For All Mankind : la romance lesbienne la plus cruelle jamais éjectée dans l’espace

For All Mankind est une série de science-fiction et d’uchronie produite par Apple TV+ qui imagine un monde où l’Union soviétique aurait devancé les États-Unis dans la conquête de la Lune. Sur le papier, un récit de course spatiale et de géopolitique. En réalité, une fresque humaine dense… qui cache en son cœur l’une des histoires d’amour lesbiennes les plus belles, les plus frustrantes et les plus violemment sabotées de la télévision contemporaine.
Sommaire
- For All Mankind, une uchronie spatiale aux ambitions politiques
- Ellen Waverly : une lesbienne coincée entre le placard et les étoiles
- Une romance lesbienne racontée par l’attente et la retenue
- Le mariage de façade : quand la survie passe par le mensonge
- Saison 2 : quand l’espoir lesbien est méthodiquement écrasé
- Une histoire lesbienne qui parle de pouvoir, pas de tragédie
- Pourquoi cette romance lesbienne marque autant
- Faut-il regarder For All Mankind pour sa romance lesbienne ?
- La bande annonce
- FAQ : For All Mankind
- Vidéo Bonus : la relation entre Ellen et Pam
1. For All Mankind, une uchronie spatiale aux ambitions politiques
Créée par Ronald D. Moore, connu pour son travail sur Battlestar Galactica et Star Trek, For All Mankind repose sur une idée simple mais redoutablement efficace : et si l’histoire avait bifurqué dès 1969 ? Si les États-Unis n’avaient pas été les premiers à poser le pied sur la Lune, comment la société américaine, la NASA et les rapports de pouvoir auraient-ils évolué ?
La série mêle personnages historiques et figures fictives, recompose la course à l’espace sur plusieurs décennies et s’autorise des libertés narratives parfois audacieuses. Mais très vite, For All Mankind montre que son véritable sujet n’est pas la Lune, mais les êtres humains qu’on y envoie - et surtout ceux qu’on empêche d’exister pleinement sur Terre.
Cette manière d’utiliser la science-fiction pour interroger le pouvoir, le sacrifice et les identités invisibilisées fait écho aux romans de science-fiction lesbienne, où l’anticipation devient souvent un espace privilégié pour raconter autrement l’amour entre femmes.
2. Ellen Waverly : une lesbienne coincée entre le placard et les étoiles
Ellen Waverly Wilson apparaît dès la première saison comme une astronaute brillante, discrète, extrêmement compétente. Et rapidement, la série révèle ce que le spectateur queer devine déjà : Ellen est lesbienne, et elle le cache pour survivre dans une NASA profondément homophobe.
Sa relation avec Pam, une barmaid avec qui elle entretient une liaison secrète, devient l’un des fils émotionnels les plus forts de la série. Pas parce qu’il y a beaucoup de scènes - il y en a très peu - mais parce que chaque regard, chaque silence, chaque séparation porte un poids écrasant. For All Mankind fait le choix radical de raconter l’amour lesbien non pas dans l’excès, mais dans la privation.
3. Une romance lesbienne racontée par l’attente et la retenue
Si vous cherchez une romance lesbienne flamboyante, explicite ou spectaculaire, For All Mankind n’est pas la série idéale. Ici, tout est frustration. Les scènes entre Ellen et Pam sont espacées, parfois séparées par des épisodes entiers, voire des années diégétiques.
Mais c’est précisément ce qui rend leur histoire si marquante. La série capte avec une justesse douloureuse ce que signifie aimer quelqu’un dans un monde qui vous interdit d’exister ensemble. Ellen et Pam ne se battent pas contre un méchant identifiable, mais contre une époque, une institution, une peur constante d’être découvertes.
4. Le mariage de façade : quand la survie passe par le mensonge
Pour protéger sa carrière, Ellen épouse Larry, un homme gay lui aussi contraint au secret. Leur mariage de convenance est présenté sans cynisme excessif : il s’agit d’un pacte de survie. Mais ce choix brise irrémédiablement la relation avec Pam, qui comprend qu’aimer Ellen signifie toujours passer après la NASA, après l’Histoire, après la respectabilité.
For All Mankind évite le mélodrame facile. Pam n’est pas sacrifiée pour créer un choc narratif ; elle s’efface parce qu’elle refuse d’être l’obstacle à la liberté de celle qu’elle aime. Et c’est précisément ce qui rend cette intrigue lesbienne si cruelle : on sait qu’Ellen aurait choisi Pam, mais on ne lui en laisse jamais vraiment la possibilité.
