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Carol : film lesbien historique, désir et impossibilité sociale

Carol Film Lesbien

Carol est un film lesbien réalisé par Todd Haynes, sorti en 2015, adapté du roman de Patricia Highsmith publié sous le titre The Price of Salt. Dans une Amérique des années 1950 obsédée par les apparences, le film suit la rencontre entre deux femmes que tout oppose socialement et qui vont pourtant se reconnaître, s’observer, se désirer, puis se choisir, au prix d’un risque réel. Carol n’est pas seulement une romance entre femmes : c’est un récit sur le regard, la honte imposée, la violence feutrée des normes et la manière dont l’amour devient un acte de lucidité.

Sommaire

1. Carol, un film lesbien ancré dans l’Amérique conservatrice des années 1950

Le décor n’est pas un simple habillage vintage. Dans Carol, l’époque est un dispositif narratif. Les années 1950 imposaient aux femmes une trajectoire unique : mariage, maternité, respectabilité. La sexualité féminine, déjà contrôlée, devenait franchement dangereuse dès qu’elle sortait du cadre conjugal. Le film rappelle ce contexte sans l’expliquer lourdement : il le fait sentir dans les silences, les regards qui pèsent, les portes qui se ferment, les conversations polies qui sonnent comme des avertissements.

Cette précision est l’une des raisons pour lesquelles le film s’inscrit naturellement dans la romance historique : ici, l’amour entre femmes n’est pas un concept abstrait, c’est une réalité confrontée à un système social, juridique et moral qui peut détruire une vie, une réputation, et même une relation mère-enfant.

2. Résumé sans spoiler : une rencontre, puis une dérive irréversible

Therese Belivet est une jeune vendeuse dans un grand magasin new-yorkais, encore incertaine de ce qu’elle veut, de ce qu’elle ressent, et de la place qu’elle peut occuper dans le monde. Carol Aird, elle, est une femme élégante, mariée, mère, installée dans une vie qui ressemble à une vitrine. Leur rencontre commence comme un détail, un échange apparemment banal, mais la mise en scène insiste : quelque chose s’est passé, même si rien n’a été dit.

Le film suit ensuite un mouvement lent, presque obsessionnel : l’approche, le recul, la tentation, puis le vertige. Il ne s’agit pas d’une romance qui explose. Il s’agit d’un désir qui s’infiltre, qui déplace les lignes, et qui finit par rendre impossible le retour en arrière.

3. Le regard comme moteur du désir lesbien

Si Carol est devenu un film lesbien culte, c’est aussi parce qu’il refuse la consommation rapide du désir. Le film travaille la tension comme une matière : une main qui s’attarde, un silence trop long, un sourire retenu, un regard qui s’échappe puis revient. La caméra privilégie souvent le point de vue de Therese, ce qui transforme Carol en apparition, en aimant, en mystère, puis en femme réelle au fur et à mesure que la relation se précise.

Todd Haynes filme l’intime à travers des vitres, des reflets, des pare-brise, comme si la société imposait constamment un filtre entre elles et le monde. Cette esthétique n’est pas décorative : elle dit la clandestinité, l’impossibilité d’être simplement là, ensemble, sans témoin, sans menace, sans conséquence.

4. Une relation asymétrique, mais jamais caricaturale

La différence d’âge et de statut social pourrait faire basculer le récit dans le cliché. Le film évite cet écueil en construisant une relation où chacune a un pouvoir et une fragilité. Carol possède l’assurance, l’argent, l’expérience, mais elle est prisonnière d’un mariage et d’un système qui utilise sa maternité comme levier. Therese semble plus libre, mais elle est jeune, dépendante, et cherche encore une forme, une identité, une parole.

L’attirance n’est pas présentée comme une initiation magique ni comme une domination romantisée. Elle est présentée comme une reconnaissance. Deux femmes se voient, et cette lucidité devient plus dangereuse que n’importe quel scandale, parce qu’elle ne peut plus être désapprise.

