Autres temps, autres moeurs
EXTRAIT
Il était une fois un pays fait d’or et de sable. De grandeur et de détails minutieux. À une époque où l’existence des gens simples sur terre ne tenait qu’à un léger fil de lin, le monde des Dieux étalait sa présence rassurante dans cette région du globe. Esclaves, paysans, marchands, scribes, nobles, tous vivaient quotidiennement entourés de divinités toutes plus splendides, plus puissantes et plus adulées les unes que les autres. Chaque mur fermant un temple, chaque colonne soutenant un toit massif s’ornaient de hiéroglyphes mystiques relatant la vie et l’au-delà des dieux et des déesses. Les humains, de simples coques corporelles espérant plus que tout rejoindre sans encombre ce royaume onirique, naissaient, travaillaient et mouraient sous l’œil plus ou moins intéressé des élus du panthéon. D’ici à ce qu’ils puissent à leur tour voguer sur le fleuve Styx, leur existence harassante se ponctuait de souffrance et de pauvreté dans des conditions éprouvantes alors qu’ils côtoyaient quotidiennement des statues immenses en matériaux nobles, des inscriptions gravées d’or et incrustées de pierres précieuses. Le pays des extrêmes, de la folie des grandeurs et du labeur de fourmi. De la majesté des rois et reines à la vétusté des logis des simples ouvriers. Un monde de contrastes et d’inégalité. Un univers du rêve spirituel et de la dure réalité.