"Quand la nuit tombe" - Un roman policier par Mélina Dicci

| Chantal Trembley | Livres lesbiens

Nuit Tombe Policier Lesbien Melina Dicci

Découvrez le premier roman policier de Mélina Dicci. Faites la connaissance de Sofia Spinoza, une flic au tempérament de feu et de l’agent du FBI Faith Falkner, prise  toutes les deux au cœur d’une enquête sous haute tension sur les traces d’un tueur en série.

Résumé : Sofia Spinoza, enquêtrice à la criminelle de Berwyn tout près de Chicago, pensait en avoir terminé avec son passé tourmenté. Mais le destin semble s’acharner une fois de plus, car de mystérieux et sanglants meurtres plongent Berwyn dans la peur. Inspiré par l’œuvre de Charles Jospeh Sharp, un criminel mis sous les verrous par Sofia quelques années plus tôt, le tueur s’attaque à de très jeunes femmes, au hasard. Pour Sofia, il s’agit d’un savant imitateur. Épaulée malgré elle par l’agent Faith Falkner du FBI, elles devront ensemble se lancer dans une quête aussi effrayante que troublante. Parviendront-elles à mettre de côté leurs différends afin de coincer celui qui terrifie toute la ville ? Que va leur réserver cette enquête sous tension ?

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EXTRAIT

Je suis la première à m’avancer sur le perron. Arme à la main, je retiens ma respiration. La pluie a cessé de tomber, mais je suis trempée de la tête aux pieds, de mes cheveux coiffés en queue de cheval, mon gilet pare-balles, le tee-shirt dessous, mon jean et jusqu’à mes chaussettes dans mes bottines. Pas très étonnant, on poirote depuis une heure sous la flotte, à attendre les renforts qui ne se pointent toujours pas. Je n’ai pas le droit de râler bien que j’en meure d’envie. Le devant de cette maison en bois baigne dans les ténèbres. Ceux qui se trouvent à l’intérieur ne tiennent pas à ce qu’on remarque leur présence. Tu m’étonnes ! Un coin bien tranquille dans un quartier résidentiel, la planque idéale. Je me tourne vers Andrew, mon coéquipier qui se tient juste derrière moi. Je ne vois pas l’entièreté de son visage dans cette pénombre, pourtant je comprends à son regard sombre qu’il s’inquiète. Des interventions musclées, nous en avons connues en un an et demi de collaboration. Celle-ci est différente. Andrew et moi, nous filons ce groupe de trafiquants depuis six mois. Une enquête sous haute tension, de multiples arrestations, sans pour autant mettre la main sur le chef de gang. Ce soir, la chance a tourné. Il est là, c’est certain, dans cette petite bâtisse de banlieue sans prétention. Lui et tout le reste du groupe. Ils se préparent à fuir de l’autre côté du pays, se fondre dans la masse et disparaître des radars. Un classique, une fois qu’ils auront refourgué toute leur drogue, ils deviendront indétectables. Ce sera sans moi, hors de question que cet enfoiré s’en sorte. Andrew me fait signe que son oreillette grésille. La mienne également. Probablement la pluie qui brouille les ondes. À l’autre bout de la communication, Ed Pullman. Resté près de la voiture, il nous fait part de son désaccord sur ce que nous avons l’intention de faire.

— Brady a dit d’attendre !

Je lève les yeux au ciel et me mords le poing. Quel salopard celui-ci. Dans le genre lâche, on ne fait pas mieux sur le marché. Ce Texan, au regard vert et à la mâchoire carrée, a la fâcheuse tendance à jouer des coudes au poste, mais sur le terrain : plus personne ! Déjà certaine que je n’allais pas m’entendre avec lui dès son premier jour dans notre équipe, j’étais loin du compte. Il aurait mieux fait de rester dans son ranch de bouseux ! Andrew m’adresse un sourire amusé et porte son poignet à sa bouche afin de lui répondre.

— Arrête de faire ta fillette et ramène-toi !

Je jubile. Qu’est-ce que je ferais sans lui ? Nous nous concertons du regard, puis je pose la main sur la poignée. Nouveau grésillement.

— Spinoza, fais demi-tour ! Vous attendez les renforts !

Cette fois-ci, c’est la voix rauque de Brady qui résonne dans mon oreille. Je bous intérieurement.

— Ils vont se faire la malle si on n’entre pas maintenant !

Je peste car je sais. Par deux fois nous avons perdu leur trace à cause d’une intervention hasardeuse. Attendre, toujours et encore. Je ne tiens pas à ce que les choses dérapent ce soir, je veux seulement les coincer pour de bon.

— Fais pas chier, d’accord ! Les stups sont là dans moins de dix minutes !

Je serre les dents. Mes rapports avec Brady sont bons de manière générale, mais quand il s’agit de sortir du cadre, les choses se compliquent. Lui est très conventionnel, moi pas du tout. Je suis une forte tête comme il aime dire aux autres, tout en les encourageant gentiment à prendre exemple sur moi. Au fond, je sens bien qu’il est fier de me compter parmi son effectif, malgré mes frasques. Être une flic exemplaire ne m’intéresse pas, mon seul but est de coffrer les salopards qui rendent la vie cauchemardesque à ceux qui se tiennent tranquilles. Finalement, Pullman nous rejoint, ventre à terre. Andrew le taquine du regard. À trois, on parviendra peut-être à en arrêter quelques-uns. Je réfléchis à mille à l’heure, il s’agit de ne surtout pas merder. La vie des collègues en dépend aussi, je ne suis pas seule. Inutile de se pencher plus longtemps sur la question, je n’attends pas ici complètement gelée pour faire demi-tour maintenant.

— On entre !

— Sofia !

Brady gronde, moi je tourne la poignée et pousse le battant avec prudence. Premier constat, tout est noir dans le vestibule. Andrew se rapproche de moi, arme au poing, regard vissé sur le moindre mouvement. Je sens le parfum musqué d’Ed dans mon dos. Nous pénétrons dans la cuisine. Rien. Idem pour la pièce principale. Malgré un fabuleux bordel, personne à l’horizon. Andrew se penche dans l’escalier qui mène à l’étage. Nous devons rester silencieux, alors nous parlons avec des signes, nous marchons doucement. Le parquet craque très légèrement sous nos pas. Ed m’interroge du regard. Je sais ce qui le tracasse. Les trafiquants ne sont pas là. Soudain, j’entends des voix. Sous l’escalier, je remarque une porte fermée avec un filet de lumière au niveau du sol. J’indique à Andrew que nous allons devoir descendre au sous-sol.

— Spinoza ! Rapport ! braille Brady dans nos oreilles.

— R.A.S dans la maison, ils sont dans la cave !

— OK, laissez tomber, on ne sait pas combien ils sont… faites gentiment demi-tour !

Je grimace et retire frénétiquement mon oreillette. Merde, à trente-trois ans, j’ai passé l’âge qu’on me parle comme à une gamine.


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