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Chronique “Duel de velours T1”

Le destin d’Armande n’est pas banal. Rejetée par son père, le baron de Maufoncomb, à sa naissance, sous prétexte qu’elle est une fille, elle ignore ses origines pendant toute son enfance et son adolescence. Son père adoptif la prépare en grand secret car, un jour, elle devra revendiquer son héritage et affronter ses ennemis : son père, son demi-frère qui a pris sa place, et toute leur clique ! La quête de son héritage va jeter Armande sur les routes où elle devra faire preuve de toutes ses qualités pour rester en vie.
 
Avec ce récit, Patricia Nosepliers nous immerge dans un Moyen Âge haut en couleur : celui de l’empereur Henri V qui régna sur la Germanie et la Franconie au douzième siècle. L’auteur nous emmène au cœur des campagnes de l’époque, entre roturiers et petite noblesse, pour finir à la cour d’Henri V, entre intrigues et politique !
 
Au-delà du contexte historique, la rencontre avec Emerance, une jeune inconnue qui cache également bien des mystères, nous promet de délicieux affrontements entre ces jeunes femmes au caractère bien trempé ! Les impératifs de sa quête ayant conduit Armande à voyager déguisée en homme, cela ajoute du piquant à leurs échanges. Les relations entre Armande et Emerance nous baladent entre sourire, tristesse et espoir. Et l’histoire, avec ses multiples rebondissements, nous tient en haleine !
 
Tout cela est bien servi par des personnages secondaires peignant un tableau saisissant de certains métiers de l’époque : sage-femme, aubergiste, guérisseuse, maître d’armes... Sans oublier les méchants de l’histoire... mais je vous laisse les découvrir !
Pour habiller ce récit savoureux, l’auteur nous régale d’une prose fluide et imagée. On se représente fort bien tous les décors qu’elle nous propose, certaines descriptions recelant des notes pour le moins poétiques. Cependant, la description des décors ne prend jamais le pas sur l’action et l’on ne s’ennuie jamais. Les mots sont précis et bien documentés par rapport à l’époque.
 
 
 

Chronique “Au delà du devoir”

Nous voilà plongées dans un monde désespérant, résultat du changement climatique, des dérives des politiques et de la passivité du peuple : la famine règne, les gouvernants sont incompétents, voire corrompus, la désinformation règne en maître et les tentatives de révolte sont réprimées dans le sang. Pire encore : une bonne partie de la population se retrouve prisonnière dans des camps où on lui a promis qu’elle trouverait une vie meilleure.
 
Un noyau dur de résistants, le Clan, se bat malgré tout contre ce gouvernement d’oppression, en Robin des Bois moderne, pour redistribuer des vivres à la population. Phoenix, la fille du fondateur, prend part aux actions tout en étant formée pour succéder à son père.
 
De son côté, Kansas est un jeune agent spécial du gouvernement. Elle a été entraînée pour détruire ses ennemis. Tout les oppose : leur allégeance, leur vision des problèmes de ce monde et le système de valeurs qui en découle. Jusqu’au jour où Kansas se voit imposer une mission : infiltrer le Clan et le détruire !
 
Le décor est planté pour cette « romance d’action ». Le danger est partout pour nos deux héroïnes. Au fil des actions et rebondissements divers, quelle relation va se tisser entre elles ? Deux femmes fortes et fragiles à la fois : en proie au doute, parfois, avec des passés douloureux et une vie toujours sur le fil du rasoir !
 
Au-delà du roman d’action, Judith Gagnon nous met au cœur d’un combat de valeurs. La confrontation de deux visions opposées du Bien et du Mal ! Chaque camp a ses raisons de combattre l’autre, qui détient la vérité ? Les notions de loyauté et de trahison sont également au centre des débats. Et au milieu de ce tourbillon de contraintes et de coups durs, surnagent quelques belles personnes, qui vont essayer de faire un monde meilleur. Y parviendront-elles ? Je vous laisse la surprise ! En tout cas, rien n’est facile dans ce monde. Et quand le sens du devoir prime sur toute votre vie, comment laisser la place à de potentiels sentiments ? Non, vraiment, rien n’est simple...
 
Le récit alterne bien les phases d’actions et de description, même si, à mon sens, la description de ce monde est un peu longue. Ensuite, tout s’enchaîne avec rigueur et précision, telle une horloge, pour nous emmener à la croisée des chemins. Quand nos héroïnes doivent faire des choix, pour elles, pour le monde qui les entoure, pour le monde dans lequel elles veulent vivre !
 
