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4 conseils pour créer un personnage et amener le lecteur à s'identifier à lui

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En 4 points importants et avec des exemples parlants, nous allons voir comment créer un personnage et le rendre attachant. Évidemment, il y a beaucoup de manières d’y arriver, mais je vous donne ma manière de procéder à moi et elle semble fonctionner !

CONSEIL N°1 : Ne pas détailler trop vos personnages afin de laisser l’imagination du lecteur se l’approprier

Vous pouvez le décrire sommairement, à mesure de la narration, si possible, plutôt qu’en une seule fois : Nom, prénoms, yeux, cheveux, couleur de peau, morphologie basique et signes distinctifs éventuels. Mais il ne faut jamais le comparer à une personnalité connue ni donner ses mesures (taille, pointure, poids, etc..) si ce n’est pas utile dans l’histoire. On ne veut pas une fiche de personnage avec photo même si vous avez un personnage précis en tête. Il faut laisser aussi les lecteurs/lectrices construire leur propre image du personnage. La seule exception reste les Fan Fictions puisque ces histoires mettent en scène des personnages connus.

Ex :

« D’un pas énergique et félin, la haute silhouette toute en liane de Jena passa coin de la rue, non sans qu’elle ait auparavant jeter un dernier regard à son demi-frère qui ne distingua que la prunelle brillante de colère de ses yeux d’émeraude, avant qu’elle ne remonte sa capuche sur sa chevelure noire de jais et disparaisse à jamais de sa vie. »

En une phrase on sait que Jena est grande, a les cheveux noirs et les yeux verts et qu’elle à une silhouette longiligne, mais plutôt sportive puisque féline dans ses déplacements. Pour autant ce n’est pas une description réelle. On a évité le « elle s’appelle, Jena, elle est grande, elle a les yeux verts, les cheveux de jais et sa silhouette est sportive et longiligne » … Et on pourra à mesure de l’avancée de l’histoire rajouter quelques traits physiques vagues ou précis si c’est nécessaire (comme une cicatrice par exemple).

 

CONSEIL N°2 : Creuser un peu l’histoire du personnage afin de le rendre attachant.

On ne peut pas s’attacher à un personnage « vide ». Mais il est mieux de lui inventer un passé, même léger. En amenant là aussi les choses par touches et réserver, si nécessaire, des paragraphes plus étoffés lors d’évènements qui demandent à mettre en lumière une période précise du personnage puisque c’est directement lié à l’histoire et donc justifié. On peut aussi pour le suspens, laisser planer des pans d’histoires ou de souvenirs qui permettront à l’intrigue de prendre place, surtout, par exemple, dans un policier.

Dans l’exemple précédent, on a déjà commencé. On a appris qu’elle a un demi-frère et qu’elle le quitte fâchée peut être pour toujours. C’est ce genre d’information qui va construire un passé et une personnalité. On pourra

aussi, bien sûr, aménager des moments moins « actifs » pour amener des souvenirs qui auront leur importance dans l’histoire.

Ex. :

« Elle marchait sans même regarder où elle allait. Sans même y penser, elle s’engouffra dans une bouche de métro et se retrouva sur la ligne 1, en direction de Château de Vincennes. Elle était encore sous le choc. Tout un pan de sa vie prenait fin et elle se retrouvait là, en plein cœur d’une capitale dont elle ne connaissait que depuis peu un seul quartier. Lorsque la voix qui annonçait les stations nomma St Paul, elle descendit du wagon d’un pas si pressé qu’elle en courait presque.

Haletante, elle franchit le seuil du seul café qu’elle avait pu découvrir en seulement deux jours et songea que l’animal représenté par l’établissement n’avait guère de chance si comme elle il avait été rejeté et si ce qu’on disait de sa mémoire était vrai.

Elle ravala les pleurs qu’elle ne voulait pas laisser venir et dans sa tête, les images d’un bonheur pas si lointain commencèrent à défiler.

