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Hélène de Monferrand : l’autrice des Amies d’Héloïse et une voix majeure de la littérature lesbienne française


Portrait d’Hélène de Monferrand, romancière française et autrice de la trilogie des Amies d’Héloïse

Hélène de Monferrand (née le 2 octobre 1947 à Saint-Mandé, décédée le 14 février 2022 à Reims) est une romancière française dont le nom reste indissociable d’un titre devenu culte : Les Amies d’Héloïse. Couronné dès 1990 par la bourse Goncourt du premier roman (devenue ensuite le Goncourt du premier roman), ce livre a marqué une génération de lectrices et a ouvert, en littérature générale, un espace où l’amour entre femmes n’était plus un sous-entendu ni une caricature, mais une matière romanesque entière. 

Si nous en parlons ici comme maison d’édition, ce n’est pas pour poser une plaque commémorative sur une œuvre figée. C’est l’inverse : rappeler pourquoi certains livres restent vivants, pourquoi ils continuent d’être cherchés, recommandés, relus.

Dans un écosystème qui adore effacer les récits lesbiens puis feindre de les redécouvrir, le minimum est d’archiver proprement ce qui a compté, sans réduire l’autrice à une fiche Wikipédia.

Sommaire

Qui est Hélène de Monferrand

Hélène de Monferrand a grandi en partie en Algérie, à Sidi-bel-Abbès, avant de revenir en France à onze ans. Elle a étudié les lettres à Nanterre et à la Sorbonne, et elle était aussi musicienne, jouant notamment du piano et du clavecin. Ce détail n’est pas anecdotique : son écriture, souvent décrite comme précise et sensible à la cadence, s’appuie sur une écoute du temps, des voix, des variations intimes, qui colle parfaitement à la forme épistolaire de son roman le plus célèbre.

Elle meurt en 2022. Pour une partie du lectorat lesbien francophone, cette disparition a eu l’effet d’un rappel brutal : non, cette œuvre n’appartient pas à une "mode" ni à un "moment militant", mais à une histoire littéraire qui s’est construite malgré l’invisibilisation, les rayons absents, et le réflexe de certains médias de traiter l’amour entre femmes comme une curiosité.

Les Amies d’Héloïse : résumé et ce qui fait la différence

Les Amies d’Héloïse, résumé sans trahir le roman

Les Amies d’Héloïse est un roman épistolaire, structuré par des lettres et des fragments de journaux intimes. On y suit un groupe de jeunes femmes, sur plusieurs années, entre Paris et d’autres villes européennes. Héloïse et Claire s’écrivent, se cherchent, se racontent, pendant que leurs vies prennent des directions inattendues. La question n’est pas seulement "qui aime qui", mais comment une identité se fabrique quand la société ne fournit pas de récit prêt-à-porter.

Le roman ne vend pas du fantasme. Il raconte plutôt l’ordinaire des bascules : les amitiés qui deviennent des reflets dangereux, les désirs qui s’avouent à moitié, les loyautés qui se fissurent, et cette lucidité particulière des femmes qui comprennent, trop tôt, qu’elles devront négocier leur place. Ce réalisme émotionnel, sans prêche ni folklore, explique pourquoi il continue d’être cité comme un repère de lecture.

Pourquoi ce roman a compté dans la littérature lesbienne française

Du point de vue éditorial, il faut le dire clairement : une grande partie des textes lesbiens ont longtemps été traités comme des "sous-genres", tolérés à condition d’être discrets, tragiques ou "poétiques" au sens aseptisé du terme. Les Amies d’Héloïse s’inscrit ailleurs : c’est une œuvre littéraire grand public, avec une architecture narrative assumée, et une représentation de l’amour entre femmes qui n’a pas besoin d’être excusée. C’est aussi pour cela que le titre apparaît encore dans des bibliographies, des discussions universitaires ou des panoramas critiques.

Prix Goncourt du premier roman 1990 : une consécration documentée

En 1990, Les Amies d’Héloïse obtient la bourse Goncourt du premier roman. L’information est documentée par plusieurs sources, dont la presse de l’époque et l’Académie Goncourt elle-même (qui publie la liste des lauréats).

