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Interview de Cherylin A. Nash et Lou Jazz pour "Star Light, principes renversés"

Inter Ch Lou

La première partie du titre de votre roman Star Light : Principes renversés laisse aisément deviné à quel genre il appartient. La seconde, Principes renversés, est un peu plus mystérieuse. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ces fameux principes renversés, sur leur nature et leur signification ?

Lou : Pour le personnage que j’incarne, Skylan, principes renversés s'adresse à une femme soldat qui a des fondements solides, une manière de penser très carrée, droite. Cette mission va tout remettre en cause, donc par ce fait bouleverser et remettre en question tout ce en quoi elle croit.

Chery : Principes renversés concerne surtout les personnages, comme l’a mentionné Lou. Pour Nerys il s’agit avant tout de la manière dont cette aventure va remettre en question la façon dont elle approche la vie. Son rôle dans l’histoire et sa rencontre avec Skylan va être le déclencheur de tout ce chamboulement.  On peut faire le lien avec notre réalité pour aller plus loin. Parfois une rencontre change un quotidien, change notre façon d’appréhender ce qui nous entoure, nous remet en question.

C’est toujours intrigant de voir qu’il y a deux noms d’auteur sur la couverture d’un livre. Qu’est-ce qui vous a amené à mettre vos talents en commun ? Quels sont selon vous les avantages et les difficultés propres à l’écriture à quatre mains ? A-t-il été difficile pour vous d’arriver à certains consensus narratifs, quant à l’intrigue, les personnages, la division du roman, etc. ?

Lou : Pour dire vrai, tout a commencé comme une blague. Nous nous connaissions depuis quelques années avant qu’on débute l’écriture. On s’est lancée dans une histoire sans vraiment y réfléchir plus que ça et des personnes nous ont suivis et encouragés. Nombreuses sont d’ailleurs celles qui nous suivent toujours. Nous en profitons pour les remercier.

Les avantages sont nombreux selon moi. Il y en a toujours une qui pousse l’autre dans les passages ou les moments de blocage. Nous avons aussi presque toujours des idées à foison. Un avantage considérable dans l’écriture à quatre mains, c’est aussi la possibilité de surprendre notre co-auteure en conservant de petits secrets même si l’on construit l’histoire ensemble. Ça a un côté sympa et très entraînant, en tout cas pour nous c’est une dynamique qui fonctionne bien.

Les difficultés propres à l’écriture à quatre mains, pour nous, c’est surtout quand l’une de nous a une idée et que l’autre n’est pas forcément d’accord. Parfois, pour des raisons personnelles ou créatives, on ressent le besoin d’aller au bout d’une idée. La plupart du temps nous trouvons un terrain d’entente heureusement. Il est important pour nous d’être en accord avec tout ce que l’on aborde. La seconde difficulté à laquelle nous sommes particulièrement vigilantes, c’est de laisser de la place à chacune.

Sur Star Light spécifiquement, nous n’avons pas rencontré de difficultés particulières. Sauf peut-être pour la fin. Nous avions une divergence d’opinions. Je voulais une fin totalement différente de ce qu’imaginait Chery. Nous sommes parvenues à un consensus. Finalement, nous avons retenu un peu de chacune de nos idées pour une fin qui a su nous mettre d’accord.

 

À ce sujet, encore. Comment vous êtes-vous divisé le travail d’écriture ? Votre roman compte deux narratrices, Sky et Nerys. Est-ce que l’une de vous incarnait en quelque sorte Sky et l’autre Nerys ?

Lou : Oui c’est exact, nous incarnons chacune l’un des personnages. Comme je l’ai dit plus haut j’ai écrit le personnage de Skylan. Cherylin, quant à elle, a rédigé l’histoire de Nerys.

Cherylin : J’ajouterai que l’on se partage le travail pour les dialogues essentiellement. Chacune de nous écrit l’intégralité des discours de son personnage. Nous nous divisons aussi les personnages secondaires. Pour ce qui est des idées de chacune, nous travaillons avec une trame générale. De cette manière chacune de nous peut apporter ses idées à travers ses points de vue et le corps de texte qui lui appartient.

 

Skylan est une militaire, et plus précisément, elle appartient à un commando d’élite. Qu’est-ce qui vous a donné envie de créer un personnage militaire ? Comment vous êtes-vous renseignés pour les détails relatifs à son travail et sa formation ? Aviez-vous des connaissances relatives à l’armée avant d’aborder l’écriture de votre roman ?

Lou : Je ne sais pas trop, mais cela s’est fait naturellement pour les besoins de l’histoire. Je ne me voyais pas écrire le personnage de Nerys. J’ai regardé beaucoup de documentaires sur le GIGN, les navy seals et les commandos entre autres. Cela dit, Star Light montre davantage une mission d’infiltration pour Skylan que l’organisation militaire à proprement parler.

 

L’homoromance a été bien peu abordée dans l’univers de la science-fiction. Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de situer votre romance lesbienne dans un space opera ?

