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Anaïs Paquin

Créé le 25 mars 2017

Couverture57_jours_amzCela arrive aux meilleurs d’entre nous. Nous pouvons être le capitaine de l’équipe de foot du lycée, être beau garçon, intelligent, avoir une petite copine tout aussi jolie et brillante, la même bande d’amis depuis des années… Et un beau jour, constater que cela ne nous convient plus. Que nous jouons un rôle. Que nous sommes le prisonnier de notre propre vie. C’est ce qui arrive à Corey, jeune et séduisant lycéen à la langue bien pendue. Tout d’un coup, son existence lui pèse. Ses yeux s’affûtent, et il remarque des choses auxquelles il n’avait encore jamais porté attention. Comme Eliott Hudson, adolescent chétif et discret, la tête de Turc de l’école. Eliott Hudson et sa souffrance. Eliott Hudson et son compte à rebours.

Lym Bordage ne nous invite pas dans un univers facile. Elle nous plonge au cœur même de cet âge où tout est encore à jouer, où notre vision du monde, encore en construction, est étroite et brouillée par les préjugés. Ceux qui, comme Corey,  veulent sortir des sentiers battus, qui veulent s’affirmer pour ce qu’ils sont vraiment, se voient rejeter par la masse à coups d’insultes et de brimades. On peut s’affirmer, se battre, et les autres abandonneront peut-être la partie, mais le prix à payer sera la solitude. Une terrible solitude. Et puis, il y a le monde à l’extérieur de l’école, celui des adultes, dont on pourrait attendre plus de compréhension et de justice. Mais quand on s’appelle Eliott Hudson, celui-là est encore pire. C’est un monde d’abus et de silences. Pour Eliott, il n’y a pas d’échappatoires. L’enfer est partout.

On peine à croire que l’amour puisse fleurir dans un tel contexte. Pourtant, l’auteure réussit à le faire germer avec brio, dans un style simple, parfois furieux, un style très proche du langage parlé, qui s’accorde parfaitement avec nos deux lycéens. Eliott et Corey s’accrochent l’un à l’autre comme après une bouée. Ils s’empêchent mutuellement de couler et trouvent dans leur amour une raison de vivre.

Néanmoins, on pourra reprocher à 57 jours sa fin un peu simpliste, un peu « fleur bleue ». L’auteure nous ayant maintenus sur la corde raide tout au long du récit, on peinera peut-être à croire au dénouement qu’elle nous propose. Malheureusement, celui-ci prend un peu des airs de « déjà-vu ».

Cela n’enlève rien à la force globale du récit. 57 jours ne comptent aucun temps mort. On tourne les pages avec avidité, laissant notre cœur battre au même rythme que celui nos deux protagonistes. On souffre et on pleure avec Eliott, on s’indigne et on bouillonne avec Corey. Et on espère bien que leur histoire durera plus que 57 jours.

Découvrez également l'interview de l'auteur

Par Anaïs Paquin

 

Créé le 9 mars 2017

prisonerIl était une fois… Une bête étrange, à l’apparence difforme, prisonnière d’une fosse. La fosse était une des deux parties de son monde. La seconde, c’était l’arène. Là où la fosse était humide, sombre et silencieuse, l’arène était sèche, aveuglante et criarde. La bête devait y combattre, pour les cris et les yeux avides des Voyeurs, des créatures toujours plus nombreuses et violentes.  Lorsque toutes les créatures étaient éliminées, pas avant, la bête sanguinolente retournait dans la fosse pour s’y assoupir. Et ça recommençait, encore et encore, depuis des siècles, sans changement, sans fin. Jusqu’à ce que…

 Une petite goutte d’or tombe du ciel. 

L’univers que nous propose Amelita Rae s’inscrit dans le cadre caractéristique de la fantasy. C’est un monde gouverné par la magie, on y trouve des dragons et un empereur cruel. Mais la correspondance s’arrête là. Oublier tout de suite les chevaliers et les princesses prisonnières en haut d’une tour. Oh, certes, il y a bel et bien un prisonnier. Mais c’est un jeune homme, et même s’il en les airs, il n’a pas une goutte de sang princier dans les veines. On rencontre également le prince charmant. Celui-ci a l’esprit un peu borné, fait cent fois la taille du jeune homme, a la langue agile et une attirance particulière pour les derrières…  

Vous l’aurez compris, on assiste dans Prisonnier à un mélange déjanté des genres. La magie du plus loufoque des contes de fées y côtoie le récit érotique le plus cru. Tout s’y assemble dans un joyeux chaos sans qu’on y trouve à redire. On lancera peut-être parfois un regard gêné derrière notre épaule, de peur qu’un regard inopportun découvre l’audace de nos lectures. Les amateurs de yaoi s’y reconnaitront, l’originalité d’Amelita Rae s’appuyant également sur des bases solides du genre. On y rencontre, comme dans la plupart des yaois, un couple formé par des extrêmes. Il est en effet difficile d’imaginer des êtres plus opposés que Daeron et son petit être, le premier étant gigantesque et puissant, alors que le second est minuscule et fragile. Totalement impuissant entre les mains de Daeron.

Un lecteur attentif dénotera peut-être certaines incohérences dans Prisonnier. Certaines données temporelles semblent parfois se contredire. On les pardonnera à l’auteure, qui nous convie après tout dans un monde où tout, ou presque, est possible.

Par Anaïs Paquin

 

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