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La belle saison, un film lesbien ancré dans l’histoire du féminisme français

La Belle Saison Film Lesbien Feministe

La Belle Saison est un film lesbien français réalisé par Catherine Corsini, sorti en 2015, qui mêle romance entre femmes, militantisme féministe et conflit entre liberté individuelle et héritage familial. Porté par Cécile de France et Izïa Higelin, ce long métrage explore une relation lesbienne intense dans la France rurale et militante des années 1970. Un film devenu une référence incontournable du cinéma lesbien et féministe.

Sommaire

1. Un film lesbien ancré dans l’histoire du féminisme français

Situé au début des années 1970, La Belle Saison s’inscrit dans une période charnière de l’histoire française, marquée par les luttes féministes, la libération sexuelle et la remise en question des normes patriarcales. Le film suit Delphine, jeune femme issue d’un milieu agricole conservateur, qui quitte la campagne pour Paris, où elle découvre le militantisme féministe et rencontre Carole.

Le récit capte avec justesse l’énergie collective de ces mouvements de femmes, leur radicalité joyeuse, mais aussi leurs contradictions. Corsini ne filme pas un féminisme théorique, mais un féminisme vécu, incarné dans les corps, les slogans, les gestes et les conflits, avec une attention particulière à ce qui se joue dans l’intime lorsqu’une conscience politique rencontre le désir.

2. Une romance lesbienne entre ville et campagne

Au cœur du récit, la relation amoureuse entre Delphine et Carole structure toute la narration. L’une est discrète, enracinée dans la terre et le silence familial. L’autre est urbaine, politisée, assumée dans ses désirs et ses engagements. Leur histoire d’amour met en tension deux mondes qui s’attirent autant qu’ils se heurtent, parce qu’ils n’imposent pas les mêmes risques, ni les mêmes renoncements.

La Belle Saison évite le fantasme et l’idéalisation. La relation lesbienne est filmée comme un lien réel, fait de désir, de peur, de compromis et de blessures. La question n’est jamais seulement d’aimer une femme, mais de savoir à quel prix cette liberté peut être vécue quand l’environnement social, familial et économique exige la discrétion, voire le mensonge.

3. Être lesbienne dans la France rurale des années 1970

Lorsque Delphine retourne à la ferme familiale, le film bascule vers une autre forme de violence, plus sourde, plus diffuse. Le poids de la famille, de la tradition et du regard social devient central. L’impossibilité de vivre ouvertement son homosexualité dans un milieu rural conservateur est traitée sans caricature, en montrant les mécanismes ordinaires qui enferment et les petites lâchetés imposées par la peur de perdre sa place.

La mère de Delphine, loin d’être un simple antagoniste, incarne une génération de femmes enfermées dans des rôles imposés. Le film rappelle ainsi que l’oppression ne se résume pas à des méchants identifiés, mais à des structures et à des héritages transmis, parfois avec amour, parfois avec dureté, souvent avec une forme d’aveuglement.

4. Un regard lesbien, politique et profondément humain

Catherine Corsini adopte un regard profondément lesbien sur ses personnages. Le désir entre femmes n’est ni spectaculaire ni voyeuriste. Il est filmé avec proximité et vérité, sans chercher à “prouver” quoi que ce soit au spectateur. Les scènes intimes servent le récit et la psychologie, jamais l’inverse, et elles racontent autant la liberté que la fragilité d’une relation exposée à la pression extérieure.

La mise en scène privilégie les gestes, les silences, les regards. Cette économie d’effets traduit une volonté claire : raconter une histoire d’amour entre femmes comme une expérience existentielle, pas comme une exception. Le film réussit là où beaucoup échouent, en laissant la tension morale et sociale créer l’émotion, plutôt que d’appuyer l’émotion par des démonstrations.

5. Pourquoi La Belle Saison est devenu un film lesbien incontournable ?

Avec le temps, La Belle Saison s’est imposé comme un film de référence du cinéma lesbien européen. Il parle à plusieurs générations de femmes aimant les femmes, par sa justesse émotionnelle, sa dimension politique et son refus des simplifications. Il rappelle que l’amour lesbien s’inscrit toujours dans une histoire, sociale, familiale et politique, qui dépasse les individus.

Ce n’est pas un film de revendication frontale, mais un film de transmission. Il raconte ce que coûte une liberté quand elle heurte des structures solides, et pourquoi certaines histoires d’amour ne se mesurent pas à leur durée, mais à ce qu’elles révèlent, déplacent et transforment, même quand elles laissent une trace douloureuse.

6. La bande annonce


Merci pour cet article.
5 hours ago
Your review
Merci pour cet article. La Belle Saison est réellement un film lesbien incontournable et, grâce à cet article je le comprends encore mieux.

Je vous remercie également pour tous les articles que vous publiez, ils sont toujours très instructifs.

Yolande.
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