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Nos 20 questions à Joce-Lynne Proulx

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Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire "Zone de turbulence" ?

J’ai partagé de nombreuses années de mon existence avec un homme. J’ai vécu auprès de lui de grands bonheurs. Mais à un certain moment, quelque chose s’est mis à bouger en moi. Après une longue et difficile réflexion, j’ai constaté que ma voie changeait : l’hétérosexualité que j’avais toujours connue devait faire place à l’homosexualité.

Étant aux prises avec un questionnement dont le résultat allait chambouler ma vie, j’ai eu la chance de rencontrer plusieurs personnes – femmes et hommes – qui avaient traversé ou traversaient le même chemin que moi. Habituée à interviewer des gens dans le cadre de mon travail en communication, j’ai mené des entrevues auprès de plusieurs de ces femmes et de ces hommes qui m’ont confié un grand pan de leur vie.

J’ai eu envie d’écrire ce livre pour témoigner des effets des grands vents et marées que ces personnes, tout comme moi, ont vécus. Mais aussi pour démontrer que tout changement fondamental de vie nous oblige à nous déconstruire, au prix d’incroyables efforts, avant de nous reconstruire.


Quels ont été vos processus d’écriture, de l’idée à la rédaction jusqu'à la finalisation ? Combien de temps cela vous a-t-il pris ? 

Dans un premier temps, j’ai lu plus d’une fois un livre consacré à la rédaction d’un roman.  Ce livre a non seulement été important pour moi, il a été essentiel.

Puis, avant de taper le premier mot de mon roman, j’ai résumé, en moins de vingt-cinq mots, l’histoire que je voulais raconter. Ce résumé a été, si je puis dire, la colonne vertébrale de mon ouvrage. Il a constitué ma direction tout au long de l’écriture.

J’ai tenté de respecter à la lettre les étapes décrites dans le livre sur la rédaction d’un roman. Pour ce faire, je l’ai consulté un nombre incalculable de fois. J’ai écris pendant cinq ans, période pendant laquelle j’ai présenté mon texte à diverses personnes de mon entourage en vue de recueillir leurs commentaires.

Par la suite, j’ai fait parvenir mon manuscrit à des maisons d’édition pendant un an. Ces démarches m’ont conduite à retravailler considérablement le texte, le resserrant, reformulant des passages, simplifiant les dialogues, éliminant plusieurs milliers de mots. Cette réécriture s’est étalée sur six mois et a précédé la présentation de mon roman auprès de Homoromance Éditions. Donc, au final, un travail de six ans et demi.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées pendant l’écriture de ce livre ? Comment les avez-vous surmontées ?

Bien que l’écriture d’un roman soit exigeante – elle requiert un grand effort intellectuel et la plupart du temps un nombre incroyable de réécritures – elle n’a pas constitué pour moi une difficulté. Elle a plutôt été un merveilleux voyage.

La difficulté a plutôt résidé dans la recherche d’une maison d’édition qui accepte de publier mon ouvrage. J’ai fait parvenir mon texte à un grand nombre d’éditeurs et beaucoup m’ont fait part que le manuscrit que je leur soumettais n’était pas ce qu’ils recherchaient. Je crois que le thème de l’homosexualité y était pour quelque chose dans ces refus.

Puis, j’ai eu la chance inouïe d’apprendre que la maison Homoromance Éditions existait depuis peu et qu’elle recherchait des textes LGBT. Cette maison a accepté mon texte, pour mon plus grand bonheur.


Avez-vous eu envie de toucher un lectorat particulier ? Des jeunes femmes, des hommes ?

J’ai écrit ce roman ayant en tête toutes les personnes à la recherche de leur véritable moi sexuel, sachant que leur cheminement intérieur n’a pas que des répercussions sur elles-mêmes. Il touche aussi ceux et celles – conjoints et conjointes, enfants, membres de la famille, amis et amies, camarades de classe, collègues de travail – qui font partie de la vie de ces personnes. Mon roman vise tous ces gens.

Avez-vous toujours eu envie d’être écrivain ?

Dans le cadre de mon travail en communication, j’ai presque toujours écrit. Mais je n’écrivais pas des livres, plutôt des articles, des documents administratifs, des documents offrant des conseils en communication. Je m’étais promis qu’un jour, j’atteindrais un objectif que je m’étais toujours fixé : écrire un roman.

Quand écrivez-vous ? Avez-vous un rituel d’écriture, des horaires ? 

J’écris le matin, lorsque mon esprit est tout à fait dispos et que mes idées sont claires. Je rédige pendant quelque quatre heures et pendant ces quatre heures, je peux, à certains moments, ne produire qu’un paragraphe, à d’autres, une page complète. Mon objectif, lorsque je quitte l’écran, c’est d’être satisfaite de ce que j’ai écrit. Je peux alors vaquer à d’autres occupations. Toutefois, très souvent, ne pouvant m’en empêcher, je retourne à l’ordi en soirée et je revois mon texte en vue de l’améliorer encore et encore.


Que représente l’écriture pour vous ? 

