The Runaways (2010) : biopic rock féminin, Joan Jett, Cherie Currie et l’électricité des années 1970

The Runaways (2010) retrace l’ascension fulgurante puis la chute d’un groupe de hard rock entièrement féminin devenu un symbole de rébellion adolescente. Écrit et réalisé par Floria Sigismondi, le film s’appuie sur le récit de Cherie Currie et met au centre la relation explosive entre Joan Jett (Kristen Stewart) et Cherie Currie (Dakota Fanning), prises dans une industrie qui vend leur image avant d’écouter leur musique. Entre gloire soudaine, épuisement, drogues et tension intime jamais simple à nommer, ce biopic capte un moment où des filles ont prouvé qu’elles pouvaient faire du bruit, du vrai, et encaisser le prix de ce bruit.
sommaire
- The Runaways : de quoi parle le film (sans spoiler inutile)
- Pourquoi The Runaways intéresse le public lesbien et queer
- Floria Sigismondi : esthétique clip, énergie punk, et regard sur l’exploitation
- Joan Jett et Cherie Currie : duo, fracture et vérité émotionnelle
- Biopic rock : ce que le film raconte sur les années 1970 (et ce qu’il laisse hors champ)
- Où regarder The Runaways en streaming (France) ?
- Notre angle éditorial : pourquoi ce film inspire des récits "qui dérangent"
- FAQ (si vous cherchez une réponse rapide)
- La bande annonce Les Runaways (2010)
The Runaways : de quoi parle le film (sans spoiler inutile)
Los Angeles, 1975. Dans le décor brut du Sunset Strip, Joan Jett veut jouer fort, vite, sans demander la permission. Cherie Currie, elle, cherche une sortie de secours à l’adolescence, une porte vers une identité plus vaste que sa banlieue et ses humiliations ordinaires. Leur rencontre se fait sous l’ombre d’un troisième acteur, omniprésent : Kim Fowley (Michael Shannon), manager-producteur aussi charismatique que toxique, qui comprend l’époque et ses vices - et décide d’en tirer une machine à scandale rentable.
Le film suit la fabrication du groupe, l’essor, les concerts, puis l’usure. Il ne s’agit pas seulement de musique : il s’agit d’un système qui transforme des mineures en concept marketing, qui érotise la provocation, puis s’étonne du désastre. Et au milieu, deux adolescentes qui apprennent à survivre, chacune à sa manière, dans un monde où la liberté se paye cher, surtout quand on la prend sans sourire.
Pourquoi The Runaways intéresse le public lesbien et queer
Quand on cherche un film lesbien ou une représentation queer, The Runaways arrive souvent dans les suggestions, parce qu’il filme une proximité émotionnelle et corporelle qui dépasse la simple camaraderie. La relation Joan Jett - Cherie Currie est faite de fascination, de loyauté, de jalousie, et d’une tension qui reste volontairement ambivalente. Le film ne plaque pas une romance au forceps : il montre plutôt ce que beaucoup de récits queer connaissent intimement, cette zone grise où le désir circule sans toujours trouver les mots, surtout à dix-sept ans, surtout sous projecteurs.
Ce qui compte ici, ce n’est pas une "étiquette" explicitée à l’écran, mais la vérité d’un lien : l’intensité, l’aimantation, puis la douleur quand l’autre devient miroir de ce qu’on ne parvient pas à se dire. C’est précisément ce type de tension, réaliste et inconfortable, qui fait que le film reste cité dans les listes de "films à sous-texte queer" et de biopics où la sororité frôle autre chose.
Une dynamique de pouvoir qui parle au-delà de la musique
Là où The Runaways se distingue, c’est dans la manière dont il montre la domination sous ses formes banales : contrats flous, pression sexuelle, chantage affectif, manipulation "artistique" qui sert surtout à contrôler. C’est un film sur des filles talentueuses, mais aussi sur la façon dont on exploite ce talent quand il vient de corps jugés "vendables". Et c’est exactement le genre de mécanique que l’on retrouve dans quantité d’histoires queer : être désirée par le public, mais ni respectée ni protégée par les structures.
Floria Sigismondi : esthétique clip, énergie punk, et regard sur l’exploitation
Sigismondi vient de l’image musicale, et cela se voit : néons, sueur, maquillage qui coule, plans sensoriels, rythme nerveux. Cette esthétique "électrique" sert le sujet, parce qu’elle rappelle à quel point l’industrie sait emballer le chaos pour le vendre. Le film n’est pas un documentaire et ne prétend pas tout expliquer : il choisit un angle, celui d’une expérience vécue, avec ses ellipses et ses brûlures. C’est parfois frustrant si l’on attend une chronologie exhaustive, mais efficace si l’on veut comprendre une chose : la vitesse à laquelle un rêve peut se transformer en cage.
