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Portrait de la jeune fille en feu : un film lesbien radical sur le regard et le désir

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Portrait de la jeune fille en feu est un film lesbien réalisé par Céline Sciamma qui a marqué durablement le cinéma contemporain français. Situé à la fin du XVIIIᵉ siècle, le film raconte la rencontre entre deux femmes contraintes au silence par leur époque, mais capables de créer, dans l’intimité, un espace de liberté absolue. Loin des récits tragiques traditionnels, Portrait de la jeune fille en feu propose une histoire d’amour lesbienne construite sur le regard, le consentement et la réciprocité.

Sommaire

1. Un film lesbien sans regard masculin

L’un des gestes les plus radicaux de Portrait de la jeune fille en feu réside dans l’exclusion totale du regard masculin. Les hommes sont absents, hors champ ou sans pouvoir narratif. Le film ne cherche pas à justifier l’amour entre femmes ni à le rendre acceptable : il existe, simplement, pleinement, sans médiation. Cette absence structurelle permet à Céline Sciamma de construire une histoire lesbienne affranchie des codes habituels du cinéma hétérocentré.

Le désir ne passe pas par la possession, mais par l’observation attentive, la patience, l’écoute. Regarder devient un acte politique. Être regardée devient un acte de confiance.

2. Marianne et Héloïse : une relation fondée sur la réciprocité

La relation entre Marianne, peintre, et Héloïse, jeune aristocrate promise à un mariage arrangé, se construit lentement, sans précipitation. Le film refuse toute dynamique de domination. Aucune n’initie sans l’accord de l’autre. Aucun geste n’est volé. Chaque avancée est négociée, consciente, désirée.

Ce choix narratif est fondamental : Portrait de la jeune fille en feu propose une romance lesbienne où le consentement n’est pas un thème, mais une structure. Le désir naît de l’égalité, non du manque ou de la transgression.

Cette manière de raconter le désir, le silence et la mémoire s’inscrit dans une tradition de récits et histoires lesbiennes où l’amour se construit dans le regard, l’attente et ce qui ne peut être dit.

3. Le feu, la mémoire et l’impossibilité de durer

Le film n’est pas une utopie. Il sait que cette histoire ne peut pas durer dans le monde tel qu’il est. Mais au lieu de transformer cette impossibilité en tragédie punitive, Céline Sciamma en fait une réflexion sur la mémoire. Aimer, ici, ne signifie pas posséder ni conserver, mais vivre pleinement un instant, puis le porter en soi.

La dernière partie du film, entièrement construite autour du souvenir, inscrit l’amour lesbien dans le temps long de l’expérience intérieure. Ce qui a existé ne disparaît pas parce qu’il s’achève.

4. Une œuvre centrale du cinéma lesbien contemporain

Portrait de la jeune fille en feu est devenu une référence incontournable du cinéma lesbien, non parce qu’il cherche à représenter « toutes » les lesbiennes, mais parce qu’il affirme une possibilité : celle d’un récit où l’amour entre femmes est traité avec la même exigence esthétique, philosophique et émotionnelle que les grandes histoires d’amour du canon cinématographique.

Il s’agit moins d’un film militant que d’un film souverain. Et c’est précisément cette souveraineté qui en fait une œuvre politique.

5. Faut-il voir Portrait de la jeune fille en feu aujourd’hui ?

Oui, absolument - surtout si l’on cherche un film lesbien qui refuse les facilités narratives, les clichés esthétiques et les justifications permanentes. Portrait de la jeune fille en feu n’explique pas pourquoi cet amour est légitime. Il le montre, et cela suffit.

C’est un film exigeant, silencieux, parfois austère, mais profondément marquant. Un film qui ne se consomme pas : il s’imprime.

6. La bande annonce

7. FAQ : Portrait de la jeune fille en feu

7.1. Portrait de la jeune fille en feu est-il un film lesbien ?

Oui. Il s’agit explicitement d’un film lesbien centré sur une histoire d’amour entre deux femmes, sans détour ni sous-texte, et réalisé par une autrice lesbienne revendiquant un regard féministe et queer.

7.2. Le film est-il tragique ?

Non, au sens classique. Il n’y a ni punition morale ni drame spectaculaire. La séparation relève des contraintes sociales de l’époque, mais l’amour vécu n’est jamais nié ni dévalorisé.

7.3. Pourquoi ce film est-il devenu une référence lesbienne ?

Parce qu’il propose une représentation de l’amour entre femmes fondée sur l’égalité, le consentement et la mémoire, tout en atteignant un niveau d’exigence artistique rarement accordé aux récits queer.





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