comphet |
|---|---|
| Attirance spontanée pour les hommes ET les femmes | Attirance construite, choisie, pour les hommes |
| Le désir pour les hommes existe sans effort de persuasion | Besoin de se convaincre qu'on est attirée |
| Relations hétéro vécues comme satisfaisantes (même si différentes) | Relations hétéro marquées par l'ennui, le vide ou le malaise |
| L'intimité physique avec les hommes est désirée | L'intimité physique avec les hommes est tolérée ou évitée |
⚠️ Important
La bisexualité n'est pas un "stade intermédiaire" vers le lesbianisme. Certaines femmes se découvrent bisexuelles après un parcours similaire. Ce qui compte, c'est d'écouter ce que vous ressentez réellement, pas ce que vous pensez devoir ressentir. Pour approfondir ce questionnement, notre article "Suis-je lesbienne ?" peut vous accompagner.
Comprendre que je suis lesbienne et pas bisexuelle
Après avoir écrit tout cela, je suis certaine de ne pas être bisexuelle. Je suis lesbienne.
Si vous vous reconnaissez dans ces expériences, il est possible que vous soyez lesbienne vous aussi. Au début, cela peut faire peur. La société traite encore trop souvent le mot "lesbienne" comme quelque chose de sale. Pourtant, il y a quelque chose de profondément beau dans ce mot.
Je n'ai que vingt-quatre ans. J'ai toute ma vie devant moi. Et honnêtement, je pense que je vais devenir de plus en plus lesbienne avec le temps. Se reconnaître lesbienne après des années d'hétérosexualité n'est pas un reniement du passé - c'est une relecture. Les émotions anciennes existaient, mais pas forcément comme on les avait nommées. Mettre des mots plus justes sur ce que l'on a vécu permet, enfin, d'entrer dans sa propre histoire.
Si vous traversez un coming out lesbien tardif, sachez que vous n'êtes pas seule. Et si l'annonce à vos proches vous angoisse, notre guide sur le coming out lesbien auprès de ses parents propose des conseils concrets.
Et après ? Du questionnement à l'acceptation
Se découvrir lesbienne est un processus, pas un interrupteur. Voici ce que les témoignages et les recherches montrent sur les étapes les plus fréquentes :
| Étape | Ce qui se passe | Ce qui aide |
|---|---|---|
| ❓ Questionnement | Doute, recherche, comparaison avec d'autres vécus | Lire des témoignages, en parler à une personne de confiance |
| 💡 Prise de conscience | Un déclic - souvent une rencontre ou un texte qui résonne | S'autoriser à nommer ce qu'on ressent |
| 😰 Résistance | Peur, déni partiel, tentatives de revenir en arrière | Communauté lesbienne, forums, podcasts |
| 🔁 Relecture du passé | On revisite ses relations, ses attirances, ses malaises | Comprendre le comphet, cesser de se juger |
| ✅ Acceptation | Alignement intérieur, soulagement, début d'une vie authentique | Vivre sa première relation, coming out progressif |
Les stéréotypes sur les lesbiennes peuvent ralentir ce processus. Mais la communauté lesbienne est riche, diverse et accueillante. Vous n'avez pas besoin de correspondre à un modèle pour en faire partie.
Ressources pour les femmes en questionnement
| Ressource | Contact | Ce qu'ils proposent |
|---|---|---|
| SOS Homophobie | 01 48 06 42 41 | Écoute anonyme, soutien, orientation |
| Ligne Azur | 0 810 20 30 40 | Soutien psychologique, questions d'orientation |
| MAG Jeunes LGBT+ | Groupes de parole pour les moins de 30 ans | |
| Bi'Cause | bicause.fr | Association de visibilité bisexuelle (si c'est votre conclusion) |
Questions fréquentes : lesbienne ou bisexuelle, comment savoir ?
Peut-on devenir lesbienne après avoir eu des relations avec des hommes ?
Oui, et c'est un parcours fréquent. Beaucoup de femmes comprennent leur orientation après plusieurs relations hétérosexuelles, parfois très tard. Ce n'est pas un changement d'identité, mais une reconnaissance différée de ce qui était déjà là, masqué par les normes sociales et familiales.
Comment faire la différence entre lesbienne et bisexuelle ?
La distinction repose sur la nature réelle de l'attirance, pas sur l'historique amoureux. Une femme bisexuelle ressent une attirance authentique pour les hommes et les femmes. Une lesbienne qui a fréquenté des hommes réalise souvent, avec le recul, que ces attirances étaient construites ou imitées. Se laisser du temps et observer ce que l'on ressent en relation avec une femme reste l'indicateur le plus fiable.
Qu'est-ce que l'hétérosexualité compulsive ?
La notion d'hétérosexualité compulsive (comphet), popularisée par Adrienne Rich dans les années 1980, désigne la pression sociale qui pousse les femmes à considérer l'hétérosexualité comme la seule option possible. Elle explique pourquoi de nombreuses lesbiennes se vivent d'abord comme hétéros ou bisexuelles avant de reconnaître leur orientation.
Faut-il faire son coming out quand on découvre qu'on est lesbienne ?
Rien n'oblige à se déclarer publiquement. Le coming out dépend du contexte familial, professionnel et personnel. Certaines femmes en ressentent le besoin rapidement, d'autres préfèrent avancer discrètement. Ni le calendrier ni la forme n'enlèvent quoi que ce soit à la réalité de l'orientation.
Est-il normal de douter après avoir aimé un homme ?
Oui. Les anciennes relations laissent des souvenirs affectifs qui n'invalident rien. On peut avoir aimé une personne précise sans que cela fasse de soi une femme attirée par les hommes en général. Le doute est souvent le signe d'une lecture plus honnête de son histoire.
Est-ce que je me reconnais dans ces signes parce que je suis vraiment lesbienne, ou parce que j'ai de l'anxiété ?
Le TOC d'orientation sexuelle existe et peut ressembler au questionnement identitaire. La différence principale : le TOC génère une angoisse intense face à l'idée d'être gay, tandis que le questionnement lesbien génère plutôt un soulagement quand on accepte cette possibilité. Si l'angoisse domine, un thérapeute spécialisé peut vous aider à distinguer les deux.
Combien de ces 12 signes faut-il reconnaître pour être lesbienne ?
Il n'y a pas de seuil. Un seul signe ne suffit pas, et les reconnaître tous n'est pas nécessaire non plus. Ce qui compte, c'est le schéma global : si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces situations et que l'idée d'être lesbienne produit un sentiment de soulagement plutôt que de terreur, cela mérite d'être exploré.
🌸 Se reconnaître lesbienne, c'est se retrouver.
Le passé ne disparaît pas. Il se relit avec des mots plus justes.
À propos de l’autrice

Kyrian Malone est une autrice et éditrice franco-québécoise spécialisée dans la littérature lesbienne et LGBTQ+ francophone depuis 2008.
Originaire de Guyane française et aujourd’hui installée au Québec, elle commence son parcours d’écriture en 2006 avant de publier ses premiers romans originaux en 2008. Avec plus d’une centaine de romans à son actif, elle s’est imposée comme l’une des voix les plus prolifiques et engagées de la littérature saphique francophone.
En 2015, elle fonde avec sa compagne Homoromance Éditions, une maison d’édition indépendante dédiée à la promotion de récits authentiques, diversifiés et de qualité dans la littérature lesbienne et queer. Elle y accompagne de nombreuses autrices dans le développement et la publication de leurs œuvres.
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