Une passion, tout simplement. Et une passion ne s’explique pas, elle se vit. J’ai toujours aimé écrire, dans l’enfance, à l’adolescence, à l’âge adulte. L’écriture me projette dans un univers qui n’a pas à voir avec le quotidien. Elle me procure une satisfaction que je ne retrouve nulle part ailleurs. Mon cerveau, sollicité, imagine alors des scènes, fait intervenir les personnages, pense à un mot, puis à un deuxième, puis à un troisième… et là, la magie opère, mes doigts tapent ce que leur dicte mon esprit. En écrivant, je me fais un cadeau à moi-même.

Aimez-vous lire ? On dit souvent qu’il faut beaucoup lire pour écrire, qu’en pensez-vous ?

De la même façon que j’ai toujours aimé écrire, j’ai toujours aimé lire. Dès que j’ai pu saisir le sens des lettres qui se suivent, les unes les autres, ma mère m’a acheté des séries de livres que j’ai dévorés. Je m’isolais et me plongeais dans les livres qui me présentaient non seulement des univers inconnus, mais des mots inconnus. Le dictionnaire a toujours été un grand ami.

Oui, il faut beaucoup lire pour écrire. Pour s’imprégner de la richesse des mots, pour arriver à connaître la nuance, souvent très fine, du sens d’un mot par rapport à un autre, pour connaître différents styles d’écriture, pour en aimer certains et moins d’autres, pour trouver son propre style et le reconnaître parmi ceux qui existent.

Que ce soit dans la lecture ou dans l’écriture, ce que l’on doit avoir en soi, c’est l’amour des mots.

Avez-vous des projets d’écriture ? Pouvez-vous nous en parler ?

J’aimerais faire une suite au roman que je viens de publier. Mais je ne suis pas prête à en parler à ce stade-ci.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à nos lecteurs rêvant de devenir écrivain ? 

  • Vous aimez écrire? Écrivez! Ne laissez pas ce talent dormir inutilement.
  • Faites preuve de rigueur! Si vous vous engagez à écrire, écrivez régulièrement, à tous les jours.
  • Dans le cadre de votre écriture, ayez toujours en tête le lecteur. Demandez-vous si votre texte comporte tous les éléments permettant à ce lecteur de suivre la trame de votre histoire.
  • Mettez en pratique ce qu’a dit l’écrivain Nicolas Boileau :
  • « Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,
  • Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
  • Polissez-le sans cesse et le repolissez;
  • Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. [...]  »
  • Ne craignez pas la critique. Si elle est positive et constructive, elle vous permettra d’avancer.
  • Une fois votre ouvrage terminé, présentez le à des amis ou à des membres de la famille pour recueillir leurs commentaires. C’est très utile. Mais surtout, obtenez l’avis d’un professionnel ou d’une professionnelle de l’édition, par exemple un auteur ayant déjà publié. Si vous avez de la chance, vous recevrez de certains éditeurs à qui vous aurez envoyé votre manuscrit des commentaires qui vous permettront d’améliorer votre texte.
  • Allez au bout de votre démarche! Vous voulez être publié? Vous le serez, quelle qu’en soit la façon

Que diriez-vous à vos lecteurs et peut être futurs lecteurs ?

Que j’espère qu’ils auront passé un bon moment à me lire. Que j’espère qu’ils se seront reconnus à certains moments, dans telle situation ou telle émotion décrite. Que j’espère que le personnage principal aura su témoigner que dans la cadre de la reconstruction de soi, de l’appui existe, sous forme de confident ou confidente ou de personnes professionnelles, et que cet appui est inestimable.

Quelle est la qualité que vous préférez chez une femme ?

Son aptitude à être pleinement solidaire des personnes qu’elle aime, que ce soit un-une partenaire, les membres de sa famille, ses amis et amies.


Et chez un homme ?

La même chose : son aptitude à être pleinement solidaire des personnes qu’il aime, que ce soit un-une partenaire, les membres de sa famille, ses amis et amies.


Votre principal défaut ?

Un manque de spontanéité. On me dit très organisée, trop même.


Votre rêve de bonheur ?

Vivre mes passions : l’amour sentimental, mais aussi l’amour sous toutes ses autres formes – la tendresse, l’affection, le dévouement, l’écoute – l’écriture, la lecture, mon petit chien.

Vos héros dans la vie réelle ?

Les personnes démontrant de la bienveillance à l’égard des autres.


Qu’aimez-vous lire ?

J’aime lire des romans français et québécois. Des livres aux styles différents, originaux, qui viennent créer chez moi une émotion. Des livres dont la trame psychologique m’ébranle, me déstabilise, me poursuit. Des livres dans lesquels je découvre des tournures de phrases qui me jettent à la renverse, enviant celui ou celle qui a assemblé ces mots de façon aussi brillante.


Un auteur fétiche ?

Pas d’auteur fétiche, mais des livres fétiches. Il y en a beaucoup. Je mentionne Recommencements de Hélène Dorion, ru de Kim Thuy, Voyages d’un emmuré : récit de Sigmund Rukalski, Quelques adieux de Marie Laberge. Et les titres, trop nombreux pour être nommés, de Michel Tremblay.

 

Un livre de chevet ?

Du bonheur : un voyage philosophique de Frédéric Lenoir


Connaissez-vous le Canada ?

Je connais surtout l’Est du Canada – l’Ontario, le Québec, les Maritimes. Cependant, étant tout à fait bilingue et ayant travaillé avec des Canadiens anglais, je connais bien la culture canadienne anglaise.

 

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