Peut-on être lesbienne chrétienne, musulmane ou juive ?

La réponse courte est oui. Il existe de nombreuses lesbiennes ayant de fortes convictions religieuses et spirituelles, et beaucoup mènent une vie intérieure très riche. De la même manière qu’il n’existe pas une seule façon d’être lesbienne, il n’existe pas une seule manière d’avoir la foi ou d'être une personne portée sur la spiritualité.
Retenez ceci : orientation sexuelle et foi sont indépendantes l’une de l’autre.
La façon dont vous construisez et vivez votre spiritualité vous appartient entièrement. Même si votre sexualité peut parfois être vécue comme une expérience spirituelle en soi, votre religion ne la définit pas. Cela vient de vous. Votre orientation sexuelle et votre vie spirituelle sont deux dimensions de votre identité, indépendantes l’une de l’autre. Il est possible de trouver un chemin et une communauté bienveillante qui soutiennent votre foi, quelle que soit la forme que vous choisissez de lui donner.
Sommaire
- L’homosexualité féminine est-elle condamnée dans la Bible, le Coran ou la Torah ?
- Religion et spiritualité : quelle différence quand on est lesbienne ?
- Peut-on être lesbienne et croyante sans renier son identité ?
- Sexualité et foi : pourquoi être lesbienne n’est pas incompatible avec la religion
- Être lesbienne et chrétienne, musulmane ou juive : comment trouver une communauté inclusive
- Pourquoi trouver une communauté bienveillante est essentiel pour les lesbiennes croyantes
- FAQ - Lesbienne et religion, ce qu'il faut retenir
- Si vous êtres chrétienne et lesbienne, le livre que vous devez lire
1. L’homosexualité féminine est-elle condamnée dans la Bible, le Coran ou la Torah ?
La réponse courte est : cela dépend des textes et des interprétations. Les relations entre femmes sont peu présentes dans les textes religieux fondateurs, mais elles ne sont pas totalement absentes du champ des condamnations selon les traditions.
Dans la Bible, certains passages du Nouveau Testament - notamment dans l’épître aux Romains - sont fréquemment invoqués pour condamner des pratiques sexuelles jugées « contre nature », y compris entre femmes, même si ces versets font l’objet de débats théologiques importants quant à leur contexte et leur portée. Dans la Torah, les interdits sexuels concernent explicitement les relations entre hommes, tandis que les relations entre femmes n’y sont pas formulées de manière directe. Elles apparaissent toutefois dans certaines traditions juridiques et commentaires rabbiniques ultérieurs. Dans l’islam, le Coran ne mentionne pas explicitement le lesbianisme, mais la jurisprudence religieuse (fiqh) et certains hadiths ont historiquement classé les relations sexuelles entre femmes parmi les comportements interdits.
Les condamnations aujourd’hui associées à l’homosexualité féminine reposent donc en grande partie sur des lectures interprétatives, juridiques et culturelles élaborées au fil des siècles. Ces lectures s’inscrivent dans des contextes historiques marqués par des conceptions patriarcales de la sexualité, centrées sur la reproduction, l’ordre social et le contrôle des corps féminins.
Il est également essentiel de rappeler que les notions modernes d’orientation sexuelle, d’identité ou de consentement n’existaient pas dans les cadres culturels où ces textes ont été rédigés. De nombreuses théologiennes et exégètes contemporaines insistent ainsi sur la nécessité de replacer ces passages dans leur contexte linguistique, historique et symbolique, plutôt que d’en faire des condamnations universelles et intemporelles de l’homosexualité féminine.
1.1. Référence dans la Bible
Romains 1:26-27, un passage du Nouveau Testament, est souvent cité comme évoquant des relations entre femmes qualifiées de « contre nature ». Ce texte fait cependant l’objet de débats théologiques, certains exégètes rappelant qu’il s’inscrit dans un propos plus large (notamment autour de l’idolâtrie et d’un désordre moral), et que ses catégories ne correspondent pas à l’idée moderne d’orientation sexuelle.
1.2. Référence dans la Torah
Les interdits sexuels les plus souvent invoqués (notamment dans le Lévitique) visent explicitement les relations entre hommes. Les relations entre femmes y sont beaucoup moins formulées de manière directe ; en revanche, elles apparaissent dans certains développements de la tradition juive ultérieure, en particulier dans la littérature rabbinique et la halakha, qui a pu encadrer ou réprouver des pratiques entre femmes selon les époques et les courants.
1.3. Référence dans le Coran
Les récits liés au peuple de Loth condamnent principalement des actes sexuels masculins. Les relations entre femmes n’y sont pas explicitement mentionnées, mais certaines interprétations traditionnelles et juridiques ont étendu cette condamnation à l’homosexualité féminine.
