[2017] Un jour de plus

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[2017] Un jour de plus a été créé par Cherylin A.


 
Un Jour de plus  
2017 - Homoromance éditions 

★ Quand cette histoire a-t-elle été écrite?
Nous avons commencé à travailler sur  Un jour de plus   en Mai 2015.

★ Quel est le résumé ?
Le monde tel que vous le connaissez n’existe plus. Il a été ravagé par une épidémie étrange. Arrivée
comme un petit rhume, cette maladie était bien plus grave que ça. Vingt ans se sont écoulés depuis le premier malade. Le gouvernement s’est réorganisé, certaines des plus grandes villes sont tombées, mais il reste encore de l’espoir. Kate Reding, fille du Président, a enfin droit à ses premières vacances. Elle part rejoindre sa cousine à Saint Louis. Durant le séjour, les  choses ne vont pas du tout se passer comme prévu. La soudaine attaque de la ville par des rebelles les oblige à fuir à travers le pays dévasté et chaotique. Les vacances de Kate vont tourner à l'inattendu.

★ Quel est le genre ?
Post apocalyptique

★ Où l'acheter
homoromance-editions.com/collection-sappho/un-jour-de-plus.html

★ Quels sont les thèmes abordés ?
Survivalisme, épidémie, action,aventure, romance, amitié, honneur, famille.

★ D'où vous est venue l'idée ?
Lou et moi parlons assez régulièrement des possibles causes de fin du monde et de son après. Au détour d’une énième discussion, on a commencé à tisser des scénarios et de « et si » en « et si » nous avons décidé de mettre nos théories en application pour un roman d’un nouveau genre.

★ Quelles sont vos sources de recherches ?
Lou : J’ai fait des recherches poussées sur la façon dont le virus aurait pu voir le jour se propager. D’ailleurs, j’ai un dossier très complet qui n’a absolument pas servi. Enfin, il n’a pas servi pour le tome 1…
Chery : On a aussi parcouru des études et documents qui évoquaient les comportements sociaux et les
réactions humaines dans des situations de grands stress. Ça nous a aidé à construire les personnalités d’autres personnages et offrir un pannel de caractère et de psychologie à notre casting.

★ Dans quelles conditions l'avez-vous écrit ?
C’est une excellente question. La période d’écriture de ce roman a été assez particulière. Cherylin était en
plein déménagement, rénovation, travaux en tout genre. Son PC était installé sur deux gros cartons, tout comme la pièce où elle avait aménagé son bureau. Plutôt que de ranger ses affaires, elle se connectait pour écrire avec moi sur nos supports habituels de Googledoc, etc…

★ Quel genre de musique avez-vous écouté pour l'écrire ?
Notre playlist concernant l'univers est disponible depuis notre compte youtube à cette adresse : Un jour de plus by CANLJ

★ Une info spéciale ?
Un jour de plus est le premier roman que nous avons écrit après une période particulièrement difficile. Lou et
moi nous nous étions disputées et on reprenait contact après quelques mois de silence. C’est sans doute pour cette raison que ce roman porte ce message d’espoir et de vie au jour le jour. On ne sait jamais de quoi sera fait demain. Tout comme nous n’attendions pas Lou et moi à revoir notre complicité faire surface, et ce livre à trouver sa place dans notre bibliothèque.

★ Un bonus ?
Après plusieurs années où il s'agissait d'un non catégorique, nous avons une idée pour développer une suite à ce roman et nous y travaillons actuellement.
 
★ Un extrait ?

