Sortir de l’ombre - Un roman sur le coming-out lesbien et le premier grand amour

« Et si vous deviez sortir de l'ombre, quelle est la première chose que vous feriez ? »
Résumé de l'ouvrage
À quarante-cinq ans, Elizabeth a la sensation étrange de vivre à côté d'elle-même. Mère attentive, épouse fidèle, agent immobilier consciencieuse, elle s'efforce de maintenir l'équilibre fragile d'un quotidien parfaitement huilé - celui d'une femme que tout le monde croit comblée. Mais sous la surface polie de cette existence ordinaire, une autre réalité existe : celle d'un effacement discret, d'une vie vécue pour les autres, d'une passion pour l’écriture mise de côté depuis trop longtemps. Lorsqu'elle répond à l'appel à témoignages de Marie Delcourt, journaliste trentenaire brillante qui recherche « des femmes de l'ombre », rien ne la prépare à l'impact de cette rencontre. Car derrière l'énergie à fleur de peau et les certitudes professionnelles de Marie se cache une faille plus intime : celle d'une femme qui a ses propres secrets. Entre elles, quelque chose se noue d'abord dans les mots - un échange sincère, brut, qui réveille chez Elizabeth un élan de vie qu'elle croyait perdu. Peu à peu, la curiosité laisse place à la complicité, la complicité à une attirance irrépressible. Jusqu'où iront-elles pour ne plus vivre dans l'ombre ?
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Les tropes et thèmes
1. Réalisation de soi
2. Relation secrète
3. Rencontre inattendue
4. Coming out
5. Premier amour lesbien
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EXTRAIT (à remplir après vos corrections)
— Qu’est-ce qu’on est en train de faire ? questionna Elizabeth, ses doigts jouant nerveusement avec sa serviette. Je n’ai jamais… Je veux dire, je ne suis pas…
— Moi, je sais exactement ce que je ressens, l’interrompit Marie. Ce qui me perturbe, c’est l’intensité. Je n’ai jamais été autant attirée par quelqu’un. Depuis notre première rencontre, je n’arrive pas à… Je pense à vous. Tout le temps.
Elizabeth releva la tête, surprise par cette franchise.
— C’est de la folie. J’ai une famille, une vie stable. Je ne peux pas tout risquer pour…
— Pour quoi ? demanda la journaliste, son regard ancré dans le sien.
— Je ne sais même pas comment nommer ça.
Elle passa une main dans ses cheveux, un geste qui dévoilait son trouble.
— Cette façon dont mon cœur s’emballe quand je vous vois. Cette envie constante de vous parler, de vous voir…
Elle s’interrompit, cherchant ses mots.
— Hier soir, Thomas me parlait de ses projets pour les vacances d’été. L’été prochain ! Et je n’arrivais même pas à me projeter jusqu’à la fin de la semaine. Comment peut-on avoir construit quelque chose pendant quinze ans et soudain…
— Sentir que tout pourrait basculer ?
— Oui.
Elle prit une gorgée de café, comme pour se donner du courage.
— Je me regarde dans le miroir le matin et je ne me reconnais plus. Cette femme qui invente des rendez-vous médicaux, qui ment à son mari, à ses collègues… Ce n’est pas moi. Ou peut-être que c’est enfin moi, justement. Je ne sais plus.
Marie tendit la main, couvrant la sienne sur la table.
— Vous n’êtes pas obligée de tout définir maintenant. De tout décider.
— Le temps n’arrangera rien, soupira-t-elle, mais elle ne retira pas sa main. Au contraire. Chaque fois que je vous vois… C’est comme si quelque chose se réveillait en moi. Quelque chose que j’avais enterré si profondément que j’en avais oublié l’existence.
— Qu’est-ce que c’est ?
— Le désir.
Elle rougit en prononçant ce mot.
— Pas seulement… physique. Le désir de possibilités. D’une autre vie. Quand je suis avec vous, j’ai l’impression que tout est possible. Et c’est terrifiant.
— Pourquoi terrifiant ?
— Parce que j’ai passé quinze ans à construire des certitudes. Une famille remarquable, une carrière stable, une vie bien ordonnée. Et il suffit d’un regard de vous pour que tout vacille. Comment peut-on ressentir quelque chose d’aussi fort pour quelqu’un qu’on connaît à peine ?
La jeune femme serra sa main.
— Peut-être que parfois, on rencontre quelqu’un qui réveille une partie de nous qu’on ne connaissait pas. Ou qu’on avait oubliée.
— Mes enfants…, commença-t-elle, la voix mal assurée.
— Je sais. Je ne vous demanderai jamais de choisir. Je ne vous demanderai rien.
— C’est peut-être ça le plus dangereux, sourit tristement Elizabeth. Cette façon que vous avez de me laisser libre. De ne rien exiger. Ça me donne envie de…
— De quoi ?
Elle la regarda longuement, comme si elle essayait de mémoriser chaque détail de son visage.
— De tout vous donner.