Pour les lectrices qui cherchent "Goncourt du premier roman 1990", la réponse est simple : oui, il s’agit bien d’Hélène de Monferrand et de Les Amies d’Héloïse. Le reste est plus intéressant : qu’un roman avec une telle matière intime et queer ait été distingué à ce niveau-là, en 1990, dit quelque chose de l’époque, mais aussi de la force littéraire du texte.

Trilogie d’Héloïse : ordre des livres et continuité

Autre requête fréquente : "ordre trilogie Héloïse". Les Amies d’Héloïse est suivi par Le Journal de Suzanne, puis par Les Enfants d’Héloïse. Ensemble, ces textes prolongent des personnages et des trajectoires, comme une histoire qui refuse de se clore au moment où le lecteur pense avoir compris. 

D’un point de vue de maison d’édition, ce format "trilogie" est un point clé : il permet à l’autrice de déployer la durée, de faire vieillir les choix, de montrer ce que les récits LGBTQ+ n’avaient souvent pas le droit de raconter en littérature générale, à savoir l’après. Pas seulement l’éveil, pas seulement le drame, mais la continuité, la conséquence, l’usure et la tendresse qui survivent.

Hélène de Monferrand et Lesbia Magazine : une présence dans la presse lesbienne

Hélène de Monferrand a aussi collaboré à Lesbia Magazine, notamment comme critique littéraire, et le magazine a publié des contenus autour de son œuvre (dont une interview évoquée sous le titre "La trilogie d’Hélène, 20 ans après"). Cette circulation entre roman et presse lesbienne compte : elle montre une autrice qui n’écrit pas "à côté" de sa communauté de lectrices, mais qui dialogue avec des espaces où la culture lesbienne se fabrique et se transmet.

Consultez l'interview dans Lesbia Magazine "La trilogie d'Hélène, 20 ans après".

Pour nous, éditeurs, c’est un marqueur de légitimité : l’œuvre ne vit pas uniquement dans les palmarès ou les catalogues, elle vit dans des écosystèmes de lecture, des relais communautaires, des lieux où l’on discute de textes sans demander la permission à un regard extérieur.

Romans policiers avec Elula Perrin : L’habit ne fait pas la nonne et Ne tirez pas sur la violoniste

On associe souvent Hélène de Monferrand à Les Amies d’Héloïse, mais sa bibliographie ne s’y réduit pas. Elle a coécrit avec Elula Perrin deux romans policiers : L’habit ne fait pas la nonne et Ne tirez pas sur la violoniste. Ces titres sont bien référencés dans plusieurs bases libraires.

Pourquoi c’est important ici ? Parce que cela replace l’autrice dans une réalité professionnelle : une écrivaine peut être "culte" sur un titre et continuer à écrire ailleurs, autrement, dans d’autres genres. Et, éditorialement, cela évite le piège de la vitrification : on ne célèbre pas une icône, on lit une autrice.

Pourquoi cette autrice reste recherchée aujourd’hui

Les requêtes ne mentent pas : si le nom d’Hélène de Monferrand ressort encore, c’est qu’il y a une demande persistante, souvent portée par des lectrices qui cherchent des "classiques lesbiens" en français, des romans qui ne les traitent pas comme une niche exotique, ou des textes qui ont accompagné un parcours d’acceptation sans tomber dans la morale de pacotille. Le fait que Les Amies d’Héloïse soit régulièrement discuté en ligne, et recensé sur des plateformes de lecture, confirme cette permanence. 

En tant que maison d’édition, notre angle est simple : quand un livre a servi de repère à des lectrices, il mérite mieux qu’un paragraphe sec. Il mérite une page qui donne le contexte, l’ordre des œuvres, les repères factuels, et surtout une raison de le relire autrement qu’en "souvenir".

FAQ

Les Amies d’Héloïse a-t-il vraiment reçu le Goncourt du premier roman

Oui. Le roman a reçu en 1990 la bourse Goncourt du premier roman, ancêtre du Goncourt du premier roman actuel.

Quel est l’ordre de la trilogie d’Héloïse

L’ordre généralement indiqué est : Les Amies d’Héloïse, puis Le Journal de Suzanne, puis Les Enfants d’Héloïse

Hélène de Monferrand a-t-elle écrit autre chose que cette trilogie

Oui. Elle a notamment coécrit deux romans policiers avec Elula Perrin : L’habit ne fait pas la nonne et Ne tirez pas sur la violoniste.