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Feel Good : critique de la série lesbienne Netflix de Mae Martin

Feel Good, série lesbienne Netflix créée par Mae Martin

"Feel Good" est une série lesbienne Netflix à part, à la frontière de la comédie et du drame intime, portée par Mae Martin. Loin des fantasmes érotiques ou des thrillers psychologiques, Feel Good explore avec une rare justesse la dépendance affective, l’addiction, la honte et la difficulté d’aimer quand on ne sait pas encore comment se tenir debout. Une œuvre fragile, honnête, parfois inconfortable, mais profondément nécessaire dans le paysage des séries lesbiennes contemporaines.

Sommaire

1. Feel Good, une série lesbienne Netflix ancrée dans l’autobiographie

Créée et interprétée par Mae Martin, Feel Good s’inspire directement de son parcours personnel : une jeunesse marquée par la célébrité précoce, la dépendance aux drogues, les relations toxiques et une difficulté persistante à se définir en dehors du regard des autres. La série suit Mae, humoriste canadienne installée à Londres, qui tente de se reconstruire tout en vivant une relation amoureuse intense avec George.

Contrairement à de nombreuses séries lesbiennes Netflix plus formatées, Feel Good ne cherche jamais à enjoliver ses personnages. Elle montre au contraire les angles morts, les comportements auto-destructeurs et les mécanismes de dépendance affective avec une lucidité parfois brutale. C’est précisément cette honnêteté qui fait sa force.

2. Une relation lesbienne loin des clichés romantiques

La relation entre Mae et George constitue le cœur émotionnel de la série. George, encore hésitante quant à son orientation sexuelle, refuse de s’affirmer publiquement comme lesbienne. Mae, de son côté, projette sur cette relation un besoin vital de reconnaissance et de stabilité. Ce déséquilibre nourrit une dynamique douloureuse, faite de silences, de compromis bancals et de blessures répétées.

Feel Good ne raconte pas une romance lesbienne idéalisée. Elle dissèque au contraire ce moment précis où l’amour devient un refuge, puis un piège. La série met en lumière une réalité rarement montrée : celle des relations queer construites sur l’urgence émotionnelle, la peur de l’abandon et l’incapacité à poser des limites saines.

3. Addiction, trauma et identité queer

L’un des grands mérites de Feel Good est de lier étroitement l’addiction de Mae à sa construction identitaire. La série ne traite pas la dépendance comme un simple problème isolé, mais comme une conséquence directe de traumatismes anciens, d’un rapport conflictuel au corps et d’une difficulté à s’autoriser l’amour sans se dissoudre dans l’autre.

Cette approche donne à la série une profondeur rare. Feel Good parle de sexualité lesbienne, certes, mais surtout de honte, de contrôle, de consentement émotionnel et de reconstruction. Elle rappelle que l’identité queer ne protège pas des schémas toxiques, et que la représentation lesbienne gagne à inclure aussi ces zones d’ombre.

À l’autre bout du spectre, il existe aussi des récits qui privilégient la réparation et l’apaisement émotionnel, comme nos romans lesbiens feel good, pensés pour réconforter.

4. Un ton hybride : entre humour, malaise et vérité émotionnelle

Malgré la gravité de ses thèmes, Feel Good conserve une dimension humoristique essentielle. L’humour de Mae Martin, souvent maladroit, parfois auto-dérisoire, agit comme un mécanisme de survie plus que comme un simple ressort comique. Il permet d’aborder des sujets lourds sans jamais tomber dans le pathos.

Ce ton hybride, oscillant entre comédie douce-amère et drame introspectif, distingue clairement Feel Good des autres séries lesbiennes Netflix. Là où certaines productions cherchent le choc ou la séduction, Feel Good choisit la retenue, l’inconfort et la sincérité émotionnelle.

5. Une série lesbienne essentielle, mais exigeante

Feel Good n’est pas une série facile à regarder. Elle peut réveiller des expériences personnelles douloureuses, notamment chez les spectatrices confrontées à l’addiction, aux relations déséquilibrées ou à l’invisibilisation de leur identité. Mais c’est précisément cette exigence qui en fait une œuvre importante.

En deux saisons seulement, la série parvient à proposer un arc narratif cohérent, sans céder à la tentation de l’édulcoration ou du happy end artificiel. Netflix a laissé à Feel Good la possibilité de se conclure avec dignité, ce qui reste suffisamment rare pour être souligné.

6. Faut-il voir Feel Good aujourd’hui ?

Oui, sans hésitation, si vous cherchez une série lesbienne Netflix qui ne vous prend pas par la main. Feel Good s’adresse à celles et ceux qui acceptent de regarder des personnages imparfaits, de se confronter à des émotions ambivalentes et de reconnaître que l’amour ne suffit pas toujours à guérir.

Ce n’est pas une série réconfortante au sens classique, mais une série honnête, juste et profondément humaine. À ce titre, Feel Good s’impose comme l’une des représentations lesbiennes les plus sincères proposées par Netflix ces dernières années.

7. La bande annonce

8. FAQ - Feel Good

8.1. Y aura-t-il une nouvelle saison de Feel Good sur Netflix ?

Non. Feel Good s’est conclue après deux saisons. La série a été pensée comme un récit complet et aucune saison supplémentaire n’a été annoncée par Netflix.

8.2. Combien de saisons compte la série Feel Good ?

Feel Good compte deux saisons, diffusées entre 2020 et 2021 sur Netflix.

8.3. Feel Good est-elle une série autobiographique ?

Oui, en grande partie. La série s’inspire du parcours personnel de Mae Martin, notamment de son rapport à l’addiction, à l’identité et aux relations affectives.





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