Beacon 23 : Lena Headey incarne une femme lesbienne dans la série sci-fi… mais est-ce une réussite ?
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Beacon 23, diffusée sur Apple (vu via Amazon Prime), met en scène Lena Headey dans le rôle d’Aster, une agente bisexuelle au caractère affirmé. Huis clos spatial oppressant, mystère cosmique et intelligence artificielle sarcastique : la série avait tous les ingrédients pour nous séduire, surtout Lena Heady que toutes les lesbiennes connaissent pour son rôle lesbien dans "Imagine me and you" . Pourtant, la manière dont la queerness est traitée soulève de vraies questions.
Chronique et présentation d’une production ambitieuse mais frustrante sur le plan de la représentation lesbienne. (attention, il y a des spoilers)
Sommaire
- Beacon 23 : présentation de la série et de son univers spatial confiné
- Lena Headey en Aster : une performance magnétique et charismatique
- La représentation queer dans Beacon 23 : inclusion superficielle ou tokenisme ?
- Les tropes queer problématiques qui plombent la série
- Les points forts qui sauvent (un peu) Beacon 23
- Chronique : faut-il encore accepter des représentations queer médiocres en 2026 ?
- Y'aura-t-il une saison 3 à Beacon 23 ?
- Quelques images en video
- FAQ - Beacon 23, représentation lesbienne et avenir de la série
- Beacon 23 est-elle une série lesbienne ?
- Lena Headey joue-t-elle un personnage queer dans Beacon 23 ?
- Beacon 23 a-t-elle été annulée ?
- Où regarder Beacon 23 en streaming ?
- Existe-t-il de meilleures alternatives lesbienne en science-fiction ?
- Pourquoi la représentation queer de Beacon 23 est-elle critiquée ?
1. Beacon 23 : présentation de la série et de son univers spatial confiné
Beacon 23 est une série de science-fiction psychologique américaine créée par Zak Penn, adaptée des nouvelles de Hugh Howey (l’auteur à l’origine de Silo sur Apple TV+). Lancée en novembre 2023 sur MGM+, la première saison compte huit épisodes. L’histoire se déroule dans un futur lointain où l’humanité a colonisé une grande partie de la galaxie. Les beacons sont des stations isolées servant de phares cosmiques : elles guident les vaisseaux à travers les zones de matière noire et assurent la sécurité de la navigation interstellaire.
L’intrigue suit Aster Calyx (Lena Headey), une agente envoyée sur Beacon 23 pour enquêter sur des anomalies. Coincée avec Halan (Stephan James), ancien militaire devenu gardien solitaire de la station, elle doit affronter des menaces invisibles, des hallucinations et un artefact énigmatique qui bouleverse leur perception de la réalité. La série excelle dans la création d’une atmosphère claustrophobe : tout se passe dans cette immense structure métallique perdue dans l’espace, sans jamais quitter le beacon. Ce huis clos spatial évoque parfois Annihilation ou certains épisodes de Black Mirror.
L’intelligence artificielle Bartholomew apporte une dose d’humour bienvenue et rend la station presque vivante. Le world-building est efficace et discret : factions politiques, corporations interstellaires et communautés galactiques sont évoquées sans lourdes explications. Le rythme lent et parfois volontairement opaque renforce l’immersion, même s’il peut dérouter certains spectateurs.
2. Lena Headey en Aster : une performance magnétique et charismatique
Lena Headey livre une interprétation remarquable en Aster Calyx. Sarcastique, assurée, dotée d’un humour noir et d’une présence magnétique, son personnage incarne à merveille l’archétype de la femme badass de science-fiction. Avec ses tresses soignées, ses tenues fonctionnelles et son attitude directe, Aster dégage une énergie brute et sensuelle. Les fans de l’actrice (célèbre pour Cersei Lannister dans Game of Thrones) retrouvent avec plaisir cette intensité dans un rôle queer assumé.

Le casting secondaire est convaincant : Stephan James apporte de la vulnérabilité à Halan, Natasha Mumba impressionne en Harmony, et des apparitions comme celle de Barbara Hershey ajoutent du relief et du glamour. Les costumes, particulièrement réussis, laissent deviner très tôt l’identité queer d’Aster grâce à des choix visuels subtils mais clairs.
3. La représentation queer dans Beacon 23 : inclusion superficielle ou tokenisme ?
Aster est explicitement bisexuelle. Sa queerness est révélée à travers une relation passée (et conflictuelle) avec Coley, incarnée par Sandrine Holt. Leur dynamique est tendue, chargée de non-dits et de ressentiment. Malheureusement, Coley n’apparaît que dans un seul épisode et cette liaison n’a quasiment aucun impact sur l’arc narratif d’Aster ni sur l’intrigue globale.
Cette représentation donne l’impression d’avoir été ajoutée pour cocher une case plutôt que pour enrichir le personnage. Sans cette unique scène, rien n’indiquerait l’orientation sexuelle d’Aster. La bisexualité reste périphérique, presque décorative. Cela pose une question légitime : une inclusion minimale vaut-elle mieux qu’aucune inclusion ? Ici, l’approche frustre davantage qu’elle ne satisfait.
4. Les tropes queer problématiques qui plombent la série
Au-delà de l’aspect superficiel, Beacon 23 verse dans plusieurs tropes queer classiques et problématiques, notamment dans l’épisode 3. Sans spoiler lourdement, on retrouve des dynamiques biphobes (promiscuité supposée, accusations d’instabilité affective), des manipulations émotionnelles et des conséquences narratives qui rappellent des schémas frustrants pour la communauté LGBTQ+. Ces choix renforcent des stéréotypes plutôt que de les déconstruire.