Vous aimez les romances mêlant action et psychologie ? Alors ce livre est fait pour vous : « Au-delà du devoir », par Judith Gagnon !
 
 

Chronique "Tout le monde aime, tout le monde meurt"

Haley est une jeune femme ordinaire, bien sous tous rapports : étudiante modèle en économie, un petit ami pas trop présent, des parents aimants. Tout va bien pour elle. Mais elle s’ennuie. Malgré son âge, elle ne sait pas s’amuser, elle s’inquiète pour tout. Elle rencontre par hasard Alex, tout son opposé : étudiante en art, fêtarde, consommatrice occasionnelle de produits illicites. Et une joie de vivre, une façon de profiter de la vie, tout à fait inédites et extraordinaires pour Haley !
 
La découverte de l’une et de l’autre se fait par à-coups, selon les rencontres, puis complètement naturellement. Comme une évidence ! Haley est happée par la personnalité de cette jeune femme, intrigante, apaisante et terriblement charismatique. Que cache-t-elle ? D’où vient sa philosophie ? Est-elle égoïste ? Toutes ces questions se posent à un moment ou un autre.
 
D’autres auraient fui, Haley trouve en elle une force et un courage qu’elle ne soupçonnait pas. Pour suivre Alex, toujours plus loin sur le chemin d’un amour puissant et fusionnel.
 
En filigrane de la romance, Lynn Eleven aborde des thèmes sombres comme la mort, la maladie, la réaction des proches, des amis et d’autres, traités plus légèrement, la découverte de l’homosexualité par exemple, sans heurt et sans drame, même si ça tangue un peu au moment du coming out. Tout cela sonne très juste.
 
La construction de la narration est assez originale, avec des citations en début et fin de chapitre pour l’illustrer. Je n’en dirai pas plus sur le sujet, c’est à découvrir. Il n’y a pas de temps mort : l’auteur nous délivre les évènements marquants de cette histoire sans délayer inutilement. Chaque chapitre a sa place et son utilité. Le titre, par contre, intrigue dans sa banalité. Ce qui paraît une évidence au premier abord prendra tout son sens avec le dénouement.
Un texte à découvrir pour une belle histoire qui ne vous laissera pas indifférents : « Tout le monde aime, tout le monde meurt » de Lynn Eleven.
 
 

Chronique "L'amour en noir"

Comment survivre ? C’est la question au cœur de L’amour en noir. Comment survivre lorsque grandir est une souffrance? Comment survivre lorsque tout ce qu’on connaît, ce sont les sévices, la haine et le viol? À quoi se raccrocher, lorsque les bourreaux de nos jours et de nos nuits, ce sont notre père et notre frère? À quelle lumière croire, lorsque celle-là même qui nous a engendrés ferme les yeux devant leurs actes, donne son accord silencieux aux désirs de leurs mains perverses ? Il ne reste qu’une seule force, qu’un seul espoir : l’Amour. Notre cœur inaltéré, notre cœur adolescent, y croit encore. Le droit d’aimer. Le droit d’être aimé. Le droit au bonheur.

Du moins, Jessy, dix-huit ans, délivrée depuis peu de l’emprise familiale, y croit de tout son cœur lorsqu’elle rencontre Sandra, superbe jeune femme de vingt-cinq ans. Celle-ci, après avoir sauvé Jessy d’une agression au coin d’une ruelle, la recueille chez elle. Il ne faut pas beaucoup de temps pour que le désir, et l’amour, naissent entre les deux femmes. Jessy se raccroche désespérément à Sandra, puise en elle toute sa volonté de vivre et d’être heureuse. Mais voilà, Sandra, elle aussi, cache un lourd passé. Elle peine à accepter ses propres sentiments et s’échine à repousser Jessy, qu’elle appelle obstinément « sa petite sœur ».

C’est une romance bien noire que nous propose Gaya Tameron. Portée par un style simple et sensible, en parfait accord avec la voix de la jeune narratrice, nous suivons avec beaucoup d’émotions le parcours souvent tragique de Jessy. Les conséquences de l’inceste sur ses victimes, l’impulsivité, la haine de soi, les pensées suicidaires sont rendues avec une rare acuité par l’auteure. Malheureusement, L’amour en noir sombre parfois dans certains clichés propres à la romance. Les motivations des personnages sont parfois floues, et l’intrigue se fait mièvre par moment et manque de nuances. C’est soit tout blanc ou tout noir. Tout noir, le plus souvent.