5. Saison 2 : quand l’espoir lesbien est méthodiquement écrasé
La seconde saison opère un saut temporel dans les années 1980. Ellen a gagné en assurance, en pouvoir, en reconnaissance professionnelle. Le monde change lentement, et avec lui, la possibilité - peut-être - d’une vie plus libre.
La réapparition de Pam ravive l’espoir. Leur alchimie est intacte, portée par un jeu d’actrices d’une subtilité rare. Les regards remplacent les discours, les silences disent tout. Et pendant quelques épisodes, la série laisse croire que cette fois, elles pourraient enfin choisir l’amour.
Puis For All Mankind fait ce que la télévision sait faire de pire aux personnages lesbiens : elle leur arrache la possibilité du bonheur au nom d’un futur hypothétique. Pam choisit de disparaître, persuadée que la carrière politique d’Ellen serait brisée par un coming out. Ellen reste seule, persuadée de ne pas avoir été suffisante.
6. Une histoire lesbienne qui parle de pouvoir, pas de tragédie
Contrairement à de nombreux récits queer tragiques, For All Mankind ne punit pas Ellen parce qu’elle est lesbienne. Elle la prive de bonheur parce qu’elle est ambitieuse dans un monde qui n’autorise pas les femmes queer à être puissantes.
La série pose une question profondément politique : que vaut une réussite historique si elle se paie par l’effacement de soi ? Ellen accumule les titres, les honneurs, la reconnaissance présidentielle - mais aucun de ces succès n’a de valeur sans la possibilité de les partager avec la femme qu’elle aime.
7. Pourquoi cette romance lesbienne marque autant
L’histoire d’Ellen et Pam n’est pas révolutionnaire sur le fond. Des lesbiennes contraintes au secret, séparées par la société, il y en a eu d’autres. Mais rarement une série de science-fiction a pris le temps de la raconter avec autant de retenue, de respect et de douleur silencieuse.
For All Mankind prouve que la représentation lesbienne ne passe pas uniquement par la quantité de scènes, mais par la qualité de l’émotion transmise. Chaque apparition de Pam devient un événement, chaque sourire une promesse fragile.
8. Faut-il regarder For All Mankind pour sa romance lesbienne ?
Oui - mais avec un avertissement. Si vous êtes uniquement là pour l’histoire d’amour entre Ellen et Pam, vous devrez être patiente. Très patiente. La série est dense, politique, parfois bavarde, et clairement plus intéressée par la géopolitique spatiale que par les romances.
Mais si vous acceptez cette lenteur, For All Mankind offre l’une des représentations lesbiennes les plus fines, les plus frustrantes et les plus humaines de ces dernières années. Une romance qui ne se consomme pas, mais qui s’endure.
9. La bande annonce
Sources : Fiche officielle Apple TV+ · IMDb – For All Mankind
10. FAQ : For All Mankind
10.1. For All Mankind est-elle une série lesbienne ?
Non, For All Mankind n’est pas une série lesbienne au sens strict. Il s’agit avant tout d’une série de science-fiction et d’uchronie centrée sur la conquête spatiale et les rapports de pouvoir. En revanche, elle contient l’une des romances lesbiennes les plus marquantes et les plus finement écrites de la télévision contemporaine, à travers le personnage d’Ellen Waverly et sa relation avec Pam. Cette intrigue queer, bien que secondaire dans le récit global, joue un rôle narratif et politique majeur.
10.2. Ellen Waverly est-elle lesbienne
Oui. Dans la série For All Mankind, Ellen Waverly est explicitement lesbienne. Son orientation sexuelle est un élément central de son parcours, notamment dans un contexte politique et social marqué par l’homophobie institutionnelle. La série aborde directement les enjeux de visibilité, de compromis et de pouvoir auxquels elle est confrontée en tant que femme lesbienne évoluant au plus haut niveau de responsabilité.
10.3. For All Mankind aura-t-elle une saison 5 ?
Oui. For All Mankind a été officiellement renouvelée pour une saison 5 par Apple TV+. La série est pensée comme un récit au long cours, couvrant plusieurs décennies de cette uchronie spatiale.
10.4. La romance lesbienne entre Ellen et Pam sera-t-elle développée dans les prochaines saisons ?
À ce stade, aucune confirmation officielle n’indique un retour direct de la relation entre Ellen et Pam. Leur histoire s’inscrit dans une temporalité précise et sert avant tout le propos politique de la série sur le pouvoir et le sacrifice personnel.
10.5. For All Mankind est-elle basée sur une histoire vraie ?
Non. Il s’agit d’une uchronie. La série s’appuie sur des événements et personnages historiques réels, mais imagine une évolution alternative de la conquête spatiale à partir de 1969.
11. Vidéo Bonus : la relation entre Ellen et Pam
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