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L'échappée

► Auteure : Roxane Oyer
► Résumé : Vous pensiez connaître l’histoire du Petit Poucet ? Et si le conte ne vous avait pas dit toute la vérité…
Capucine, dite Poucet est une jeune femme intelligente et courageuse qui tente de sauver ses frères d’un effroyable destin. Cette échappée dramatique la mène à travers mille périls où l’amour et la mort se côtoient sans cesse.
► Nombre de mots : 40103
► Genre : Drame
► Public : Adulte
► Niveau d'érotisme : ★☆☆☆☆
6,90 €
Description du produit

— Connaissez-vous l’histoire de Poucet ? lui demanda-t-il sans autre formalité.

La question intrigua la jeune femme qui le fixa avec intensité. C’était la première fois qu’il sortait des banalités qu’il lui adressait d’ordinaire. Comment vous appelez-vous ? Êtes-vous bien avec nous ? Je peux vous aider, mais vous devez vous exprimer, toutes ces phrases prononcées sans conviction et qui n’avaient plus aucun sens à ses yeux.

— Poucet de Mogard, en avez-vous entendu parler ?

Un rictus s’étira sur son visage. Si je connais Poucet ? s’étonnait-elle.

— Ce garçon tiendrait sa renommée d’avoir vaincu deux ogres à tout juste douze ans.

La jeune femme n’avait jamais été aussi attentive depuis son arrivée. Ce nom sonnait comme un vieux souvenir d’une vie antérieure, ce passé qu’elle tentait de garder derrière elle. Je connais Poucet.

— Vous devez vous demander pourquoi je vous parle de lui.

Elle ne répondait pas, mais il sentit qu’il avait enfin captivé sa curiosité, il poursuivit donc :

— Ce garçon a été convié auprès du roi pour son expertise sur la question ogresque. Ce qui est, vous en conviendrez, plutôt ridicule. Et pourquoi pas des dragons ou de la magie ?

Il rit à son propre trait d’esprit. Ces contes pour enfants ne pouvaient pas sérieusement intéresser Son Altesse Royale. Elle avait l’air nerveuse, aussi il continua son explication. Il avait mené des recherches sur elle et comptait s’en servir pour démêler le vrai du faux de cette histoire.

— Je vous parle de Poucet, car il paraîtrait qu’il est à l’origine de votre présence parmi nous.

Il s’arrêta un instant pour observer les attitudes de la jeune femme. Elle se révélait mécontente, énervée et toute réaction autre que l’apathie ne pouvait être qu’une avancée.

— Vous ne semblez pas heureuse de l’apprendre. Poucet est pourtant un héros aux yeux de tous.

Soudainement, un ricanement tonitruant résonna dans la pièce. Elle riait aux éclats et malgré sa surprise, l’homme exulta. Après des semaines d’attente, de recherches et de patience, il avait enfin vaincu le mutisme dans lequel elle s’était enfermée.

Il sourit avec elle, plus par nervosité que par allégresse puis se calma.

— Voulez-vous m’expliquer les raisons de votre hilarité ?

La jeune femme reprit son souffle et essuya les larmes au coin de ses yeux. Sa voix l’avait d’abord stupéfaite puis agréablement, elle retrouva la sensation de l’air qui traversait ses cordes vocales. Son timbre s’était fait plus clair et ses poumons s’étaient emplis d’oxygène comme jamais depuis son arrivée.

— Votre épopée n’est qu’un tissu de mensonges.

Il tenta de ne pas montrer sa surprise et continua ses efforts pour la faire parler. Sa voix était douce et légèrement aiguë. Elle allait à merveille avec son physique et était agréable à l’oreille.

— Pourquoi pensez-vous que ce soit faux ? Les géants évidemment ne sont qu’une métaphore, mais la légende n’en est pas moins vraie pour autant.

— Poucet est authentique et les monstres qu’on appelle ogres le sont aussi, mais votre histoire n’a pas de sens. Poucet ne peut pas être un héros ni aller voir messire le Roi.

— Et pourquoi cela ?

— Parce que les choses ne se sont pas passées ainsi.

— Voulez-vous bien me raconter quelle est selon vous la réalité ?

— Je préfère oublier tout cela.

— Je ne suis pas votre ennemi, mademoiselle, et je suis tout disposé à écouter votre version pour peu que vous acceptiez de me la dire.

— J’aimerais mieux ne pas me souvenir. La vérité fait trop mal.

— Elle pourrait pourtant vous libérer si vous me faites confiance.

— Pourquoi le ferais-je ? demanda la jeune femme, sceptique quant à ses intentions.

— Simplement parce que les histoires sont faites pour être racontées et je suis certain que la vôtre vaut le coup d’être entendue.

— Je ne pense pas.

— Qu’auriez-vous à perdre à essayer ?

Elle réfléchit quelques instants comme pour évaluer la sincérité de l’homme qui lui faisait face. Il semblait gentil et désireux de l’aider. Peut-être était-il temps qu’elle se confiât.

— Je connais la vérité sur Poucet pour la simple et bonne raison que je suis Poucet !

A-t-elle perdu l’esprit ? Me serais-je trompé sur son cas ?

 

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