CHAPITRE 1 KateReding

— Je ne l’imaginais pas comme ça.
— Précise ta pensée ?
— Je la voyais plus grande.
— Tout le monde n’habite pas la Zone la plus protégée du pays !
Cynthia me taquine, mais elle a raison. J’ai cette chance. L’endroit où je vis est trois fois plus étendu que
celui de ma cousine. Mon père continue de diriger le pays malgré le chaos qui règne depuis onze ans maintenant. Mon oncle ainsi que les ministres sont répartis dans différents points stratégiques du pays, principalement près des fleuves. En vérité, je crois que c’est loin d’être un choix. Les transferts sont dangereux et coûteux. Nous regrouper tous dans une même structure est bien trop compliqué à organiser.
— Allez, viens, pour ces premières vacances, j’ai décidé de te faire visiter les meilleurs endroits de
la ville. Tu ne seras pas déçue !
Aucune chance que je le sois,même si la ville n’est constituée que du périmètre de l’ancien Saint Louis. Le
cœur de la Cité s’est formé à partir de l’hôpital des marines. C’était un camp de repli de l’armée il y a quelques années. Aujourd’hui, c’est là qu’habite Cynthia et sa famille. Le secteur sécurisé s’étend du Mississippi de l’ouest jusqu’au sud, de l’avenue Jefferson en direction du nord et enfin jusqu’au Lyon
Park vers l’est.
Bras dessus, bras dessous, elle m’emmène dans une boutique de restauration rapide. Le Docker’s est situé dans la Zepp Streets, à deux rues de chez ma cousine. La façade est peinte dans un jaune sali par le temps. Deux vitres impeccables laissent entrevoir l’intérieur. Des tables sont installées plus loin sur le trottoir. Une ambiance un peu vieillotte pèse dans l’atmosphère lorsque nous entrons. Je ne m’en plains pas. C’est différent de chez moi, où tout est toujours parfait parce que j’habite avec la haute société du pays. Pour avoir passé dix ans dans la même petite ville, j’avoue que voir autre chose me fait vraiment plaisir. Je ne
découvrirais peut-être jamais le monde, mais j’ai la chance d’avoir pu changer de Zone pour un court séjour grâce à mon père. C’est exactement ce que je voulais pour fêter ma majorité. Je pensais qu’il n’accepterait jamais. Il n’aime déjà pas me savoir en périphérie à Chicago, alors ici à Saint Louis,
n’en parlons pas.
— Monsieur Kalyvati vend les meilleurs sandwiches. Heureusement que t’es là et que j’ai un alibi pour
apprécier cette malbouffe. J’en peux plus des repas ultras équilibrés de ma
mère.
Une plaque métallique des «Cardinals » est exposée dans la salle. Un oiseau rouge siège sur une batte de
base-ball. Tout en l’observant, je lui réponds.
— Ne sois pas si mauvaise, elle est bonne cuisinière.
— Ça fait seulement trois jours que tu manges ce qu’elle prépare. On en reparlera dans une semaine, quand tu auras goûté trois fois les mêmes plats. 
Les ouvriers me regardent rapidement et me saluent. Les étrangers se font vite remarquer dans cette petite communauté. Étant donné que je suis avec Cynthia, qui n’est vraiment pas discrète sur mon identité, je suis démasquée. Nous nous installons à table. Du bois sombre, sur lequel des traces rondes sont incrustées à foison, accueille nos sacs à main ainsi que nos verres. Nous trinquons à la chance qui nous est offerte de nous voir. Il y a au moins cinq ans que je n’ai pas vu Cynthia, et encore, c’était sur une photo. Des souvenirs de notre enfance, je ne connais que les histoires que mes proches m’ont contées. Grâce à notre héritage familial,nous avons presque les mêmes yeux, bleus. Pour le reste, nous sommes vraiment très différentes. À commencer par ses cheveux courts, lisses et marron foncé. Les miens sont blonds et bouclés. Je les préfère longs. J’ai vingt et un ans, deux ans de plus qu’elle. Son père est plus jeune que le mien du même nombre
d’années. Je me rappelle encore des superbes tablées dont nous profitions tous ensemble à Washington, les samedis après-midi. Caroline, la mère de ma cousine, est d’environ sa taille : un mètre soixante. C’est une belle femme, très gentille, et qui prend son rôle d’épouse et de mère très à cœur.
L’émetteur de Cynthia retentitalors qu’elle allait se faire un plaisir de mordre dans son sandwich. L’appareil ressemble à une montre et est attaché à son poignet gauche, tout comme le mien. Il envoie un signal GPS indiquant nos positions à ceux qui y accèdent. Autrement dit, nos parents. De courtes conférences téléphoniques sont possibles, mais l’autonomie est meilleure lorsqu’on ne l’utilise pas. Elle me
regarde, son visage se décompose.
— Ils ne peuvent pas me laisser tranquille, pour une fois ? Je ne risque quand même pas de me perdre dans cette immense ville, ironise-t-elle.
— Renvoie ta position.
— J’aimerais me sentir libre,une seule journée. Tu vois ?
