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Identités lesbiennes : butch, mascu, andro, garçon manqué

Guide Des Identites Lesbiennes Mascu Butch Andro

Les identités lesbiennes recouvrent aujourd’hui une grande diversité d’expressions, de la féminité affirmée aux masculinités lesbiennes. Être lesbienne ne se limite pas à une apparence ou à une étiquette, mais désigne des femmes attirées affectivement, émotionnellement et/ou sexuellement par d’autres femmes. Cet article propose un guide clair pour comprendre les termes les plus courants : butch, mascu, androgyne, garçon manqué, lipstick, etc... sans enfermer ni simplifier.

Sommaire

 

1. Comprendre les identités lesbiennes aujourd’hui

Les étiquettes peuvent être utiles pour de nombreuses personnes LGBTQ+. Elles apportent de la clarté, facilitent le sentiment d’appartenance et permettent de mieux décrire qui nous sommes et vers qui nous sommes attirées.

Comprendre la diversité des identités lesbiennes est important, car cela favorise l’inclusion et le sentiment de reconnaissance au sein de la communauté. Cela permet aussi à chacune de se voir reflétée dans un éventail plus large d’expériences queer, tout en contribuant à déconstruire les stéréotypes et les idées reçues.

Certaines lesbiennes s’identifient clairement à une ou plusieurs de ces catégories. D’autres les utilisent avec distance ou humour, sans leur accorder une importance particulière. D’autres encore préfèrent ne pas se définir à travers des étiquettes, ou ne se reconnaissent dans aucune d’entre elles. Les termes lesbienne, queer ou gay peuvent alors suffire, sans ressentir le besoin d’entrer dans des sous-catégories plus précises.

2. La réappropriation de l’insulte visant les lesbiennes masculines

(appelée dans le monde anglo-saxon "dyke")

Pendant longtemps, le terme dyke a été utilisé comme une insulte pour désigner des lesbiennes perçues comme masculines ou non conformes aux normes de genre. Avec le temps, certaines lesbiennes se sont réapproprié ce mot pour en faire un signe de fierté et d’affirmation de soi.

Aujourd’hui, se définir ainsi peut traduire une posture assumée, sans compromis, vis-à-vis de son identité lesbienne. Cette réappropriation met en avant une manière d’être qui refuse les normes traditionnelles de féminité et revendique une identité indépendante, non conforme et profondément ancrée dans l’expérience lesbienne.

Si cette appellation reste encore choquante ou inconfortable pour certaines, elle représente pour d’autres une forme de résistance, de résilience et d’autonomisation. Il s’agit d’une affirmation forte de son identité, qui célèbre la force, l’indépendance et le sentiment d’appartenance à une communauté soudée, tout en rejetant les attentes sociales imposées.

3. La nuance garçon manqué : une étiquette sociale, pas une identité lesbienne

En France, beaucoup de femmes ont grandi avec l’étiquette de "garçon manqué". Ce terme est souvent utilisé dès l’enfance pour désigner des filles dont les comportements, les goûts ou l’apparence s’éloignent des attentes traditionnelles associées à la féminité.

Être qualifiée de garçon manqué ne dit pourtant rien de l’orientation sexuelle. Il s’agit avant tout d’un regard social porté sur une manière d’être, de bouger, de s’habiller ou de jouer, et non d’une identité choisie. Certaines femmes hétérosexuelles ont été appelées ainsi toute leur enfance, tandis que certaines lesbiennes ne s’y sont jamais reconnues.

Pour certaines lesbiennes, toutefois, cette appellation a constitué une première expérience de décalage avec les normes de genre, bien avant toute prise de conscience de leur désir pour les femmes. Elle peut alors faire partie d’un parcours, sans pour autant définir une identité lesbienne à part entière.

Contrairement aux termes comme butch, femme ou mascu, qui relèvent de cultures lesbiennes et d’auto-identifications adultes, "garçon manqué" reste une étiquette extérieure, souvent transitoire, parfois subie, et rarement revendiquée à l’âge adulte.

4. Féminités lesbiennes

4.1. Lesbienne très féminine

(appelée "lipstick lesbian" dans le monde anglo-saxon)

L’expression lesbienne très féminine désigne une lesbienne qui adopte volontairement une esthétique et une expression associées à la féminité. Cela peut passer par le maquillage, les robes, les jupes, le soin apporté à son apparence ou à ses gestes, autrement dit des codes que la société associe traditionnellement au féminin.

En revendiquant pleinement cette féminité, ces lesbiennes rappellent qu’il n’existe aucune contradiction entre féminité et homosexualité. Être féminine n’empêche en rien d’être lesbienne, et cette manière d’être participe à déconstruire l’idée selon laquelle le lesbianisme serait incompatible avec une apparence féminine.

Cette expression peut également inclure des personnes bisexuelles ou pansexuelles féminines, ainsi que des relations entre femmes dont l’expression de genre est majoritairement féminine.