« Un pique-nique avec toute sa famille, sa mère et son beau-père, sa cadette de deux ans, Emelyne, si douce contrairement à elle qui rendait folle ses parents. Et son demi-frère, Nicolas, le grand sportif avec qui elle s’entrainait pour ses cours de Capoeira quand il n’était pas à la boxe. Le caniche nain de quatre ans, Chamallow, qui sans cesse courait des uns aux autres pour avoir son lot de caresse. Ils étaient tous là, dans son souvenir, presque palpables.

Le couple récemment marié regardait ses enfants avec joie et tendresse. Sa mère sortait un cadeau de sa poche, une petite boite, pour la lui tendre, sous le regard affectueux de Jean-Paul, en murmurant

— De notre part à tous pour ton bac avec mention très bien, on est tous fiers de tes prouesses, à quinze ans, c’est rare ! Même si on sait tous que tu es une scientifique dans l’âme ! »

Alors que le serveur lui apportait un café long sans sucre, elle porta la main à son cou où le pendentif d’émeraude en forme de cœur se balançait sur sa chaine en or. Dire que c’était il y a seulement un an, juste après leur arrivée à Neuilly et leur installation dans cette maison cossue de cinq grandes pièces où tous avaient leur chambre. Rien à voir avec le taudis de la banlieue de Lille qu’ils avaient pour ainsi dire fui avec bonheur quand J.P. avait eu son nouveau poste. Elle hoqueta, rattrapée par l’horreur de sa situation. Ce fut plus fort qu’elle, cette fois et le chagrin l’emporta. »

Pour le coup, on a ici un pan entier de son passé récent ou moins récent : Elle est d’une famille recomposée avec sa mère, son beau-père, sa sœur cadette et son demi-frère. On sait qu’ils viennent de la banlieue de Lille (elle a peut-être un accent…), qu’elle a juste 16 ans et a eu son bac avec mention très bien en science. C’est une tête et surement une travailleuse assidue. Elle semble moins sage que sa sœur. Peut-être un caractère énergique, voire rebelle. Elle fait de la Capoeira ce qui explique sa silhouette féline et longiligne. Sa famille vient d’arriver sur Neuilly en banlieue parisienne et elle a quitté son demi-frère après l’avoir vu sur Paris qu’elle connait peu en dehors du Marais et d’un café/restaurant qui a dans son nom une référence à l’éléphant (sur google ont peu le trouver proche du métro Saint-Paul). Déjà on a une réelle idée de la personnalité et son portrait comme son histoire s’affinent.

 

CONSEIL N°3 : Définissez-lui un caractère et une personnalité bien à lui.

Que le personnage soit sombre ou lumineux, bon ou mauvais, peu importe. Il doit avoir son propre caractère, sa propre manière de s’exprimer. Quand on lira les dialogues et quand on le verra agir ou réagir, on devra pouvoir se dire « ça ne m’étonne pas de lui/elle » ou encore » je m’y attendais, il n’y a que lui/elle qui pouvait dire/faire ça de cette manière. ».

S’il est le pitre de la bande, il doit le rester, mais peut aussi avoir des moments sérieux et son tempérament peut être bien reçu par les autres personnages, comme donner lieu à conflit, à vous de voir comment vous voulez amener la chose. Ce qui est évident c’est que le personnage vit et respire, pense et ressent et ne doit pas rester linéaire.

Il faut toujours se poser cette question : si vous étiez à la place de votre personnage, dans sa tête et sa vie, dans ces circonstances, comment réagiriez-vous ?

Dans l’exemple d’avant on a déjà un aperçu de la personnalité et du caractère de Jena. On comprend aussi qu’elle est fière et ne veut pas se laisser aller à pleurer, mais c’est plus fort qu’elle, car sa situation semble vraiment atroce. On ignore encore ce qui s’est passé, mais ça laisse le suspens à son comble. Je ne vais pas ajouter autre chose comme exemple on a déjà pas mal de choses pour comprendre le cheminement.

 

CONSEIL N°4 : Donnez à votre personnage une dimension émotionnelle et physique.

