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Comment survivre ? C’est la question au cœur de L’amour en noir. Comment survivre lorsque grandir est une souffrance? Comment survivre lorsque tout ce qu’on connaît, ce sont les sévices, la haine et le viol? À quoi se raccrocher, lorsque les bourreaux de nos jours et de nos nuits, ce sont notre père et notre frère? À quelle lumière croire, lorsque celle-là même qui nous a engendrés ferme les yeux devant leurs actes, donne son accord silencieux aux désirs de leurs mains perverses ? Il ne reste qu’une seule force, qu’un seul espoir : l’Amour. Notre cœur inaltéré, notre cœur adolescent, y croit encore. Le droit d’aimer. Le droit d’être aimé. Le droit au bonheur.

Du moins, Jessy, dix-huit ans, délivrée depuis peu de l’emprise familiale, y croit de tout son cœur lorsqu’elle rencontre Sandra, superbe jeune femme de vingt-cinq ans. Celle-ci, après avoir sauvé Jessy d’une agression au coin d’une ruelle, la recueille chez elle. Il ne faut pas beaucoup de temps pour que le désir, et l’amour, naissent entre les deux femmes. Jessy se raccroche désespérément à Sandra, puise en elle toute sa volonté de vivre et d’être heureuse. Mais voilà, Sandra, elle aussi, cache un lourd passé. Elle peine à accepter ses propres sentiments et s’échine à repousser Jessy, qu’elle appelle obstinément « sa petite sœur ».

C’est une romance bien noire que nous propose Gaya Tameron. Portée par un style simple et sensible, en parfait accord avec la voix de la jeune narratrice, nous suivons avec beaucoup d’émotions le parcours souvent tragique de Jessy. Les conséquences de l’inceste sur ses victimes, l’impulsivité, la haine de soi, les pensées suicidaires sont rendues avec une rare acuité par l’auteure. Malheureusement, L’amour en noir sombre parfois dans certains clichés propres à la romance. Les motivations des personnages sont parfois floues, et l’intrigue se fait mièvre par moment et manque de nuances. C’est soit tout blanc ou tout noir. Tout noir, le plus souvent.

L’amour en noir, tragique à souhait, ne sera pas sans vous arracher quelques larmes.

au_temps_qui_passe_backUne ile – une tempête – un secret. Les éléments se déchainent, le vent siffle rageusement, l’océan déborde et les arbres cassent. Leurs branches s’envolent et frappent contre les volets. Le verre éclate. La nature, enfiévrée, est à l’image du cœur humain. Les sentiments ont été tus depuis trop longtemps. Les railleries, les humiliations, l’abandon, toutes ces blessures enfermées dans un coffre depuis des années se réveillent. La serrure saute, et bientôt, il est trop tard, la haine surgit, intacte. Et c’est la plus irrationnelle des haines, car elle est née de l’amour.

C’est dans cet univers riche en couleurs et en émotions que nous jette Magali Junjaud. Tout commence par un enterrement. Julie, amie chère de Charlotte et de Patricia, est décédée après de longs mois de maladie. Mais voilà, elles ne se sont pas vues depuis des années, et tout les oppose, hormis leur inimitié. Charlotte pleure à chaudes larmes; Patricia est incapable d’un sanglot. Charlotte cherche l’attention et le réconfort; Patricia ne réclame que la solitude. Charlotte a été incapable de supporter l’agonie de Julie; Patricia, elle, l’a supportée jusqu’à son dernier souffle. Les premiers mots qu’elles s’échangent sont sans appel : « Sans cœur » murmure Charlotte. « Hypocrite. » réplique Patricia, sans même un regard.

Ces paroles entre les deux femmes donnent le ton au récit entier. Chaque réplique est savoureuse et empreinte de ce venin irraisonné. L’auteure manie avec subtilité l’art du dialogue, laissant penser au lecteur que quelque chose se cache certainement sous des propos aussi véhéments. Pourtant, le passé et ses secrets ne sont révélés qu’au compte-gouttes dans des flash-backs qui donnent toute leur profondeur aux personnages.

Bref, les dialogues donnent une note grinçante, sardonique, à l’ensemble du récit. Si j’ai parfois eu l’impression de lire une satire rudement bien menée sur les rapports amoureux et essuyé de nombreux fous rires devant les maintes situations rocambolesques, les larmes ne sont pourtant pas loin. En effet, la présence de Julie, l’amie disparue, est omniprésente dans l’histoire. On sent comment sa perte est douloureuse pour les deux amies, mais surtout pour Édouard, son veuf. Si douloureuse et si profonde que j’ai eu envie de l’avoir connue, moi aussi.

Entre le rire et les larmes. Tel est Au temps qu’il passe.

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Par Anaïs Paquin

 

Clarisse est bien déterminée à changer de vie. Elle quitte Grenoble pour entamer une nouvelle formation professionnelle. Elle laisse derrière elle son appartement, son milieu, ses amis, son passé. Son cœur est blessé, et elle voudrait enfin y poser un baume.  Bientôt, Clarisse rencontra Catherine, sa formatrice aux envoûtants yeux verts. Elle est loin de se douter que c’est peut-être la fin de son incurable solitude…

Personnellement, c’est ce qui m’a le plus touché chez Clarisse, cette solitude. En effet, Clarisse vit en quelque sorte dans un monde à part. Elle s’isole des autres, porte des vêtements gothiques, et dans ses temps libres, reste dans son appartement, oisive, à regarder la télé ou à écouter de la musique. Même lorsqu’elle sort, elle n’arrive pas à se fondre à la foule comme si elle était entourée d’un mur de verre.

L’isolement de Clarisse m’a littéralement serré le cœur. De fait, l’auteure réussit à nous faire entrevoir d’une manière simple et incisive ce que c’est qu’au quotidien, être différent. À cause de son orientation sexuelle, Clarisse sait qu’elle ne peut tout partager avec ses camarades. En effet, comment pourrait-elle parler de garçons avec les autres filles, lorsque c’est le doux visage de son enseignante qui fait battre son cœur? Et puis, Clarisse n’est pas seulement différente parce qu’elle est lesbienne. La vérité, c’est qu’elle cache un cœur naïf et gourmand, qui aime sans concession ni double mesure.

C’est tout le contraire de Catherine. Catherine est une femme un peu lointaine, dont les émotions et les gestes sont empreints d’ambiguïté. Un instant, elle semble se donner entièrement à l’être aimé, et celui d’après, elle l’ignore et le repousse. Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de spécifier, qu’en amour, Catherine fait des flammèches…

Je n’en révélerais pas plus. Je rajouterais seulement qu’en lisant l’Essence de l’amour, on découvrira une romance délicate, portée par un style simple et doux. Les descriptions, précises, réussissent à nous plonger directement dans le quotidien de Clarisse, celui d’une femme qui retourne aux études et qui recommence presque à zéro. Surtout, on découvre une romance où l’amour n’est pas  toujours si facile, où les émotions et les conflits abondent, mais aussi les remises en questions.

On tourne les pages avec avidité, envahi par la passion, comme si on tombait amoureux, nous aussi.

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Par Anaïs Paquin

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