4.2. Lesbienne à féminité sobre ou neutre

(appelée "chapstick lesbian" dans le monde anglo-saxon)

Certaines lesbiennes se reconnaissent dans une féminité plus discrète, moins codifiée ou moins visible. Elles peuvent adopter un style pratique, simple ou sportif, sans pour autant s’identifier à une expression masculine marquée.

La différence entre une lesbienne à féminité sobre et une lesbienne dite soft butch repose principalement sur la manière dont chacune se définit. Les deux peuvent mêler des éléments masculins et féminins, mais la soft butch se situe généralement davantage du côté de la masculinité, tandis que la féminité sobre occupe une position plus intermédiaire ou plus neutre.

4.3. Lesbienne féminine

(souvent appelée "femme" dans les cultures lesbiennes)

Le terme femme est parfois utilisé pour désigner des lesbiennes qui revendiquent une identité féminine affirmée. Contrairement à une simple description esthétique, cette identité englobe aussi les attitudes, les comportements, la manière d’occuper l’espace et le vécu relationnel.

Toutes les lesbiennes très féminines peuvent être considérées comme femmes, mais toutes les femmes ne se reconnaissent pas nécessairement dans une féminité très marquée ou spectaculaire. La visibilité des lesbiennes féminines est essentielle, car elle rappelle que la féminité peut être multiple, puissante et pleinement lesbienne.

5. Masculinités lesbiennes

5.1. Lesbienne masculine - butch / mascu

L’expression lesbienne masc ou masculine désigne des lesbiennes dont l’identité et l’expression de genre s’inscrivent dans des codes traditionnellement associés à la masculinité. Le terme butch, largement utilisé à l’international, est également employé en France pour désigner cette identité, qui possède une histoire riche et spécifique au sein des cultures lesbiennes.

On distingue parfois la masculinité vécue comme une identité profonde, de la simple expression masculine, plus liée à l’apparence ou au style. Dans les deux cas, ces lesbiennes participent à la remise en question des normes de genre et à la visibilité des masculinités féminines.

5.2. Lesbienne stud / masculine noire

Le terme stud désigne, dans les cultures anglo-saxonnes, des lesbiennes noires ou afro-descendantes à l’expression masculine. Cette appellation est culturellement située : elle a été créée par des lesbiennes noires pour nommer leurs propres expériences, distinctes de celles des lesbiennes blanches.

Il ne s’agit pas d’un simple équivalent du terme butch, mais d’une identité liée à une histoire, à des codes culturels et à des réalités sociales spécifiques.

Pour certaines lectrices, la fiction permet aussi de mettre des mots sur des vécus rarement représentés. Lire des romans lesbiens mettant en scène des héroïnes mascu ou butch peut alors faire écho à des parcours, des désirs ou des identités encore en construction.

6. Nuances et variations de la masculinité lesbienne

6.1. Lesbienne masculine nuancée

(appelée "soft butch" dans le monde anglo-saxon)

L’expression lesbienne masculine nuancée désigne une lesbienne qui combine des traits traditionnellement associés à la masculinité et à la féminité, tout en se situant globalement du côté de la masculinité. Contrairement aux lesbiennes masculines plus affirmées, cette identité laisse davantage de place à la souplesse et à la nuance, mêlant une masculinité assumée à des aspects plus doux ou plus vulnérables.

Pour ces lesbiennes, l’expression de genre n’est pas rigide. Elles évoluent avec aisance entre différents codes, refusent les extrêmes et trouvent un équilibre qui leur correspond, en combinant ce qui leur semble le plus juste et authentique.

6.2. Lesbienne masculine "stone"

(appelée "stone butch" dans le monde anglo-saxon)

La lesbienne masculine stone désigne une lesbienne masculine qui, dans l’intimité, peut préférer donner du plaisir à sa partenaire plutôt que d’en recevoir. Cette préférence n’est pas uniquement sexuelle : elle renvoie souvent à un rapport très personnel au corps, au toucher et aux limites.

Pour beaucoup, cette identité dépasse largement le cadre de la sexualité. Elle influence la manière de se situer dans les relations, le rapport à l’intimité et le besoin de préserver certaines frontières corporelles. Il s’agit souvent d’une posture protectrice, construite autour de l’autonomie et du respect de soi.

Cette identité est devenue plus largement connue grâce au roman Stone Butch Blues de Leslie Feinberg, publié en 1993, qui explore avec profondeur la complexité de cette expérience lesbienne.

6.3. Lesbienne masculine élégante

(appelée "dapper butch" dans le monde anglo-saxon)

La lesbienne masculine élégante associe une expression masculine à une attention particulière portée au style et à l’élégance. Il ne s’agit pas seulement d’une question de vêtements, mais d’une manière d’occuper l’espace avec assurance, fierté et sens du détail.

Historiquement, cette expression s’inspire du dandysme, mêlant des codes masculins classiques à une sensibilité queer contemporaine. Costume bien coupé, bretelles, nœud papillon ou accessoires soignés font souvent partie de cette esthétique, qui joue avec une masculinité assumée, raffinée et visiblement lesbienne.