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Chronique "Au temps qu'il passe..."

au_temps_qui_passe_backUne ile – une tempête – un secret. Les éléments se déchainent, le vent siffle rageusement, l’océan déborde et les arbres cassent. Leurs branches s’envolent et frappent contre les volets. Le verre éclate. La nature, enfiévrée, est à l’image du cœur humain. Les sentiments ont été tus depuis trop longtemps. Les railleries, les humiliations, l’abandon, toutes ces blessures enfermées dans un coffre depuis des années se réveillent. La serrure saute, et bientôt, il est trop tard, la haine surgit, intacte. Et c’est la plus irrationnelle des haines, car elle est née de l’amour.

C’est dans cet univers riche en couleurs et en émotions que nous jette Magali Junjaud. Tout commence par un enterrement. Julie, amie chère de Charlotte et de Patricia, est décédée après de longs mois de maladie. Mais voilà, elles ne se sont pas vues depuis des années, et tout les oppose, hormis leur inimitié. Charlotte pleure à chaudes larmes; Patricia est incapable d’un sanglot. Charlotte cherche l’attention et le réconfort; Patricia ne réclame que la solitude. Charlotte a été incapable de supporter l’agonie de Julie; Patricia, elle, l’a supportée jusqu’à son dernier souffle. Les premiers mots qu’elles s’échangent sont sans appel : « Sans cœur » murmure Charlotte. « Hypocrite. » réplique Patricia, sans même un regard.

Ces paroles entre les deux femmes donnent le ton au récit entier. Chaque réplique est savoureuse et empreinte de ce venin irraisonné. L’auteure manie avec subtilité l’art du dialogue, laissant penser au lecteur que quelque chose se cache certainement sous des propos aussi véhéments. Pourtant, le passé et ses secrets ne sont révélés qu’au compte-gouttes dans des flash-backs qui donnent toute leur profondeur aux personnages.

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Chronique "L'essence de l'amour"

Clarisse est bien déterminée à changer de vie. Elle quitte Grenoble pour entamer une nouvelle formation professionnelle. Elle laisse derrière elle son appartement, son milieu, ses amis, son passé. Son cœur est blessé, et elle voudrait enfin y poser un baume.  Bientôt, Clarisse rencontra Catherine, sa formatrice aux envoûtants yeux verts. Elle est loin de se douter que c’est peut-être la fin de son incurable solitude…

Personnellement, c’est ce qui m’a le plus touché chez Clarisse, cette solitude. En effet, Clarisse vit en quelque sorte dans un monde à part. Elle s’isole des autres, porte des vêtements gothiques, et dans ses temps libres, reste dans son appartement, oisive, à regarder la télé ou à écouter de la musique. Même lorsqu’elle sort, elle n’arrive pas à se fondre à la foule comme si elle était entourée d’un mur de verre.

L’isolement de Clarisse m’a littéralement serré le cœur. De fait, l’auteure réussit à nous faire entrevoir d’une manière simple et incisive ce que c’est qu’au quotidien, être différent. À cause de son orientation sexuelle, Clarisse sait qu’elle ne peut tout partager avec ses camarades. En effet, comment pourrait-elle parler de garçons avec les autres filles, lorsque c’est le doux visage de son enseignante qui fait battre son cœur? Et puis, Clarisse n’est pas seulement différente parce qu’elle est lesbienne. La vérité, c’est qu’elle cache un cœur naïf et gourmand, qui aime sans concession ni double mesure.

C’est tout le contraire de Catherine. Catherine est une femme un peu lointaine, dont les émotions et les gestes sont empreints d’ambiguïté. Un instant, elle semble se donner entièrement à l’être aimé, et celui d’après, elle l’ignore et le repousse. Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de spécifier, qu’en amour, Catherine fait des flammèches…

Je n’en révélerais pas plus. Je rajouterais seulement qu’en lisant l’Essence de l’amour, on découvrira une romance délicate, portée par un style simple et doux. Les descriptions, précises, réussissent à nous plonger directement dans le quotidien de Clarisse, celui d’une femme qui retourne aux études et qui recommence presque à zéro. Surtout, on découvre une romance où l’amour n’est pas  toujours si facile, où les émotions et les conflits abondent, mais aussi les remises en questions.

On tourne les pages avec avidité, envahi par la passion, comme si on tombait amoureux, nous aussi.

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Par Anaïs Paquin