Comparée à des séries comme The Expanse, Sense8 ou même Station Eleven, Beacon 23 rate l’occasion d’offrir une représentation nuancée et mémorable. Lena Headey mérite un rôle queer mieux écrit, où la bisexualité ne sert pas uniquement de ressort dramatique jetable.

5. Les points forts qui sauvent (un peu) Beacon 23
La série réussit parfaitement son ambiance : l’immensité de l’espace ressentie dans un lieu confiné est saisissante. Bartholomew, l’IA sarcastique, vole souvent la vedette grâce à son humour pince-sans-rire. Le mystère autour de l’artefact et des visions maintient une tension psychologique constante. Les performances principales compensent largement un scénario parfois trop opaque.
Si vous aimez les huis clos spatiaux introspectifs et les actrices charismatiques, Beacon 23 peut vous plaire. Mais pour une représentation queer positive, assumée et célébrée, des œuvres comme Imagine Me & You (avec Lena Headey elle-même), Gentleman Jack, The Owl House ou Heartstopper restent bien plus satisfaisantes.
6. Chronique : faut-il encore accepter des représentations queer médiocres en 2026 ?
Beacon 23 illustre un paradoxe persistant : l’inclusion queer progresse en quantité, mais souvent au détriment de la qualité. Voir Lena Headey en bisexuelle badass est un plaisir visuel et charismatique indéniable, mais l’écriture ne suit pas. Cela rappelle que la diversité ne suffit pas : elle doit être authentique, respectueuse et intégrée à l’histoire.
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Pour les spectateurs qui cherchent des personnages lesbiens, bisexuels ou queer réellement développés, cette série déçoit. Elle renforce le sentiment que la queerness est parfois ajoutée « parce qu’il faut » plutôt que pour servir le récit. Espérons que les futures saisons (si elles voient le jour) corrigent le tir. En attendant, Beacon 23 reste une curiosité pour les amateurs de science-fiction psychologique, mais pas un modèle de représentation LGBTQ+ réussie.
Pour celles qui recherchent des univers de science-fiction où les personnages lesbiens sont réellement développés, complexes et centraux à l’intrigue, nos romans de science-fiction lesbiens proposent des récits plus audacieux et plus cohérents que ce que la série parvient à offrir.
7. Y'aura-t-il une saison 3 à Beacon 23 ?
La série de science-fiction Beacon 23 est revenue début 2024 pour une deuxième saison avant d’être officiellement annulée, mettant fin à toute perspective de saison 3. Malgré un concept ambitieux et un potentiel narratif réel, les critiques des deux saisons sont restées globalement mitigées, soulignant notamment la faiblesse de l’écriture des personnages selon les agrégateurs spécialisés comme Rotten Tomatoes.
La saison 2 n’ayant pas corrigé ces défauts, la série n’a pas réussi à convaincre un public suffisamment large. Si MGM+ n’a pas communiqué de chiffres précis, l’annulation semble principalement liée à une audience jugée insuffisante, un facteur déterminant pour une plateforme de taille plus modeste, contrainte de limiter les projets coûteux et risqués. En conséquence, Beacon 23 s’arrête après deux saisons, sans avoir eu l’occasion de pleinement exploiter son potentiel ni de se réinventer sur la durée.
Dommage pour nous. Espérons que des autrices sauront s'inspirer du personnage pour créer leur propre univers sci-fi lesbien !
8. Quelques images en video
9. FAQ - Beacon 23, représentation lesbienne et avenir de la série
9.1. Beacon 23 est-elle une série lesbienne ?
Non. Beacon 23 n’est pas une série lesbienne à proprement parler. Elle met en scène un personnage principal bisexuel, Aster, interprété par Lena Headey, mais la queerness reste secondaire et peu développée dans l’intrigue. La série s’inscrit avant tout dans la science-fiction psychologique, avec une représentation queer minimale.
9.2. Lena Headey joue-t-elle un personnage queer dans Beacon 23 ?
Oui. Lena Headey incarne Aster Calyx, un personnage explicitement bisexuel. Cette orientation est évoquée à travers une relation passée avec un autre personnage féminin, mais elle n’est que très peu intégrée à l’évolution narrative du personnage.
9.3. Beacon 23 a-t-elle été annulée ?
Oui. La série Beacon 23 a été annulée après deux saisons. MGM+ a confirmé qu’il n’y aurait pas de saison 3, principalement en raison d’une audience jugée insuffisante et de critiques mitigées, malgré un concept de science-fiction ambitieux.
9.4. Où regarder Beacon 23 en streaming ?
Beacon 23 est une série originale de MGM+. Selon les régions, elle peut être accessible via des plateformes partenaires comme Amazon Prime Video, sous forme d’abonnement additionnel.
9.5. Existe-t-il de meilleures alternatives lesbienne en science-fiction ?
Oui. Pour celles et ceux qui recherchent une science-fiction avec une représentation lesbienne plus aboutie, certaines séries et œuvres littéraires proposent des personnages lesbiens ou bisexuels pleinement intégrés au récit, avec une vraie profondeur psychologique et narrative. La littérature, en particulier, offre souvent davantage de liberté et de cohérence que les productions télévisées formatées.
9.6. Pourquoi la représentation queer de Beacon 23 est-elle critiquée ?
La série est critiquée pour son traitement superficiel de la bisexualité du personnage principal, ainsi que pour l’utilisation de tropes queer problématiques. La queerness semble ajoutée de manière décorative, sans impact réel sur l’intrigue ni sur l’évolution du personnage.
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