— Je comprends, mais...
Elle ignore l’appel et répond à celui de son ventre lorsque mon propre émetteur se met à vibrer. J’ai horreur
de ce son. Par automatisme, j’envoie nos coordonnées à Caroline qui est
enregistrée dans mon répertoire. Ainsi, elle sait où l’on se trouve.
— Désolée, me lance-t-elle.C’était prévisible. Ils sont encore plus inquiets depuis que tu es là.
— Pourquoi ça ?
— La semaine passée, on a été attaqués. Un petit incident de rien du tout, hein.
Je mange à mon tour tout en repensant à la dernière Zone prise d’assaut par des anarchistes. Je n’en sais
pas grand-chose, malheureusement. Mon père ne veut pas que je découvre le monde extérieur. Je crois qu’il aimerait que je sois restée l’enfant qu’il pense toujours côtoyer. En une année, on a perdu deux Cités. Je n’imagine pas une seule seconde comment je ferais pour vivre, survivre même, en dehors de ces
murs. 
— Quel monde de merde, reprend Cynthia, la bouche pleine.
— Tu ne devrais pas te plaindre.
— Hé, ce n’est pas parce que dehors c’est compliqué que je devrais m’estimer heureuse de vivre en cage.
Allez, ne me fâche pas, j’ai encore quelques surprises pour toi et tu ne voudrais pas les manquer !
Les Zones ont été créées et sont protégées par l’armée depuis l’instauration de la loi martiale. Nos avis
divergent sur l’opinion que l’on a de ce monde. Elle a raison. On ne devrait pas aborder ce sujet. Nous finissons le repas avant de sortir dans l’avenue. Sans vraiment prendre de direction, nous avançons à petits pas en discutant. Cynthia est une bonne vivante,qui aime avoir ce dont elle a envie et qui se permet des libertés grâce au statut de son père. Elle enfreint facilement les règles et pourrait se mettre en danger pour arriver à ses fins. Si nos parents venaient à lire les lettres qu’elle a pu m’envoyer, je pense qu’ils seraient surpris de savoir le nombre de règles qu’on peut enfreindre en une journée. Une heure plus tard, nous sommesà nouveau dans les rues de la ville. Sous le soleil, j’observe avec attention ce qui m’entoure. Quelques immeubles se disputent le sommet. Ils sont habités et sur leurs façades sont inscrites des indications militaires. Une large flèche rouge désigne le chemin pour la zone d’évacuation en cas de danger.
L’administration ainsi que le centre de secours sont signalés par une autre flèche, verte. C’est très rudimentaire. À Chicago, nous avons fait faire de nouveaux panneaux de balisage. J’habite plus au nord, dans une division de l’ancienne ville. De gros remaniements ont eu lieu : pour commencer, contrairement à Saint-Louis, nous comptons des quartiers dont les allées et venues sont contrôlées. Il y a deux périphéries distinctes, et chacune d’entre elles est surveillée de près. Parfois même elles sont complètement indépendantes, comme ç’a été le cas lors de la suspicion d’infection. Des accès spécifiques, et réservés à l’armée, servent à assurer la sécurité face à la pandémie. Heureusement, mon père avance qu’aujourd’hui les nids épidémiques sont moindres et qu’il y a peu de chances pour que notre société s’écroule à nouveau.
Quand je pense au stress dans lequel m’a mise ce long voyage ! J’ai parcouru plus de quatre cents kilomètres
dans des véhicules blindés. C’était sombre et puant le soldat en manque d’hygiène. Les marins ont tout de même plus de savoir-vivre et d’élégance. À cette idée, je me maudis d’avoir pensé à mon ancien petit-ami. Je suis stupide d’être si simple d’esprit. Comment puis-je encore avoir ce genre d’opinion stéréotypée après ma rencontre avec le soldat Cross ? Je m’étais promis de ne plus jamais penser à lui, de près ou de loin. D’ailleurs, je suis ici pour profiter de ce voyage et rien que de ce voyage. Ma cousine n’est pas vraiment comme je me l’imaginais à travers ses courriers. Oh, je ne suis pas déçue, non. Je réalise seulement qu’il nous faudra encore du temps pour apprendre à nous connaître, quand bien même cela fait des années que nous discutons ensemble. Nos émetteurs retentissent simultanément cette fois. Cynthia, exaspérée, lance
un appel pour entrer en communication avec sa mère.
— Maman, s’il te plaît, arrête de...
— Vous restez où vous êtes ! La garde de ton père est en route, ma chérie. Il y a un problème du côté du Lyon
Park. Tu es toujours avec ta cousine ?
— Oui, Tatie, dis-je.
— Restez bien ensemble et soyez prudentes. Ils ne vont plus tarder.
— D’accord.
Cynthia raccroche. Nous nous regardons, et je ne peux lui cacher mon inquiétude. Cynthia ne semble pas plus alertée par cette dernière nouvelle. Elle a simplement l’air agacée que son après-midi se voie perturbée. Quant à moi, mon sang se glace. Une sirène retentit et l’écho s’éloigne. Il est partout et nulle part à la fois. J’ai peur. Déjà, de nombreuses personnes apparaissent dans la rue. Valise à la main, ils s’en vont au pas de course en suivant les flèches d’évacuation.