De manière plus générale, dans les traditions interprétatives - qu’il s’agisse de la théologie chrétienne, de la halakha juive ou du fiqh musulman - l’homosexualité est fréquemment considérée comme interdite, y compris dans sa forme féminine, même lorsque les textes fondateurs eux-mêmes restent ambigus ou silencieux sur les relations entre femmes.
2. Religion et spiritualité : quelle différence quand on est lesbienne ?
La religion peut être définie comme un ensemble personnel ou institutionnalisé de croyances, de pratiques et d’attitudes religieuses, incluant le culte de Dieu ou du surnaturel.
La spiritualité, quant à elle, se réfère davantage à l’expérience d’une connexion à quelque chose de plus vaste que soi, et à une manière de vivre le quotidien avec sens, respect et sacralité.
Les religions reposent souvent sur les enseignements d’un fondateur ou d’un leader, avec des règles et des croyances que les fidèles sont censés suivre - voire forcés à suivre. La spiritualité est généralement plus personnelle : elle correspond à la manière dont chacun applique certaines croyances ou expériences dans sa propre vie.
Il existe évidemment des recoupements entre les deux. Une personne qui se définit avant tout comme spirituelle peut parfois fréquenter des lieux de culte, pratiquer certains rituels ou conserver des habitudes religieuses, même si elle ne s’identifie plus pleinement à une religion précise.
Dans la communauté lesbienne, se dire "spirituelle mais non religieuse" est assez courant. La spiritualité peut sembler plus ouverte et plus souple lorsqu’elle est débarrassée des dogmes institutionnels. Elle permet de créer une pratique sur mesure, car ce qui nous relie à quelque chose de plus grand que nous varie énormément d’une personne à l’autre.
3. Peut-on être lesbienne et croyante sans renier son identité ?
Vous êtes libre de croire ce que vous voulez et de pratiquer comme vous l’entendez. Il n’est pas nécessaire de "tout jeter" si certains aspects de votre religion ne soutiennent pas votre vie authentique. Vous pouvez développer votre propre interprétation des vérités spirituelles, réfléchir à ce qui vous apporte paix, cohérence et intégrité.
Vous êtes votre propre autorité en ce qui concerne ce qui est juste pour vous. Il n’est pas obligatoire de chercher cette validation à l’extérieur de vous-même. Vous avez le droit de choisir ce qui nourrit votre équilibre intérieur.
4. Sexualité et foi : pourquoi être lesbienne n’est pas incompatible avec la religion
Lorsque l’on grandit dans une Église qui valorise exclusivement le mariage hétérosexuel et impose des règles strictes autour de la sexualité, il est facile de croire que spiritualité et sexualité sont intrinsèquement liées, et que cette dernière doit être contrôlée, cachée ou corrigée. Pourtant, ce n’est pas le cas.
Votre sexualité n’a rien à voir avec votre spiritualité, votre religion ou la manière dont vous la pratiquez.
Votre orientation sexuelle n’est pas un choix. En revanche, la façon dont vous vivez votre vie spirituelle en est un.
Même si la sexualité peut parfois prendre une dimension spirituelle, ces deux aspects ne dépendent pas l’un de l’autre. Vous pouvez vivre votre sexualité de manière authentique et remettre en question, ajuster ou abandonner les croyances qui ne vous servent plus.
5. Être lesbienne et chrétienne, musulmane ou juive : comment trouver une communauté inclusive
L’Église ou la communauté religieuse dans laquelle vous avez grandi n’est pas votre seule option. Si vous venez d’un courant chrétien conservateur qui rejette ou stigmatise les personnes queer, sachez qu’il existe de nombreuses branches chrétiennes progressistes et ouvertes lesbiennes. Certaines célèbrent même ouvertement les identités queer.
D’autres traditions religieuses, comme le judaïsme ou l’islam, possèdent également des courants progressistes. Si vous souhaitez rester au sein de votre tradition d’origine, il existe presque toujours différentes sensibilités en son sein.
Avant de vous rendre dans un lieu de culte, consultez son site internet. Recherchez des termes comme "inclusif", "ouvert" ou "affirmatif". Observez aussi la composition des instances dirigeantes : si elles sont exclusivement masculines, il y a de fortes chances que l’espace ne soit ni accueillant pour les lesbiennes, ni pour les femmes.
Les communautés réellement inclusives n’en font généralement pas mystère. Vous pourrez y voir des drapeaux arc-en-ciel, des messages explicites de soutien, des responsables religieux ouvertement queer ou des ressources dédiées.
Certaines communautés chrétiennes inclusives existent aujourd’hui dans de nombreux pays, tout comme des groupes juifs progressistes ou des collectifs musulmans queer qui travaillent à une relecture des textes et à la création d’espaces sûrs. Même lorsque les institutions restent rigides, des réseaux informels permettent à des lesbiennes croyantes de ne pas vivre leur foi dans l’isolement.