Pour que le lecteur se reconnaisse définitivement ou s’investisse dans le personnage qu’il lit, il est important que jusque dans son ressenti, ses émotions, ses gestes, il renvoie lecteur à des émotions, des sensations familières.

Un geste, une pensée, une réaction émotionnelle, un réflexe… Chaque chose qui enrichira le personnage le rendra plus humain et permettra aux lecteurs/lectrices, de l’apprécier, ou le détester, mais en tous cas, de ne pas rester indifférent(e)s.

On a vu que Jena est sur le point de tout lâcher de son chagrin. Mais si on disait simplement « elle a du chagrin », on ne serait pas avec elle du tout. On va plutôt amener la chose ainsi, à la suite du précédent exemple dont je reprends la fin.

« … Elle hoqueta, rattrapée par l’horreur de sa situation. Ce fut plus fort qu’elle, cette fois et le chagrin l’emporta. Comme si la main qui lui serrait la gorge depuis le début et le poids qui comprimait ses poumons en appuyant sur son plexus la lâchaient enfin, d’un seul coup, la rivière de larme qui n’attendait que d’être libérée inonda son regard dévasté et la vida de toutes ses forces.

Elle s’étala sur la table du café, la tête entre ses bras, secouée de sanglots, incapable de se retenir de gémir à défaut de pouvoir crier son désarroi en public. Quand quelques minutes plus tard, elle trouva la force de se reprendre, son café était froid. Elle le but, comme une automate, figée dans ses émotions. C’était toujours mieux que d’avoir mal. Puis, secouant la tête, elle se remit à respirer avec calme, chassant son angoisse poussée par sa capacité de résilience.

Elle était presque adulte. Même si elle n’était pas encore majeure, si sa famille ne voulait plus d’elle, faisait d’elle un paria, tant pis ! Elle allait leur montrer qui elle était et comment une Dumont, puisqu’elle portait le nom de son père, se sortait de l’impasse sans leur aide. Si son père avait été encore en vie, lui ne l’aurait jamais rejeté !

Repoussant sa chaise, elle jeta quelques euros sur la table pour le café, et sortit. Le vent s’était levé et la pluie menaçait. Elle frissonna et remonta de nouveau sa capuche. À présent, elle devait se trouver un abri pour la nuit. Le reste viendrait après. Et elle avait déjà sa petite idée ! »

Vous remarquerez que même quand elle a froid, on a le geste de remettre la capuche et le frisson qui nous ramène, en tant que lecteur/lectrice, à des gestes familiers, des ressentis connus. Quant aux émotions, elles sont là, fortes, mais qui n’a pas connu le chagrin et sa forme physique, son ressenti à un moment ou un autre. Comme la colère ou la détermination voire l’espoir qui naît à la fin.

 

EN RÉSUMÉ

1/ Décrire son personnage sans en faire trop et à mesure de l’écriture afin de laisser l’imagination du lecteur/ de la lectrice fabriquer sa propre image du personnage qui lui sera familière.

2/ Inventer une histoire à son personnage afin de le rendre plus concret et « humain » (même si c’est un être mythologique.)

3/ Donner du caractère et une personnalité à votre personnage (et à tous vos personnages) c’est ce qui fera leur richesse et leur individualité.

4/ Donner de l’émotion et une dimension physique à vos personnages afin de les rendre plus réels pour le lecteur, plus familiers.

Ces conseils, vous vous en doutez, nécessitent au préalable d’avoir un minimum une idée claire de son personnage. N’hésitez pas à faire une fiche ou prendre des notes avant, pendant ou après, à mesure du développement de votre histoire, car un personnage, son passé et ses habitudes, ses traits physiques évoluent avec l’histoire et le temps. Ne restez pas figés pour autant dans sur une image fixe. Les êtres vivent, ressentent, changent parfois et un personnage peut soudain prendre sa propre histoire en main et indépendamment de vous finira par être un peu différent de l’image que vous aviez au départ. C’est la magie de l’écriture !

 

Par M.B. Intem

 

 

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