— Tout va bien se passer, ils font toujours toute une histoire pour un petit rien, me confie Cynthia.
La panique pourrait me pousser à lui dire que son père n’est pas un magicien ni un super héros et qu’il faut
peut-être qu’elle réagisse. Je n’en fais rien. Si elle se mettait à angoisser à son tour, ce serait encore pire. Soudain, après ses dernières paroles, un bruit assourdissant nous fait rentrer la tête dans nos épaules. Cynthia oriente son regard en direction du parc. J’imite son mouvement. Un nuage de fumée noire et
blanche s’élève vers le ciel.
— Elles sont là, entend-onclairement lorsqu’un véhicule s’arrête derrière nous.
Un homme en treillis m’approche tandis qu’un autre est déjà à hauteur de ma cousine. Ils nous attirent dans la
voiture alors que nos regards sont toujours posés au loin, comme hypnotisés et incapables de croire ce qu’il se passe.
— Nous les avons trouvées,Monsieur. Nous nous rendons au point d’extraction.
— ...
— Trois minutes.
Le véhicule se met déjà en route à toute allure. Je m’enfonce dans mon siège. Dans la rue, certains s’abritent
dans les immeubles, d’autres courent dans tous les sens. Certains même sont figés sur place, abasourdis par le spectacle qui se joue devant nous. Les portes et fenêtres des bâtiments sont fermées, les rideaux baissés les uns après les autres comme une chaîne de dominos qui s’écroulent. Mon estomac se serre jusqu’à ce que j’aperçoive l’hôpital des marines, la résidence de mon oncle. L’agitation est à son comble. De nombreux soldats sont en position, armes en mains. D’autres arrivent et ne sont même pas encore en tenue qu’ils brandissent déjà leurs revolvers. Nous sommes escortées au cœur d’un groupe de militaires entraînés. Sans perdre une seconde, nous nous dirigeons vers le toit. Le tout se passe très rapidement. Je ne parviens pas à réfléchir clairement. Tout ce que j’entends ce sont les interférences et les messages radio qui crépitent à
tout va. Un hélicoptère, dont les rotors tournent déjà, est prêt à décoller. À son bord, mon oncle et ma tante nous attendent. Je m’installe à côté de Cynthia, serrant sa main toujours plus fortement lorsque l’appareil commence à quitter le sol.
— Qu’est-ce qu’il se passe, papa?
Le visage de mon oncle me rappelle celui de mon propre père. À cet instant, il est grave. Ses lèvres sont
pincées, son regard posé sur les pilotes. Ma tante place une main sur la sienne tandis qu’il passe un appareil à son oreille sans nous répondre. Il inspire profondément lorsque son interlocuteur est en ligne. Ce n’est autre que mon père, qui tient son rôle de Président. Mon oncle prend la parole avec un ton grave.
— Ici James, nous avons un problème.
— ...
— En sécurité, nous sommes en route pour Chicago.
— ...
— Des centaines de personnes sont toujours sur place. L’extraction a commencé, mais, John, ils ont attaqué
la Zone à l’aide d’explosifs, cette fois. Je crains que nous devions considérer une nouvelle perte d’ici ce soir.
— ...
Voilà que nous avons les réponses à nos questions. Je jette un dernier regard à la ville que nous quittons. Au loin, une marée humaine déferle à travers la plaine du parc et entre dans la Cité. Des coups de feu retentissent, et nous les entendons encore à mesure que nous nous éloignons. C’est aussi la première fois que je vois l’extérieur des Zones depuis un point de vue élevé. Tout à l’air calme, trop calme peut-être ?
Les pilotes activent des interrupteurs à plusieurs reprises. Ils commencent à s’agiter, et diverses
secousses remuent l’appareil.
— Que se passe-t-il ?
— Nous perdons de l’altitude.
Les pales des hélices se font plus discrètes. Je sens la main de ma cousine serrer la mienne à son tour. J’ai
un haut-le-cœur. Je ne veux pas mourir ! L’angoisse m’immobilise. Je me tiens aux poignées les plus proches. Mon oncle pose une paume sur chacune de nos têtes pour nous mettre en position sécuritaire.
— Accrochez-vous, nous allons tenter d’atterrir ! lance un pilote.
Tenter ? Non, il faut atterrir tout court ! Du coin de l’œil, je capte le regard terrifié de Cynthia. Tout va très vite, mais j’ai l’impression que la descente dure une éternité. Je n’arrête pas de me répéter que je ne veux pas mourir. L’impact me secoue, je ne sais plus si ma tête est en haut ou en bas. L’extérieur devient vague, je
n’arrive plus à savoir dans quel sens je suis. Dans mes oreilles, un bruit sourd et déstabilisant m’oblige à fermer les yeux.


Un jour de plus
Dernière édition: il y a 3 ans 10 mois par Cherylin A..
il y a 3 ans 11 mois #119

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