6. Pourquoi trouver une communauté bienveillante est essentiel pour les lesbiennes croyantes
Le sentiment d’appartenance est fondamental pour l’être humain, mais il ne passe pas nécessairement par une Église. Si vous réalisez que l’institution religieuse ne vous apporte plus ce dont vous avez besoin, il est possible d’explorer d’autres façons de vivre votre spiritualité en lien avec les autres.
En raison des dommages causés par certaines religions à la communicauté lesbienne, beaucoup de personnes choisissent de s’éloigner complètement des institutions religieuses. C’est un choix personnel. Il ne s’agit pas de bien ou de mal, mais de ce qui fonctionne pour vous.
La vraie question est de savoir si la spiritualité est importante dans votre vie. Certaines personnes nourrissent cette dimension par la méditation, le yoga, le contact avec la nature ou l’engagement associatif. Où vous sentez-vous alignée ? Qu’est-ce qui vous nourrit réellement ?
Vous pouvez prendre le temps. Faire une pause. Explorer. Revenir, ou non. Il n’y a aucune urgence. Seulement davantage d’opportunités de vivre de façon plus juste et plus fidèle à ce que vous êtes.
Vous pouvez être lesbienne, queer, et conserver de fortes convictions spirituelles ou religieuses. Il existe mille manières de faire coexister ces dimensions. Et il existe des communautés bienveillantes composées de personnes qui sont passées par les mêmes questionnements et peuvent vous accompagner sur ce chemin.
Pour certaines lesbiennes croyantes, le rejet ne vient pas seulement de l’institution religieuse, mais aussi de la famille. Grandir dans un environnement familial homophobe peut renforcer la culpabilité, la peur et l’isolement. À ce sujet, vous pouvez aussi lire : Mes parents sont homophobes : comment se protéger quand on est lesbienne ?
7. FAQ - Lesbienne et religion, ce qu'il faut retenir
7.1. Peut-on être lesbienne et pratiquer une religion ?
Oui. De nombreuses femmes lesbiennes continuent de pratiquer une religion ou une spiritualité, parfois au sein de courants inclusifs, parfois de manière plus personnelle. La pratique religieuse et l’orientation sexuelle ne s’excluent pas automatiquement, même si elles peuvent entrer en tension selon les traditions.
7.2. Dieu condamne-t-il l’homosexualité féminine ?
Les textes religieux sont interprétés de manières très différentes selon les époques et les courants. Si certaines traditions religieuses condamnent l’homosexualité, les références explicites aux relations entre femmes restent rares ou indirectes dans les textes fondateurs, et font l’objet de débats théologiques.
7.3. Existe-t-il des communautés religieuses inclusives pour les lesbiennes ?
Oui. Il existe aujourd’hui des Églises chrétiennes inclusives, des associations juives progressistes et des collectifs musulmans queer qui proposent des espaces de foi accueillants pour les personnes lesbiennes, sans exigence de reniement identitaire.
7.4. Faut-il choisir entre sa foi et son identité lesbienne ?
Non. Certaines femmes choisissent de rester dans leur tradition religieuse, d’autres réinterprètent leur foi ou s’en éloignent. Il n’existe pas de modèle unique. L’essentiel est de trouver un équilibre personnel qui respecte à la fois ses convictions spirituelles et son identité.
8. Si vous êtres chrétienne et lesbienne, le livre que vous devez lire
"A l'ombre du clocher"

Un couvent ? Des religieuses lesbiennes ?… Des relations pas très catholiques et l’expression « atteindre le septième ciel » prend une tout autre signification.
Dès lors, comme le chaos, l’univers de Clothilde et Aliénor bascule. Entre foi et désir, comment s’en sortir ? Dieu lui-même n’a pas la réponse !
Résumé : Un couvent, une abbaye plus exactement, une communauté de religieuses. Soeur Clothilde, trente ans, religieuse confirmée, y vit depuis dix ans. Le couvent accueille des novices, de jeunes femmes qui décident d’offrir leur vie à Dieu. Après un entretien d’admission, elles peuvent intégrer l’abbaye pour y suivre leur formation.
C’est le cas d’Aliénor, vingt-deux ans, qui fait son entrée pour devenir religieuse à son tour. L’arrivée d’Aliénor va bouleverser sœur Clothilde, elle qui a pris le voile pour fuir le démon qui l’habite, son attirance pour les femmes. Quand le désir charnel, péché originel vous tombe dessus dans une religion qui bannit toute attirance sexuelle, quelle conduite adopter ? Faut-il renoncer à la foi pour s’assumer soi, ou au contraire, renoncer à soi au profit de la foi ?
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