Le souvenir d'Azaline, la nouvelle romance de Mélina Dicci
Résumé : L’amour est-il immortel ? C’est la question qu’Azaline, trente-cinq ans, ne s’est jamais posée, elle qui mène une existence bercée par les sarcasmes de sa famille et une vie amoureuse toute tracée. Coincée dans sa ville natale, Azaline rêve pourtant d’ailleurs, et comme plongée dans un songe lointain, elle attend…
Adèle, antiquaire de trente ans, en pleine rédemption, ne supporte plus les tourments de son âme. Enchainée malgré elle à un bien étrange destin, elle sillonne les routes des États-Unis à la recherche de pièces anciennes. Mais ses voyages épuisants, cachent une quête vaine et douloureuse… jusqu’à ce soir d’orage…
Certaines promesses traversent le temps… Celle d’Adèle et d’Azaline est éternelle…
EXTRAIT
Seize heures trente. J’effectue une dernière vérification dans le reflet du miroir, recoiffe en arrière mes cheveux courts et dorés. J’ai maquillé mon regard noisette de noir intense, comme pour l’assombrir. Encore une minute avant de quitter les lieux. Mon sac à dos, mon casque, je sors. Les couloirs sont désespérément vides. Il faut dire que la saison ne se prête pas vraiment à l’envahissement des touristes. Par la baie vitrée du rez-de-chaussée, je peux voir le ciel se parer de ses couleurs d’automne. J’aime cette période de l’année où la nature change de manteau avant de s’endormir jusqu’au printemps. Tout est si magique et mystérieux à la fois. Je trottine pour rejoindre l’accueil où je paie mon séjour avant de m’éclipser. La fraîcheur de la soirée m’étreint malgré le soleil qui enflamme les nuages, la ville de San Francisco est légèrement enrobée d’un fin brouillard. Ma Honda est garée sur le trottoir juste en face du bar qui jouxte l’hôtel. Avant d’enfiler mon casque et d’enfourcher ma cylindrée jaune et noire, je reprends mon souffle. Comme si mon cœur avait raté un battement, je me rappelle pourquoi je suis ici. J’ai fait une halte, pensant bêtement que je pourrais trouver ce après quoi je cours depuis des années. Sans succès. Il est temps de terminer ma quête dans cet endroit, puis de partir. Mes mains sur le guidon, j’accélère doucement. Les rues sont encore calmes, j’évite de passer par les arcades du centre-ville bien que l’envie de m’arrêter devant certaines bâtisses me taraude. Ma moto se faufile à une allure modérée avant de prendre de la vitesse une fois le Golden Gate passé. Qu’est-ce que j’aime San Francisco. Je voudrais y rester encore, mais mon détour a suffisamment duré, d’autant qu’il m’a occasionné plus de mal que de bien. Le moteur de ma Honda chauffe volontairement, il me faut arriver plus vite en haut de la colline qui surplombe la ville. Du coin de l’œil, j’observe la baie qui s’étale en contrebas et je crois entendre le ressac des vagues au loin. Rien n’a vraiment changé, du moins je l’espère. Mon rythme cardiaque devient fou lorsque je rejoins le plateau. Perché au-dessus du fameux pont orangé, la vue est splendide. Je suis fébrile en apercevant ce belvédère sur la droite. Je gare ma moto et, toujours à califourchon, je prends une grande inspiration. Béquille, moteur coupé, je descends. Je retire mon casque, mes yeux se perdent un moment sur ce paysage merveilleux. Ils ont installé une barrière en bord de falaise et planté des arbustes. Il est vrai que cela embellit le lieu déjà féérique.
— Allez, Adèle, tu n’as pas fait tout ce chemin depuis New-York pour flancher maintenant !
Je me parle à moi-même pour me donner du courage. De mon sac à dos, j’extirpe une pelle minuscule que j’ai emportée avec moi. Espérons qu’elle soit suffisamment longue pour percer le sol. Un doute me traverse. L’esplanade est grande, j’ignore par où commencer, d’autant que la terre a sans doute été remuée à de maintes reprises.
— Creuse, Adèle !
Puisqu’il faut bien commencer quelque part, mon choix se porte sur la bute près de la barrière. À quelle profondeur ? Aucune idée. Pourvu que personne ne passe par-là, on me prendrait pour une folle à fouiller le sol de la sorte. Je donne de larges coups de pelle, plonge jusqu’à environ cinquante centimètres à chaque fois. Et si je ne trouvais rien ?
Indispensables
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