Joan Jett et Cherie Currie : duo, fracture et vérité émotionnelle
Kristen Stewart joue Joan Jett avec une raideur volontaire : une colonne vertébrale en acier, une pudeur agressive, l’impression qu’elle avance en serrant les dents. Dakota Fanning, elle, donne à Cherie une fragilité dangereuse, celle des personnes qui veulent être aimées et qui confondent parfois amour et validation. Le film repose sur cette friction : l’une survit par la discipline et la musique, l’autre par le vertige et la scène, jusqu’au moment où le vertige devient chute.
Il y a quelque chose de très "roman" dans leur trajectoire, et c’est là que notre regard de maison d’édition a du grain à moudre : c’est une histoire de construction identitaire, de loyautés contradictoires, de lien fondateur qui n’est pas forcément "sain", mais qui marque à vie. Si vous aimez les récits où l’intime et le social s’écrasent l’un contre l’autre, The Runaways coche une case rare : le récit d’apprentissage qui ne romantise pas la violence du monde adulte.

Biopic rock : ce que le film raconte sur les années 1970 (et ce qu’il laisse hors champ)
Le film rappelle un fait essentiel : The Runaways a existé dans un monde où la transgression était un produit. Pour des adolescentes, cette équation est mortelle. La provocation attire la lumière, la lumière attire l’argent, l’argent attire des adultes qui confondent "liberté" et "accès". Le récit montre comment une identité artistique peut se faire voler, puis vous être recollée dessus comme une étiquette indélébile.
En revanche, si vous cherchez un panorama complet de l’histoire du groupe, vous sentirez des zones volontairement réduites : le film privilégie le noyau émotionnel (Joan/Cherie/Fowley) plutôt qu’un catalogue de dates. On peut le lire comme une adaptation subjective, cohérente avec sa source, et comme un choix narratif : au lieu d’empiler les événements, il insiste sur la sensation de perte de contrôle.
Où regarder The Runaways en streaming (France) ?
La disponibilité change souvent selon les plateformes et les pays. En France, Les Runaways est généralement proposé en location ou achat numérique selon les services du moment (par exemple Apple TV, Amazon Video, Canal VOD ou des offres de VOD à la demande). Le plus fiable est de vérifier via un agrégateur de disponibilité mis à jour quotidiennement, puis de comparer prix, VF/VOST et qualité.
- VOD / achat : Apple TV, Amazon Video, Canal VOD (selon disponibilité du moment).
- Astuce : vérifiez la version (VF ou VOST) avant de lancer, l’expérience change beaucoup sur un film aussi musical.
Notre angle éditorial : pourquoi ce film inspire des récits "qui dérangent"
À Homoromance, on s’intéresse aux histoires qui ne polissent pas la réalité pour être "confortables". The Runaways est précisément une matière narrative qui refuse le conte de fées : les héroïnes ne sont pas des modèles, elles sont des survivantes. Elles mentent parfois, elles se détruisent parfois, elles s’aiment peut-être, elles se trahissent sûrement, mais elles avancent. Et c’est souvent là que naissent les meilleurs romans : dans l’endroit où la morale publique ne suffit plus à expliquer ce que font les personnages pour rester debout.
Le film peut aussi se lire comme une leçon d’écriture : comment raconter l’adolescence sans nostalgie molle, comment filmer une "famille choisie" qui se fissure, comment faire exister la tension queer sans la transformer en gadget marketing. Si vous écrivez (ou si vous lisez) des romances lesbiennes qui aiment le trouble, vous y verrez une vérité utile : le désir peut être une force, mais l’environnement social peut le rendre dangereux, non pas parce qu’il est queer, mais parce qu’il est exploité.
Ce rapport au corps féminin, au désir surveillé et à la transgression intime fait écho à ce que l’on retrouve dans certaines romances lesbiennes historiques, où aimer une femme signifiait aussi s’exposer, se taire ou se réinventer face aux normes d’une époque.
FAQ (si vous cherchez une réponse rapide)
The Runaways est-il basé sur une histoire vraie ?
Oui. Le film est un biopic inspiré du groupe The Runaways et s’appuie sur le livre de Cherie Currie Neon Angel: A Memoir of a Runaway, ce qui explique un point de vue très centré sur sa trajectoire et sa relation avec Joan Jett.
Le film est-il "vraiment" lesbien ?
Il n’est pas construit comme une romance lesbienne classique. Il montre plutôt une tension intime et un attachement intense entre deux jeunes femmes, avec une lecture queer très plausible, mais sans discours explicatif. Si vous cherchez une love story frontale, ce n’est pas ce registre. Si vous cherchez une tension émotionnelle crédible, oui.
Où voir Les Runaways en streaming en France ?
La disponibilité varie. Le plus fiable est de vérifier sur un guide de streaming français à jour, puis de comparer les options de location/achat selon les plateformes.
La bande annonce Les Runaways (2010)
Sources
- Fiche du film The Runaways (2010) - Wikipedia
- Disponibilités streaming France - JustWatch
- Page Apple TV France - Les Runaways
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