5. Maternité, garde d’enfant et violence institutionnelle

Là où beaucoup de romances se contentent d’un obstacle sentimental, Carol introduit un enjeu brutal : la garde de l’enfant. Le film montre comment l’ordre social de l’époque pouvait considérer l’homosexualité comme une preuve d’“indignité” maternelle. La relation devient une arme retournée contre Carol, et le récit cesse d’être seulement romantique : il devient politique.

Ce point est essentiel pour comprendre pourquoi Carol dépasse la simple “histoire d’amour lesbienne”. Le film met en scène une société qui ne se contente pas de juger : elle punit. Elle encadre, elle menace, elle négocie, elle fait chanter avec des apparences de procédure. Le drame n’est pas l’amour, le drame est le monde.

6. Pourquoi Carol reste une référence du cinéma lesbien contemporain

Le cinéma lesbien a longtemps été condamné à deux issues : la punition ou l’effacement. Carol a marqué parce qu’il prend ses personnages au sérieux. Il leur accorde une densité émotionnelle, une complexité morale et une dignité narrative rarement offertes à des femmes qui s’aiment à l’écran. Le film ne cherche pas à rendre cette relation “acceptable”. Il la rend inévitable.

Il y a aussi une raison plus simple, mais décisive : la justesse du jeu. Cate Blanchett et Rooney Mara installent une tension qui tient autant aux mots qu’à ce qu’elles taisent. Le film comprend que, dans certaines époques, aimer signifiait surtout se retenir, et que la retenue peut être plus brûlante que l’exhibition.

7. Faut-il voir Carol aujourd’hui

Oui, si vous cherchez un film lesbien qui refuse la facilité. Carol est lent, parfois austère, et il demande une attention réelle. Il ne donne pas une romance “réconfortante” au sens classique. Il donne mieux : une romance crédible, incarnée, et suffisamment précise pour rester en tête longtemps après le générique.

C’est aussi un film qui parle à celles qui aiment les récits où l’amour n’est pas un trophée, mais une décision. Une décision prise malgré la peur, malgré la perte possible, malgré les dégâts.

8. La bande annonce

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9. FAQ : Carol

9.1. Carol est-il un film lesbien

Oui. Carol est un film lesbien centré sur une relation amoureuse entre deux femmes, Therese et Carol, dans l’Amérique des années 1950. Le récit explore explicitement le désir, l’attachement et les conséquences sociales de cette relation dans un contexte profondément homophobe.

9.2. Carol est-il basé sur une histoire vraie

Non. Le film est adapté du roman The Price of Salt de Patricia Highsmith, publié en 1952. Il s’agit d’une œuvre de fiction, mais fortement ancrée dans les réalités sociales, juridiques et morales de l’époque concernant l’homosexualité féminine.

9.3. Pourquoi Carol est-il considéré comme un film lesbien majeur

Carol est souvent cité comme une référence du cinéma lesbien en raison de son traitement réaliste, non sensationnaliste, de l’amour entre femmes. Le film refuse la punition tragique classique et propose une représentation nuancée, adulte et historiquement crédible du désir lesbien.

9.4. La fin de Carol est-elle heureuse

La fin de Carol est volontairement ouverte. Elle ne garantit ni une union définitive ni une séparation imposée. Cette conclusion respecte la logique du film : offrir une possibilité sans promettre une sécurité que l’époque ne permettait pas réellement.

9.5. Carol appartient-il au genre de la romance historique lesbienne

Oui. Par son contexte temporel, son approche réaliste et son attention aux contraintes sociales pesant sur les femmes, Carol s’inscrit pleinement dans le courant de la

10. Sources

IMDb, Carol (2015) · BFI, analyses et articles sur Carol · Wikipédia, Carol (film) · Wikipédia, The Price of Salt (Patricia Highsmith)





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