7. Identités intermédiaires et sexualité

7.1. Entre féminité et masculinité

(appelée "futch" dans le monde anglo-saxon)

Le terme futch désigne des lesbiennes qui se situent entre les identités traditionnellement associées à la féminité et à la masculinité. Elles combinent librement ces deux pôles dans leur apparence, leurs attitudes et leurs relations, sans se reconnaître pleinement dans une catégorie ou l’autre.

Cette identité met en avant la fluidité de l’expression de genre et rappelle qu’il est possible d’exister entre les cadres, sans avoir à choisir un camp. Elle valorise la complexité et la liberté d’être soi, hors des oppositions strictes entre féminin et masculin.

7.2. Celles qui "donnent" sans recevoir en sexualité

(appelé "stone top" dans le monde anglo-saxon)

L’expression stone top désigne une personne qui préfère donner du plaisir lors des relations sexuelles sans en recevoir, ou en n’acceptant le contact que de manière très spécifique. Contrairement à la lesbienne masculine stone, cette notion n’est pas limitée au lesbianisme.

Elle est utilisée dans différents milieux queer, trans et non binaires, et s’inscrit dans des dynamiques sexuelles plus larges, où l’on parle aussi de rôles comme top, bottom ou switch. Ce terme est également présent dans certains espaces liés aux pratiques BDSM ou kink, où les rôles sexuels sont pensés indépendamment de l’identité de genre ou de l’orientation sexuelle.

7.3. Lesbienne privilégiant la tendresse à la sexualité

(appelée "Bambi" dans le monde anglo-saxon)

Une lesbienne privilégiant la tendresse est une personne qui exprime l’amour et l’intimité principalement à travers des gestes affectifs non sexuels, comme les câlins, les baisers, les étreintes ou le temps partagé. Certaines peuvent se situer sur le spectre asexuel, mais ce n’est pas systématique.

Cette manière d’aimer met l’accent sur la proximité émotionnelle et la douceur, et rappelle que la sexualité n’est pas une obligation pour vivre des relations intimes riches et épanouissantes.

8. Lesbienne n’ayant eu que des relations avec des femmes

(appelée "gold star lesbian" dans le monde anglo-saxon)

L’expression lesbienne n’ayant eu que des relations avec des femmes désigne une lesbienne qui n’a jamais été engagée affectivement ou sexuellement avec des hommes. Le terme anglo-saxon gold star est parfois utilisé sur un ton léger, mais il fait l’objet de débats au sein de la communauté.

Pour certaines, cette appellation peut être source de fierté ou de réassurance, notamment lorsqu’il existe un vécu difficile lié à la masculinité. Pour d’autres, elle instaure des hiérarchies inutiles, en laissant entendre qu’un passé hétérosexuel rendrait une lesbienne "moins légitime". Cette notion soulève donc des questions importantes autour de l’inclusivité et de la diversité des parcours lesbiennes.

Comprendre les différentes identités lesbiennes permet de mettre des mots sur des réalités culturelles et des expressions de genre. Mais cela ne suffit pas toujours à répondre à une question plus intime, que beaucoup de femmes se posent à un moment de leur vie. Si vous ressentez le besoin de faire le point sur votre orientation sexuelle, nous avons consacré un article spécifique à ce cheminement personnel, sans test ni injonction.

 

9. La FAQ des identités lesbiennes

9.1. Quelle est la différence entre butch et mascu ?

Les termes butch et mascu désignent des expressions masculines chez les lesbiennes, mais ils ne recouvrent pas toujours la même réalité. Butch renvoie à une identité lesbienne historique et culturelle, souvent revendiquée, tandis que mascu peut simplement décrire une apparence ou une expression masculine sans forcément impliquer une identité précise.

9.2. Garçon manqué et lesbienne, est-ce la même chose ?

Non. Garçon manqué est une étiquette sociale souvent attribuée dès l’enfance pour décrire des comportements ou des goûts jugés peu féminins. Elle ne dit rien de l’orientation sexuelle. Une femme peut avoir été appelée garçon manqué sans être lesbienne, et inversement.

9.3. Peut-on être androgyne et lesbienne ?

Oui. L’androgynie concerne l’expression de genre, tandis que le lesbianisme concerne l’orientation sexuelle. Une femme peut donc être androgyne dans son apparence ou son comportement et être lesbienne dans ses attirances.

9.4. Faut-il se reconnaître dans une étiquette pour être lesbienne ?

Non. Certaines lesbiennes trouvent du sens et du confort dans les étiquettes, d’autres non. Se dire lesbienne suffit à définir son orientation, sans obligation de se rattacher à une catégorie spécifique.

9.5. Les identités lesbiennes sont-elles figées ?

Non. Les identités et expressions peuvent évoluer au fil du temps, des expériences et des relations. Beaucoup de lesbiennes naviguent entre plusieurs façons d’être, sans que cela remette en question la légitimité de leur identité.





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