Cherylin : Berçant dans des univers de science-fiction et de fantastique, nous souhaitons élargir l'étendue des textes destinés et disponibles à des femmes qui cherchent comme nous l'évasion et l'aventure. Le fait que Star Light soit un space opera correspond à notre envie de nous essayer à ce sous-genre de science-fiction. Pour ce roman, il faut entendre par space opera un texte dont l’univers se déroule sur une planète annexe au système galactique terrien. Nous avons choisi ce contexte parce que nous avions envie d’une romance lesbienne lointaine et capable de nous extirper des sentiers battus.

 

Le thème du secret est omniprésent dans votre roman, rien n’est jamais tel qu’il le paraît.  De plus, Nerys traîne un lourd passé derrière elle, et Sky est souvent forcée de mentir dans le cadre de son travail. Pourquoi cette récurrence des secrets, des mystères, dans votre œuvre ? Croyez-vous qu’une auréole de mystères est ce qui rend un roman intéressant ?

Lou : Je pense pour ma part qu’il faut une part de secrets, oui. Je déteste par-dessus tout lire un livre dont j’arrive à percevoir la fin au bout de seulement quelques pages.

 

Nerys a un rêve : celui de quitter Arsum, de travailler pour l’AITV et cie pour pouvoir visiter d’autres planètes, bref, elle rêve de voyages. Quand est-il pour vous ? Est-ce un rêve que vous partagez avec votre personnage ? Avez-vous ce désir de tout voir, de tout connaître, de découvrir de nouveaux horizons, de visiter d’autres pays, voire peut-être un jour, d’autres planètes ?

Chery : Oh c’est sûr, Nerys rêve de nouveaux horizons. Elle n’a absolument pas peur de parcourir l’espace ou la planète à pied avec sa gourde pour seule compagnie. Je ne suis absolument pas comme ça. J’aimerais découvrir des paysages surprenants, mais la partie voyage est plutôt angoissante pour moi. S’il suffisait d’être téléportée à l’endroit précis où l’on souhaite, alors je serais une grande voyageuse ! Je prendrais donc la question à contre-pied en précisant qu’à travers mon personnage j’ai voyagé sans peur.

 

Souvent, ce qui fait la force d’un roman, ce qu’il fait qu’il nous restera en mémoire, ce sont souvent des détails, des petits riens. Dans Star Light, l’un de ces fameux détails, ce sont ces melons du désert qui poussent un peu partout sur Asrum et dont les habitants tirent de l’alcool et même, du soda. Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de cette culture particulière ? Pourquoi ce fruit plutôt qu’un autre ? A-t-il une signification particulière pour vous ?

Chery : Il fallait que je trouve un fruit capable de survivre aux conditions désertiques. Après quelques recherches (oui, parfois on fait des recherches étonnantes ! ) j’ai trouvé un fruit qui m’y a fait penser. Je laisse à Lou le soin de prendre la suite.

Lou : Ma comparse a utilisé les melons du désert, car, comme mon personnage dans l’histoire, je déteste ça. Elle a simplement voulu me taquiner. Aujourd’hui encore on en rigole, d’autant plus grâce à cette question ! Le concept de se taquiner à l’écrit par des clins d’œil personnels a une signification importante pour nous : notre complicité.

 

Nerys vit dans une profonde solitude. Elle n’a aucune attache, manque de confiance en elle et peine à partager ses pensées et ses sentiments. C’est, en quelque sorte, une femme traumatisée, qui a bâti un mur autour d’elle pour se protéger. Croyez-vous que l’isolement, la peur même, dans laquelle vit Nerys sont des sentiments que partagent beaucoup de femmes ? Que croyez-vous qu’on puisse faire pour se sortir d’une pareille solitude ?

Cherylin : Les craintes et les doutes de Nerys sont pour moi une vaste analogie à ce que peut traverser une femme, à certains moments de sa vie, pour diverses raisons, mais pas que les femmes. Au-delà de l’isolement et de la peur dans laquelle vit Nerys, elle porte aussi le courage et la volonté. L’aventure qu’elle va vivre peut-être comparée à une succession de petits objectifs qu’elle imagine accessible. Je pense que pour se sortir de pareilles meurtrissures il faut avant tout avancer à petits pas jusqu’à pouvoir retrouver son rythme de vie en toute confiance. Quelles que soient les origines de ce mal-être, je pense qu’il faut avant tout apprendre à s’écouter, à accepter ce dont on est capable, ou pas, et surtout ne jamais fermer la porte à la communication. J’entends communication au sens large, que ce soit par une interface ou de façon réelle.

 

Privilégieriez-vous la science-fiction dans vos prochains écrits, ou aborderez-vous plutôt un genre nouveau ?

Lou : La science-fiction est un genre qu’on apprécie écrire. Dans notre prochain ouvrage, il en sera aussi question, mais dans un autre sous-genre. Cette fois on ira chercher le futur non pas dans son expansion spatiale, mais plutôt sur notre planète et dans des conditions plus inquiétantes.

 

 

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