The abandons : Lena Headey et Gillian Anderson | Les lesbiennes en deuil d’une saison 2 annulée par Netflix

En bref : Netflix a décidé de ne pas commander de saison 2 pour The Abandons, la série western menée par Gillian Anderson et Lena Headey. Malgré un démarrage visible dans le top 10, les chiffres cumulés sur 28 jours et le coût de production ont pesé dans la balance, sur fond de tensions créatives autour du format des épisodes et du budget. Les fans, dont une partie importante du public lesbien attiré par ce duo très « sapphique-coded », se retrouvent avec une histoire stoppée net après une seule saison.
Sommaire
- Pourquoi Netflix a annulé la saison 2 de The Abandons
- Les chiffres d’audience : un top 10 qui ne suffit plus
- Un western cher à produire : ce que le budget change à la décision
- Un western lesbien avorté ou une occasion manquée pour la représentation ?
- Kurt Sutter, les tensions créatives et l’épisode trop long
- Lena Headey et Gillian Anderson : pourquoi le public lesbien s’est enflammé
- La bande annonce
1. Pourquoi Netflix a annulé la saison 2 de The Abandons
Si tu cherches une explication simple, elle tient en une formule que Netflix ne dit presque jamais aussi frontalement, mais que les médias spécialisés finissent par reconstituer : coût élevé + performance jugée insuffisante = annulation. Selon les informations rapportées par Deadline, Netflix n’a pas souhaité poursuivre la série au-delà de sa première saison, malgré une présence initiale dans le top 10. L’argument central mis en avant est celui d’un ratio défavorable entre investissement (production de western, casting premium, décors, logistique) et audience réellement consolidée dans la durée.
Plus précisément, plusieurs articles reprenant les données partagées par Deadline évoquent une trajectoire classique de « lancement fort puis décrochage » : The Abandons aurait tenu deux semaines dans le top 10 (avec un pic autour de la 4e place), avant de disparaître du classement, pour totaliser environ 19,8 millions de vues sur ses 28 premiers jours. Cette donnée, régulièrement citée dans la presse entertainment, sert de repère pour expliquer pourquoi Netflix n’a pas validé une saison 2 : la série a été vue, mais pas au niveau attendu pour une production aussi coûteuse.
Pour celles qui en ont assez de s’attacher à des séries prometteuses et lesbianfriendly brutalement abandonnées par les plateformes, il reste heureusement des récits qui vont au bout de leurs personnages, comme ceux que nous défendons dans notre catalogue de romans lesbiens, pensés pour durer et ne pas trahir leurs lectrices.
2. Les chiffres d’audience : un top 10 qui ne suffit plus
La confusion vient souvent du fait que « être dans le top 10 » donne l’impression d’un succès automatique. En réalité, Netflix arbitre avec des métriques internes où le classement n’est qu’un symptôme, pas une garantie. Une série peut faire un bon « bruit » de sortie, profiter d’un week-end de curiosité, puis s’éteindre vite. C’est exactement le scénario décrit par plusieurs médias : The Abandons aurait connu un bon départ, puis une baisse rapide, jusqu’à sortir du radar.
Et c’est là que l’expression « saison 2 annulée » prend tout son sens : ce n’est pas une saison 2 qui a été tournée puis stoppée, mais bien une non-reconduction. D’un point de vue lecteur, pourtant, l’effet est identique : on vit la fin comme une annulation, surtout si l’intrigue a été pensée pour se déployer sur plusieurs chapitres. La presse souligne d’ailleurs le point sensible : des spectateurs évoquent un sentiment de frustration lié à une histoire laissée en suspens.
3. Un western cher à produire : ce que le budget change à la décision
On oublie parfois qu’un western « d’époque » est un genre logistique : costumes, accessoires, décors extérieurs, chevaux, cascades, effets de violence, figurants, contraintes météo, déplacements… Tout coûte plus cher qu’un drame contemporain en intérieur. Si, en plus, tu ajoutes deux têtes d’affiche comme Gillian Anderson et Lena Headey, la barre d’audience attendue monte mécaniquement. C’est précisément ce que la couverture presse met en avant : la série aurait été onéreuse, et le volume de vues n’aurait pas compensé suffisamment cet investissement au regard des standards Netflix pour renouveler.
4. Un western lesbien avorté ou une occasion manquée pour la représentation ?
Au-delà des chiffres et des arbitrages économiques, l’annulation de The Abandons laisse un vide symbolique important : celui d’un western lesbien qui aurait pu exister si.... mais qui n’aura pas eu sa chance. Sans être une série explicitement centrée sur une romance entre femmes, The Abandons portait en elle quelque chose de rare dans le paysage télévisuel : des personnages féminins puissants, adultes, centraux, dont la dynamique, la rivalité et la charge émotionnelle ont été immédiatement investies par une partie du public lesbien.
Dans un genre historiquement dominé par des figures masculines hétérosexuelles, voir deux femmes incarner l’autorité, la violence légitime, le pouvoir et la survie ouvrait la voie à ce qui aurait pu devenir la première grande série de western lesbien moderne, au sens culturel et symbolique du terme. L’annulation précoce de la série prive ainsi la communauté d’un territoire narratif encore presque vierge, où les imaginaires queer auraient pu s’ancrer durablement.
Ce sentiment de manque est d’autant plus fort que les œuvres lesbianfriendly dans des genres dits « virils » - western, thriller, action historique - restent rares et souvent fragiles. En mettant fin à The Abandons après une seule saison, Netflix referme une porte qui venait à peine de s’entrouvrir, et rappelle à quel point la représentation lesbienne demeure dépendante de logiques industrielles peu compatibles avec le temps long nécessaire à l’installation de nouveaux récits.
5. Kurt Sutter, les tensions créatives et l’épisode trop long
Autre pièce du puzzle : la série est associée au créateur Kurt Sutter (Sons of Anarchy), et plusieurs articles rapportent une sortie de route en coulisses. La presse spécialisée indique que Sutter aurait quitté le projet avant la fin de la production, sur fond de divergences créatives, et notamment d’inquiétudes autour de la durée du premier épisode. Un premier montage très long, proche d’un format film, aurait posé problème, et la solution aurait impliqué des ajustements, des reshoots, et donc des coûts supplémentaires sur une production déjà sous pression.
6. Lena Headey et Gillian Anderson : pourquoi le public lesbien s’est enflammé
Si The Abandons a déclenché autant de réactions, c’est aussi parce qu’elle cochait une case rare : un western centré sur des figures féminines puissantes, frontales et en rivalité. Lena Headey et Gillian Anderson y incarnent deux matriarches en duel, et ce simple dispositif a activé une partie énorme du public lesbien et sapphique, déjà très attaché à ces deux actrices qui espéraient éventuellement voir une romance se développer entre elles.
7. La bande annonce
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